TMNT : Les Tortues Ninja

TMNT : Les Tortues Ninja

Même si leurs dernières prestations dans le monde du jeu vidéo ne nous avaient pas franchement emballés, c'est avec une certaine nostalgie teintée de curiosité que la plupart d'entre vous saisiront la nouvelle opportunité qui leur est offerte de renouer avec l'univers des tortues ninja. TMNT n'a, de toute façon, rien à voir avec la série d'adaptations réalisées par Konami, bien que les premières minutes de jeu révèlent quelques similitudes entre les deux. Le début du soft s'oriente en effet plutôt vers le beat'em all, rappelant plus ou moins ce qu'on a pu voir dans Eragon par exemple, avec des zones dédiées aux combats et où vous devez anéantir la totalité des ennemis avant de pouvoir poursuivre votre périple. Etrangement, le côté baston laisse pourtant rapidement la place à des phases de pure plate-forme où l'empreinte de Prince of Persia se fait largement ressentir.

Test TMNT : Les Tortues Ninja Xbox 360 - Screenshot 6Ce mouvement me rappelle quelqu'un.

A vrai dire, plus des trois quarts du jeu sont constitués de ce type de séquences exigeant un minimum d'adresse et de doigté, sachant que les combats ne viennent jamais s'immiscer dans ces moments-là tant que vous n'avez pas rejoint un terrain stable propice aux règlements de compte. Les développeurs ont repris sans honte la plupart des acrobaties du prince de Perse qui s'utilisent toutefois de manière beaucoup plus simple puisque tous les mouvements sont automatisés. Vous pourrez ainsi tournoyer sur des barres fixes, mais aussi prendre appui sur les parois pour courir sur les murs ou simplement rebondir dessus, parfois même sans le vouloir, ce qui n'est pas sans générer quelques désagréments. Malgré tout, le soft étant destiné à un public relativement jeune, on comprend que les concepteurs aient voulu privilégier l'accessibilité du gameplay plutôt que d'imposer des combinaisons de touches fastidieuses. Les quatre tortues sont cependant dotées des mêmes capacités de mouvements pour ce qui est des acrobaties, et se démarquent seulement par leur manière de se battre. Même si le level design ne fait preuve d'aucune originalité, il faut admettre qu'on prend un certain plaisir à évoluer avec une telle souplesse dans les environnements du jeu, du moins au début. On regrettera en effet que certains niveaux s'éternisent inutilement sans chercher à offrir une progression variée, puisque ce sont toujours les mêmes routines qui sont mises à contribution.

Test TMNT : Les Tortues Ninja Xbox 360 - Screenshot 7En chargeant, vous pouvez foncer directement sur chaque ennemi présent à l'écran.

Le jeu n'offre d'ailleurs qu'un challenge extrêmement limité en terme de difficulté, et souffre d'une linéarité qui agace d'autant plus qu'on ne vous autorise aucune liberté au niveau de la progression. Tout est fait pour vous inciter à aller vite en courant vers la sortie sans perdre une seconde, et vous êtes bien contraint de jouer le jeu puisqu'il n'y a rien d'autre à faire. On se prend vite à regretter l'absence totale d'interactions possibles avec le décor en dehors des prises d'appui, et le fait que ces environnements ne comportent absolument aucun élément destructible. Qui plus est, le cheminement ne fait intervenir aucun bonus ou power-up à utiliser, le plus inexplicable étant qu'on ne trouve pas la moindre trace de pizza pour se régénérer. Au registre des regrets, on ne peut s'empêcher de relever le caractère décevant de la mise en scène, les ennemis arrivant bêtement par vagues à la façon des vieux beat'em all. Quant aux boss, ils ne brillent pas par leur nombre et attendent sagement que vous veniez leur régler leur compte sans opposer une résistance digne de ce nom. En dépit du fait que les situations se répètent inlassablement sans laisser entrevoir la moindre perspective d'évolution au niveau de leur déroulement, on s'efforce de venir à bout de chacun des parcours offerts pour voir ce que donnent les niveaux réunissant nos quatre tortues.

Test TMNT : Les Tortues Ninja Xbox 360 - Screenshot 8Raphaël vient de sortir sa panoplie de Nightwatcher.

Durant les premières missions, les disciples de maître Splinter se contentent de nous raconter leurs exploits individuels, ce qui justifie le fait que les niveaux de départ ne nous permettent pas de les contrôler simultanément. Il faut donc patienter une bonne heure avant d'avoir la possibilité de passer d'une tortue à l'autre pour utiliser leurs particularités, sachant que même lorsqu'elles sont censées vous accompagner, les autres tortues n'apparaissent jamais à l'écran. Vous aurez compris que le soft n'autorise aucunement les parties à deux joueurs en coopération, ce qui est franchement regrettable dans le sens où le multijoueur aurait pu nous faire oublier le côté ennuyeux de la progression. Car ce ne sont pas les quelques scènes de combat proposées qui vont nous empêcher de bâiller aux corneilles, compte tenu du faible nombre de techniques mises à notre disposition. En dehors des enchaînements de base, des esquives et des attaques sautées, on ne peut aucunement varier les méthodes de combat pour rendre les affrontements un tant soit peu amusants. Les seules subtilités proposées se résument aux coups chargés qui nous permettent de frapper successivement tous les ennemis à l'écran, et aux frappes spéciales qui deviennent accessibles lorsqu'on a fait suffisamment de victimes.

Test TMNT : Les Tortues Ninja Xbox 360 - Screenshot 9Un effet de flou traduit le passage en mode rage.

Il faut alors se tourner vers les attaques combinées pour avoir enfin un exemple de la cohésion légendaire des tortues, sachant que chacune d'entre elles n'en possède qu'une. L'IA navrante des ennemis et le manque de possibilités d'action rendent les combats totalement dépourvus d'intérêt et donc beaucoup moins convaincants que les phases de plate-forme qui restent prédominantes. A certains moments, vous devrez faire appel à vos coéquipiers pour qu'ils vous projettent dans les airs afin de franchir certains pièges. Mais la majeure partie du temps, on se contentera seulement d'utiliser les armes propres à chaque personnage pour avancer. Leonardo, surnommé le fantôme de la jungle après son retour suite à un long entraînement en d'Amérique du Sud, possède un médaillon qui lui permet de passer à travers les grilles. De son côté, Raphaël, devenu le Nightwatcher pour aider les forces de l'ordre à combattre le crime, est le seul capable d'escalader les murs avec ses saïs. Enfin Donatello joue les perchistes pour franchir les précipices à l'aide de son bô, tandis que Michelangelo flotte dans les airs en faisant tournoyer ses nunchakus. Mais tout ça ne va jamais très loin et ne suffit pas à garantir un plaisir de jeu qui aille au-delà des toutes premières missions. A cause de son approche beaucoup trop réductrice, TMNT se fermera les portes d'une majeure partie du public qui se contentera s'assouvir son envie de tortues en allant voir le long-métrage au cinéma.

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