Tomb Raider : Anniversary

Tomb Raider : Anniversary

Crystal Dynamics et Eidos avaient annoncé la couleur avec Tomb Raider Legend, désormais les aventures de la belle aventurière anglaise seraient plus accessibles au grand public et surtout plus grand-guignolesques, plus rapides, plus hollywoodiennes. Il faut croire que ce revirement fut le bon puisqu'en sus des réactions dithyrambiques de la critique, le succès public ne se fit pas attendre. Il était donc logique qu'Eidos désire renflouer ses caisses en mettant en chantier le plus rapidement possible un autre opus basé sur la même construction. Le hasard (oui, enfin, tout est relatif) faisant bien les choses, les dix ans de la lady étaient proches et serviraient donc de prétexte à un remake du jeu culte sorti en 1996 sur Saturn et PSone. Dans l'absolu, on aurait tort de se rétracter en restant en position de défense, surtout si on se base par exemple sur la qualité exemplaire du remake de Resident Evil, supérieur en tout point à l'original. Néanmoins, le cas de Tomb Raider est tout de même quelque peu différent.

Test Tomb Raider : Anniversary Xbox 360 - Screenshot 3Ce gros nounours est aussi résistant qu'il en a l'air.

De fait quand on discute entre bons geeks (vous savez, le genre de fan qui tape du poing en éructant que "c'était mieux avant", l'irréductible qui se met des oeillères en refusant d'avouer que Tomb Raider Legend est au moins aussi bon que les premier, deuxième et quatrième épisodes), ce qui ressort le plus des ressentis des joueurs fait état d'une impression de liberté véhiculée par d'immenses décors et une architecture alambiquée de niveaux réclamant une bonne analyse de notre part ainsi qu'un oeil d'aigle pour savoir comment atteindre cette corniche, là-haut, tout là-haut. Comme me le disait également une amie, les limitations techniques de l'époque (synonymes de profondeur de champ assez réduite) apportaient aussi à l'ensemble un "je ne sais quoi" de suffocant et de mystérieux à l'aventure. Si cette impression d'immensité prévaut aussi dans Anniversary, disons qu'elle est à l'inverse liée à un aspect technique maîtrisé duquel découlent de superbes graphismes s'appuyant notamment sur des effets de lumière envoûtants. Certes, le rendu graphique est similaire à celui de Legend mais les développeurs de Crystal ont néanmoins su repenser les niveaux originaux, que tout fan reconnaîtra malgré tout. Et c'est bien là le plus intéressant puisque cette adaptation Xbox 360 n'est pas un simple remake en soi. N'allez cependant pas croire que les nouveautés soient légion, du moins en comparaison de ce qu'avait apporté Tomb Raider Legend à la franchise.

Test Tomb Raider : Anniversary Xbox 360 - Screenshot 4J'aime bien le petit côté "koalaesque" de cette image...

Ainsi donc, outre une architecture moins torturée mais tout aussi séduisante que celle du Tomb Raider originel, on retrouve diverses actions contextuelles, la plupart du temps au détour d'une cinématique. Le grappin, plébiscité par les joueurs ayant tâté du Legend, fait également son retour, ce qui nous vaut des énigmes remaniées. Bien entendu, les mouvements de Lara sont identiques à ceux du précédent jeu et les phases d'acrobatie sont toujours aussi délectables, même si on regrettera une difficulté toujours aussi légère. Toutefois, notons que cet opus est plus long et plus corsé que TRL. En restant dans le domaine de la jouabilité pure, survolons les petites subtilités de gameplay. Ainsi donc, miss Croft a désormais la possibilité de courir sur les murs après avoir planté son grappin dans la roche et peut également sauter sur des poteaux et se maintenir sur son sommet une poignée de secondes. De plus, les combats sont cette fois plus dynamiques car ils intègrent une jauge de rage qui permet aux ennemis de vous charger. Vous devrez alors très rapidement tenter une esquive (l'action passant au ralenti) puis attendre que les deux réticules de visée se rejoignent au niveau de la tête de l'animal pour lui planter une bastos entre les deux yeux. L'évolution des affrontements n'est donc pas si notable que ça, même si l'idée rend les rixes plus nerveuses. On précisera aussi que les bêtes peuvent maintenant vous saisir, ceci vous obligeant à bouger les joysticks pour vous libérer de leur étreinte.

Test Tomb Raider : Anniversary Xbox 360 - Screenshot 5Evolution du gameplay. Cette fois, on pousse des grosses boules en acier et plus seulement des caisses.

En parlant d'adversaires, comment ne pas évoquer le fameux T-Rex, qui nous avait fait perler quelques gouttes de sueur dans l'épisode One. Si j'évoque ce cas, c'est qu'il est assez particulier et plutôt représentatif de ce TR Anniversary qui cherche peut-être un peu trop à moderniser le mythe pour s'attirer les faveurs d'un public plus jeune. C'est pourquoi on sera étonné de voir que la rencontre avec Rex fait ici état d'un combat contre un boss avec jauge de vie et tutti quanti. Pourquoi pas après tout, surtout que le passage en question est intelligemment pensé, mais comment oublier les émotions qui nous avaient assaillis sur la Playstation première du nom lorsque, surgissant d'un fond noir opaque, le tyrannosaure se ruait sur nous, toutes quenottes dehors ?! J'en conviens, cette énième pensée nostalgique aura le don d'agacer ceux et celles qui n'ont pas connu le bébé de Toby Gard mais je ne peux me résoudre à me dire que certaines séquences auraient dû être conservées tel quel ne serait-ce que pour induire une dimension plus aventureuse.

Test Tomb Raider : Anniversary Xbox 360 - Screenshot 6Avant de commencer l'aventure, pourquoi ne pas passer par la case "entrainement" dans votre manoir ?

Quoi qu'il en soit, soyons objectifs. Tomb Raider Anniversary est supérieur à Legend et profite des acquis de l'équipe de développement, d'une atmosphère "déterreuse de reliques" plus marquée sans parler de quelques ajouts bienvenus. La durée de vie est elle aussi satisfaisante pour un jeu de ce type et si vous vous le demandez, sachez que les niveaux chronométrés et autres bonus à débloquer sont ici aussi au programme. On aura bien le droit de pester devant des bugs de collision bloquant parfois les ennemis ou quelques choix dénaturant l'aventure telle qu'on la connaît mais il faut parfois savoir faire table rase du passé, surtout quand celui-ci est le garant de passions et de souvenirs tellement vivaces qu'ils n'appartiennent qu'à nous. En conclusion, soyons honnêtes avec nous-même et remercions une fois de plus les parents de Pandemonium pour ce remake de haute volée qui doit être vu non pas comme un pilleur de tombes mais bel et bien comme un hommage d'une époque à une autre. Le passage de témoin est maintenant tout ce qu'il y a de plus officiel tout comme le mariage de Crystal Dynamics et Eidos. Vive les mariés et longue vie à leur choupinette anglaise.

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