Tony Hawk's American Wasteland

Tony Hawk's American Wasteland

Et puisqu'une déception n'arrive jamais seule, sachez que ce test sera très similaire à ce qui avait déjà été dit pour la version Xbox. Le jeu étant le même sur les différents supports, il est inutile de s'éparpiller sur différents discours. En vérité, seule la partie graphique recevra un commentaire inédit puisque c'est la seule chose qui a évolué. Contrairement aux deux volets précédents, Tony Hawk est désormais seul en ligne de mire de son nouveau jeu. La bande à Jackass a plié bagage, laissant le champion de skate assurer seul la tête d'affiche du nouvel épisode. Pour autant, la série ne lâche pas le milieu underground et vous y plonge même entièrement en vous plaçant directement au coeur de Los Angeles, temple de la discipline et spot géant s'offrant à toutes vos envies. Vous allez devoir enfiler les baskets d'un jeune skater n'ayant qu'une envie, montrer à tout le monde de quoi il est capable sur une planche à roulettes. Pour cela, il se rend dans la cité des anges, une ville qu'il ne connaît pas mais qu'il va découvrir petit à petit, quartier par quartier, aidé par la jeune Mindy, et par quelques autres personnalités locales. Sur le principe, la progression ne change donc pas vraiment de ce qu'on a connu ces deux dernières années, avec un scénario jalonné sur de multiples épreuves servant aussi bien à augmenter ses stats qu'à gagner de l'argent ou à faire avancer l'histoire. Pour s'y repérer plus facilement, on notera d'ailleurs l'apparition d'un radar en haut de l'écran pour nous indiquer où trouver chaque type d'épreuve. Les épreuves, justement, ne sont guère différentes non plus par rapport à ce à quoi on nous a habitué. Vous vous verrez demander d'effectuer des tricks spécifiques, des combos bien particuliers ou encore de taguer un mur précis, la routine en somme.

Test Tony Hawk's American Wasteland Xbox 360 - Screenshot 5Bienvenue à Los Angeles, ville de tous les espoirs.

N'allez cependant pas croire que Tony Hawk's American Wasteland n'apporte rien à la franchise, ce serait aller un peu vite en besogne. Il convient d'abord de préciser que le mode central, la fameuse exploration de Los Angeles, entraîne la suppression de notions de niveaux. En clair, vous commencez et vous terminez à Los Angeles sans jamais avoir quitté la ville. La cité est divisée en plusieurs quartiers qui vous ouvriront leurs portes au fur et à mesure de vos exploits. Entre chaque zone, aucun temps de chargements ne se fait sentir, juste des couloirs de transitions où il ne se passe pas grand-chose. L'absence de loading permet d'accroître le sentiment de liberté. On ride où on veut, en cherchant les meilleurs spots au petit bonheur la chance dans la dizaine de quartiers que comporte la ville. Le point de départ étant fixé sur Hollywood Boulevard, on accède rapidement à Beverly Hills puis à Santa Monica pour finalement aller se perdre sur les grandes avenues de Downtown. Bien qu'ils ne soient qu'inspirés de la réalité, les quartiers parviennent tout de même à transcrire l'ambiance qui se dégage de chaque lieu en modélisant les quelques références bien connues. Sur Hollywood Bld, on retrouve du coup le fameux trottoir étoilé ainsi que le non moins célèbre Chinese Theater. A Beverly, on passe devant l'immense Mall tandis que la plage et le "pier" sont bien là à Santa Monica. Ceux qui connaissent le coin sauront de quoi je parle. Les autres se contenteront de découvrir et d'admirer le paysage et les nombreux coins pour rider peinard.

Test Tony Hawk's American Wasteland Xbox 360 - Screenshot 6Au cours du scénario, vous serez amené à construire un gigantesque skatepark.

Enfin... admirer, c'est quand même vite dit car il faut bien avouer que Neversoft, développeur de la série depuis le début, ne s'est pas vraiment foulé. Mises à part des textures plus détaillées et des contours logiquement plus fins que sur Xbox, cette version 360 n'apporte absolument rien à l'esthétique général. On y retrouve les même modélisations de personnages peu engageante ainsi qu'un nombre assez important de bugs d'affichage qu'on aurait pensé ne plus voir sur la nouvelle console de Microsoft. La différence graphique notée sur Xbox entre le mode scénario et le mode classique (des runs de 2 minutes pour remplir le plus d'objectifs possibles) tend ici à s'estomper même si elle est toujours d'actualité. En fait, ce qui déçoit le plus dans cette nouvelle mouture, c'est l'absence de réelle optimisation. Même sur une télé haute définition, la claque graphique n'est pas là. Le jeu ressemble plus à une version Xbox qui aurait été lissé qu'à une édition spécialement dédiée à la 360. Et face à certains autres titres de la console, il y a un fossé graphique qui fait passer Tony Hawk pour bien vilain. On note, de plus, un réel défaut dans la gestion des lumières lors des cinématiques. Les personnages deviennent en effet tous très sombres, comme s'ils étaient systématiquement filmés à contre jour. Etrange... Mais revenons au mode histoire qui réserve encore d'autres surprises, de bien meilleures goût celles-là. Bien que les objectifs ne soient pas forcément très variés, le jeu sort un peu des sentiers battus en incluant des épreuves à BMX, de quoi se prendre pour Mat Hoffman quelques instants. La jouabilité du deux roues diffère légèrement du skate, la notion d'équilibre est un poil plus présente, mais il y a aussi un peu moins de tricks. Normal après tout, American Wasteland reste avant tout un jeu de skate. Cela dit, pédaler à toute berzingue dans les rues de LA est un petit plaisir en soi, on y trouve même des sensations presque inédites dans un jeu estampillé Tony Hawk.

Test Tony Hawk's American Wasteland Xbox 360 - Screenshot 7Personnalisez votre avatar et sa planche et visitant les boutiques de la ville.

Conjointement au mode principal, ce nouvel opus se contente de reprendre l'habituel mode classique, auxquels vient d'ailleurs s'ajouter un mode coopératif plutôt sympathique. Le reste, c'est du multi qui regroupe ce qu'on connaît déjà (pendu, capture du drapeau, graffiti...) plus un mode inédit baptisé "pot d'or". Chaque joueur doit tenter de s'emparer d'un pot pour le conserver le plus longtemps possible et faire grimper son score. Le jeu reprend également tous les outils de création déjà disponibles dans les autres épisodes, à savoir l'éditeur de tricks, de parks, de graffs et bien sûr de skaters. Notez que dans le jeu, vous aurez toujours la possibilité de modifier l'apparence de votre avatar en vous rendant chez le coiffeur et le styliste. Il faudra par contre sortir l'oseille, d'où l'importance de passer un peu de temps sur les objectifs rapportant du cash. Malgré son terrain de jeu immense, ses bonnes idées de gameplay (BMX) et sa liste de tricks naturellement allongée (on peut désormais faire des bert slides), Tony Hawk's American Wasteland a un peu plus de mal à convaincre que ses aînés. C'était déjà vrai sur Xbox, ça l'est d'autant plus sur Xbox 360 en raison de sa mauvaise performance technique. On pourra aussi pointer du doigt la lassitude qui s'installe sur la série et certains petits ajouts ayant un peu de mal à s'imposer. Exemple : la fonction pour marcher sur les murs. D'accord, elle permet de se prendre pour le prince de Perse et accessoirement d'atteindre des hauteurs jusque-là interdites en skate, mais elle trahit aussi le manque d'imagination des développeurs qui auraient pu se concentrer sur l'intégration de nouveaux tricks. Enfin bon, American Wasteland n'est pas mauvais, il est juste décevant et sans surprise. Il risquera peut-être même de lasser les fans les plus exigeants. En revanche, ceux qui continuent de s'amuser sur la série comme au premier jour ne devraient pas lui en tenir rigueur.

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