Warhammer : Battle March

Warhammer : Battle March

Tout portage qu'il soit, Warhammer : Battle March n'en regroupe pas moins tout le contenu sorti en deux fois sur PC. Le soft propose en fait trois campagnes solos qui vous feront prendre le contrôle de trois camps emblématiques de l'univers Warhammer. Il sera ainsi possible de se battre pour l'Empire, le Chaos et les Peaux Vertes. Ces trois scénarios, plutôt copieux, nous feront également croiser la route de nombreuses autres races et on se retrouvera parfois à ferrailler avec des humains corrompus, des Nains, des Skavens, des Hauts Elfes ou même leurs sombres cousins renégats, les Elfes Noirs. Notez d'ailleurs que ces trois derniers camps sont jouables en mode escarmouche et en multi. Mais revenons pour l'instant aux trois campagnes mentionnées plus hauts. Toutes trois débutent par une superbe cinématique qui donne véritablement vie à l'univers de Warhammer. Mais cette excellente première impression s'estompe vite alors que le jeu débute vraiment et fait essentiellement avancer l'histoire au travers de textes insipides. On aura également droit à de courtes cinématiques réalisées avec le moteur du jeu, pas franchement sexy, et qui s'affichent de surcroît dans un tout petit cadre. Elles se révèlent en outre assez floues si bien qu'on a un peu de mal à bien entrer dans le scénario qui reste de toute façon très classique, puisqu'en dehors de références à la culture et à la géographie des races engagées, il met surtout en relief l'éternel affrontement du bien contre le mal.

Test Warhammer : Battle March Xbox 360 - Screenshot 93La carte du monde ne laisse en fait presque pas de latitude au joueur.

Pour le reste, sachez que le déroulement de l'aventure se fait de manière très linéaire. Ici, la carte générale ne permet pas de choisir à proprement parler le lieu où l'on souhaite envoyer ses troupes puisqu'il n'y a qu'un seul chemin à suivre. De même, l'aspect gestion de nombreux autres STR se limite à quelques modifications qu'on effectuera dans des villes-étapes, entre chaque bataille. Dans Warhammer, on ne fait souvent que déplacer son héros sur la case suivante pour participer à la prochaine empoignade. C'est ce côté linéaire qu'ont tenté de gommer les développeurs en incluant sur la carte certains embranchements. Mais ceux-ci ne permettent que de participer à une bataille facultative avant de rejoindre le chemin principal. Dans les faits, il est toujours conseillé de s'y plier puisque ce combat secondaire vous permettra de trouver de nouveaux objets et de l'or en plus pour équiper vos troupes. Evidemment, nous sommes dans Warhammer et on trouvera effectivement quelques options pour modifier notre armée. Dans les villes mentionnées plus haut, vous pourrez enrôler de nouvelles unités, mais aussi acheter différentes améliorations pour chacun de vos régiments : armures, armes, champions, musiciens, étendards, tout évoque indubitablement les copieuses listes d'armée du jeu de plateau originel.

Test Warhammer : Battle March Xbox 360 - Screenshot 94Un simple sort de protection nécessite trop de manipulations sur la manette.

Vos héros pourront eux aussi bénéficier de quelques bonus. On comptera ainsi sur des objets récupérés au cours des batailles ainsi que sur quelques achats dans des échoppes. Potions de soin ou de mana sont indispensables en plein combat, puisqu'elles permettront de faire le plein de magie et donc de lancer des sorts. Toutes ces acquisitions iront d'ailleurs remplir l'inventaire personnel de chaque héros, un inventaire qui comme nous le verrons plus tard, n'est pas franchement très accessible dans le feu de l'action. Il est d'ailleurs un autre gros défaut en ce qui concerne la gestion des objets : il est impossible de les transférer d'un inventaire à l'autre. Problématique lorsqu'un guerrier a ramassé par accident une robe de mage, surtout que l'on ne sait pas avant de l'avoir dans son inventaire quelle sera la nature d'un item laissé au sol par un ennemi mort. L'un des points forts du titre en revanche vient du fait que vos héros gagnent de l'expérience au fil des victoires. Lorsqu'ils gagnent un niveau, vous obtenez des points de compétence qu'il s'agira de dépenser dans 3 arborescences distinctes.

Test Warhammer : Battle March Xbox 360 - Screenshot 95Il est possible d'améliorer vos héros en fonction de trois critères différents.

Le dispositif est pratique puisqu'il vous permettra de modeler les personnages en fonction de votre façon de jouer. Booster ses héros est d'ailleurs indispensable, car outre leur grande puissance pendant les batailles, ils auront aussi à participer à des duels. Certaines missions vous demanderont en outre de n'utiliser que ce type de personnage. Et dans ces cas-là, vous aurez tout intérêt à disposer de puissants pouvoirs, tout autant que de potions. Après cette petite présentation des héros, il convient maintenant de s'intéresser aux affrontements plus classiques, entre des régiments soigneusement extirpés de l'univers de Warhammer. Selon votre camp, vous retrouverez donc de la piétaille de base (hallebardiers, lanciers, épéistes), des troupes de tir (archers, arquebusiers), des unités de choc spécifiques (vermines de choc, globadiers, orques noirs, furies, maîtres des épées), des troupes montées (chevaliers, chevaucheurs de sangliers, cavaliers sur sang-froid), mais aussi des machines de guerre (des catapultes aux canons à malepierre) et des monstres mythiques, tels des trolls, des géants et des démons. L'ensemble est cohérent et fait honneur à l'univers de Warhammer, mais c'est sur le terrain à proprement parler que les choses se gâtent.

Test Warhammer : Battle March Xbox 360 - Screenshot 96Les coffres renferment de nombreux objets bonus.

Les combats de Warhammer : Battle March s'avèrent encore plus brouillons et bourrins que sur PC. Pour décrire la chose simplement, disons que le système d'ordres est trop compliqué et implique trop de manipulations. Certes, les commandements de base, lorsqu'ils se limitent aux déplacements et aux attaques, ne posent pas vraiment problème, mais dès lors qu'il s'agit de feinter et de tenter quelques subtilités, on finit rapidement par s'emmêler les pinceaux. Battle March n'est pas un jeu facile et pour vaincre, on devra souvent former des groupes, adopter des formations différentes, sélectionner un héros et activer un de ses pouvoirs, etc. Or parvenir à ce résultat implique généralement de presser la gâchette droite, puis la croix directionnelle (que l'on sait déjà être très imprécise sur la manette 360), pour ensuite appuyer sur A, B, X ou Y, selon l'effet recherché. Ajoutons à cela que les affrontements sont plutôt rapides, que leur vitesse n'a pas été baissée par rapport au PC, et vous obtenez un titre assez déplaisant à prendre en main. Il n'est pas rare de perdre un régiment ou un héros, parce qu'on aura tout simplement tardé à entrer les commandes qui conviennent à la situation. Rendre un STR PC jouable sur console n'est pourtant pas impossible, puisqu'un jeu aussi complexe que Supreme Commander s'en tirait à merveille (la majorité des problèmes de SupCom ne découlant en fait que de l'aspect technique). En bref, Warhammer : Battle March nous montre là son plus gros défaut, un défaut rédhibitoire qui risque bien de décevoir même les fans les plus acharnés de Warhammer.

Test Warhammer : Battle March Xbox 360 - Screenshot 97Un mode permet même de se livrer à des sièges.

Pour ne rien arranger, on se retrouve toujours avec une IA aussi réactive qu'un potiron. Avec les elfes par exemples, vous pourrez très bien tirer sur vos ennemis à distance sans que ces derniers ne daignent bouger. Facile dans ces conditions de décimer les troupes adverses sans prendre le moindre risque. Mais ces soucis s'étendant aussi à nos propres troufions. On se retrouvera parfois avec des unités d'autistes, incapables de réagir à vos sollicitations pendant plusieurs secondes. Du coup, il ne nous restera plus qu'à lorgner du côté du multijoueur, praticable à quatre, mais qui ne semble pas vraiment très populaire sur le Xbox Live pour le moment. Les parties disponibles se comptent en effet sur les griffes d'un Squig centenaire. Dommage, car c'est là que semble résider le véritable intérêt du jeu. Au début de la partie, on pourra effectivement personnaliser son armée, un peu comme pour une partie du jeu de plateau. Chaque joueur dispose en fait d'un montant en or identique dont il doit se servir pour acheter ses régiments et ses héros, avant de les améliorer comme il le souhaite. Un mode permet même de se livrer à des sièges de forteresse. Au fond, vous l'avez compris, Warhammer : Battle March ne manque pas d'arguments et peut constituer un choix valable pour tout fan de l'univers de Games Workshop, mais il souffre malheureusment de commandes lourdes et peu intuitives. C'est bien là le principal défaut du titre, qui perd de fait beaucoup de son attrait. Les amateurs de jeux de stratégie sur 360 devront donc se tourner vers un Command & Conquer 3, qui bien que très différent, reste le seul jeu véritablement jouable sur ce support.

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