Viva Piñata : Pagaille au Paradis

Viva Piñata : Pagaille au Paradis

Beaucoup de joueurs émerveillés par Viva Piñata, premier du nom, ont été très surpris d'apprendre que ce titre enchanteur s'était mal vendu. Pourtant, cet échec commercial ne doit rien à la malchance. Dès le départ, la communication de Microsoft laissait supposer que Viva Piñata ciblait un très jeune public. La jaquette colorée du soft et la sortie conjointe d'un dessin animé n'ont ensuite fait que renforcer cette impression initiale. Ainsi, la plupart des jeunes adultes possédant une Xbox 360 ont-ils boudé sans le savoir un jeu de gestion extrêmement riche pendant que les tout-petits se cassaient les dents sur un produit inadapté. Néanmoins, Microsoft ne semble pas vouloir remettre en cause cet étonnant paradoxe et Viva Piñata : Pagaille au Paradis reprend donc pratiquement la même formule que son aîné. Pour le meilleur et pour le pire...

Test Viva Pinata : Pagaille au Paradis Xbox 360 - Screenshot 19On peut désormais aller capturer de nouvelles espèces jusqu'au Pôle Nord !

Un bref rappel s'impose pour tenter de décrire le concept pour le moins original de la série. Au départ, le joueur dispose d'un lopin de terre qu'il entretient à sa guise. Il peut ainsi semer du gazon, creuser un étang, arroser des graines, planter des arbres, etc. Peu à peu, des Piñatas (animaux en papier mâché remplis de bonbons) attirées par notre jardin commencent à rôder aux alentours. Lorsque des conditions particulières sont remplies, certaines finissent même par s'y installer durablement. Il incombe alors au joueur de veiller à leur bien-être et de faire en sorte, avec l'aide des autres villageois, que leur population croisse harmonieusement. Rude tâche en regard de toutes les difficultés que l'apprenti jardinier rencontrera tout au long de sa mission. Il faut d'abord composer avec les affinités naturelles entre les espèces. Impossible par exemple de mélanger des renards et des poules sous peine d'assister à un effroyable massacre de gallinacés. Ensuite, des espèces de Piñatas nuisibles (taupes, chauves-souris, etc) se font une joie de semer la zizanie dans notre jardin tant que l'on aura pas trouvé un moyen de les apprivoiser. Enfin, des personnages particulièrement malfaisants feront tout pour vous empêcher de jouir en toute quiétude de votre paradis virtuel en dispersant des bonbons empoisonnés ou en s'en prenant directement à nos créatures. Et si cette suite se nomme Pagaille au Paradis, c'est justement parce l'un d'entre eux a trouvé le moyen de mettre une pagaille sans précédent dans l'univers paisible des Piñatas.

Test Viva Pinata : Pagaille au Paradis Xbox 360 - Screenshot 20Les séquences vidéo sont toujours aussi mignonnes.

L'affreux Pester, en effet, a piraté l'ordinateur de Piñata Central et ruiné sa base de données. Le joueur va donc devoir récupérer un maximum d'informations sur les différentes espèces pour restaurer le fichier et terminer le jeu qui a maintenant une fin. Il se verra à nouveau allouer une parcelle de terrain à gérer de son mieux pour attirer les innocentes bestioles, tandis que les habitants du village reviendront lui proposer leur aide (payante hélas). Contrairement au premier opus, le lopin de terre en question est prêt à l'emploi mais cela ne nous dispense pas d'y faire de nombreux aménagements. Parmi la trentaine de nouvelles espèces disponibles en sus des précédentes, les plus exotiques d'entre elles demandent un soin tout particulier. On devra par exemple saupoudrer de la neige dans notre jardin pour accueillir des pingouins ou répandre du sable brûlant pour élever des colonies de scarabées égyptiens. Bien entendu, ces espèces ne se trouvent pas à l'état naturel sous nos latitudes. Il faut donc aller les capturer sur la banquise ou dans le désert à l'aide de pièges et d'appâts.

Test Viva Pinata : Pagaille au Paradis Xbox 360 - Screenshot 21Le jardin est parfois assez surchargé.

Au chapitre des nouveautés, on notera d'abord l'optimisation de la caméra qui permet désormais de prendre de la hauteur ainsi que la création d'un mode bac-à-sable pour les débutants. En outre, on peut maintenant apprendre des tours à ses Piñatas en utilisant un bâton magique et les faire participer à des courses ou des concours de beauté. Les secrets à découvrir sur chaque espèce sont plus nombreux. La liste d'éléments à implanter dans le jardin a été largement revue à la hausse. On peut même acheter des jouets. Un appareil photo virtuel permet d'immortaliser ses plus belles créatures dans le jeu tandis que la caméra de la 360 est mise à profit pour télécharger des Piñatas imprimées sur des supports papiers (leur mode de distribution n'a pas encore été précisé). Enfin et c'est heureux, on peut désormais inviter 3 joueurs du Xbox Live à venir travailler avec nous dans notre jardin. Vu la foule de tâches que l'on doit effectuer dans les plus grands jardins, ce n'était pas du luxe.

Test Viva Pinata : Pagaille au Paradis Xbox 360 - Screenshot 22Une fois de plus, des Pinatas piquantes viendront nous casser les pieds.

Pourtant, malgré tous les efforts des développeurs, quelques problèmes hérités du premier volet subsistent encore dans Pagaille au Paradis. Premièrement, l'interface est toujours aussi lourdingue. On ne compte plus les allers-retours dans des menus, encyclopédies et autres tableaux qui, régulièrement, plombent l'action avec leurs temps de chargement. On retrouve également le même curseur mal pensé, avec son lock erratique et son manque d'ergonomie. Certes, on peut désormais passer d'un élément à l'autre à l'aide des boutons de tranche mais le processus de sélection demeure fastidieux. Par ailleurs, Rare ne s'est toujours pas résolu à faire un choix entre l'ambiance naïve de Piñata Island et la difficulté parfois rébarbative du gameplay. En mode Standard, on imagine mal un enfant de 6 ou 7 ans progresser au delà des premiers niveaux et si les développeurs se sont fendus d'un mode bac-à-sable pour les débutants, force est de constater que ce dernier nécessite déjà de bonnes aptitudes de gestionnaire. Les adultes, quant à eux, seront vite saoulés par les dialogues qui illustrent les interactions sociales. Dignes d'un épisodes de Oui-Oui, ils sont aussi niais qu'abrutissants. Bref, on est toujours à la recherche d'une certaine cohérence entre le design et le gameplay. Néanmoins, en dépit de ces gros points noirs, Viva Piñata : Pagaille au Paradis est une expérience envoûtante, d'une richesse et d'une complexité dignes des plus grands jeux de gestion. Et pour peu que l'on ait conservé son âme d'enfant, on aurait bien tort de passer à côté.

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