TimeShift

TimeShift

Alors première chose, essayer de recoller ensemble les pièces éparses du vague scénario très mal raconté par des cut-scenes confuses au possible : dans un futur incertain, un scientifique participant à des expériences sur la manipulation du temps fait un bond dans le passé et crée un univers alternatif dans lequel il est le maître absolu. Vous, personnage sans nom et aussi loquace que Gordon Freeman, allez partir à sa poursuite, équipé de votre combinaison temporelle. Notez bien l'allusion à Half-Life 2, vous verrez qu'elle nous servira plus tard. Voilà, ça c'est fait, ceci étant, mieux vaut le dire de suite, le scénario de Timeshift perd rapidement tout intérêt tant sa narration est maladroite et ses fondements convenus.

Test Timeshift Xbox 360 - Screenshot 97On ne peut pas dire que les énigmes soient franchement brillantes.

Convenu, c'est d'ailleurs un peu le maître mot de ce FPS de Saber Interactive, ce en dépit de l'ajout d'une feature pourtant fort sympathique : le contrôle du temps. Grâce à votre combinaison, vous avez le pouvoir de ralentir le temps, de le stopper ou de le remonter, tout ceci pour un laps de temps assez court évidemment. Voilà qui ouvre de bien belles perspectives de jeu, nous serons tous d'accord. L'intérêt est déjà évident pour ce qui est des combats. Ralentir le temps, c'est se déplacer bien plus vite que ses ennemis, en gros, ça revient à nous coller une énième version du sempiternel mode bullet time, mais le stopper, c'est déjà plus marrant. En mettant le monde en pause, on peut se faufiler et éviter un combat, ou aller coller des grenades sur les adversaires les plus coriaces pendant qu'on balance une décharge de plasma sur les autres. Je vous laisse imaginer les autres éventualités du même acabit. Avouons que c'est plutôt rigolo de stopper les ennemis en pleine roulade par-dessus un obstacle et de voir ensuite leur tronche quand ils réalisent qu'ils sont en train de fondre. Seulement voilà, au bout d'un moment, on commence à réaliser que les combats sont, par voie de conséquence, excessivement faciles. Un constat auquel les développeurs ont du parvenir eux-même et qui explique sans doute pourquoi ils ont ensuite choisi de nous noyer sous un flot d'opposants qui ne font que rendre les affrontements longs, basiques et au final bien peu passionnants. Et qu'importe le nombre d'ennemis présents en face, il suffit de bien gérer sa jauge de contrôle temporelle, de se mettre à couvert de temps à autre pour faire remonter sa santé et on vient à bout des pires situations. Le seul combat qui semble donner un peu de fil à retordre est celui qui nous voit affronter une bonne douzaine de soldats en combinaison temporelle et encore, parce qu'on ne s'y attend pas.

Test Timeshift Xbox 360 - Screenshot 98La pause, bien pratique pour le snipe.

Du coup, nous voilà un peu déçus par une partie pourtant conséquente du gameplay d'un FPS qui n'est de plus pas secondée par des armes très convaincantes, en dehors de l'arbalète à carreau explosif, le reste manque de patate et d'originalité. Mais de la part d'un jeu comme Timeshift, on attendait également des énigmes, ou une utilisation amusante et stimulante des pouvoirs temporels. Souvenons-nous des démonstrations lors des présentations du jeu au cours desquelles les développeurs faisaient tomber un bidon en tirant dessus, grimpaient puis accédaient à une plate-forme en hauteur en remontant le temps pour profiter du retour à sa place initiale du bidon susnommé. Une simple cabriole en fait, sans aucune utilité réelle puisque les énigmes liées à l'écoulement du temps se limitent à appuyer sur deux interrupteurs à la fois, à franchir un pont avant qu'ils ne s'écroule, à entrer dans un chasseur avant que sa porte ne se ferme bref, à se magner le train et rien d'autre. Là encore, on ne peut qu'être déçu.

Test Timeshift Xbox 360 - Screenshot 99En général, lorsque vous voyez un interrupteur, c'est que vous avez trouvé votre objectif.

Nous voilà donc face à un titre qui peine bien à sortir du fort moyen. Combats poussifs, énigmes à deux francs, il ne lui reste guère qu'à compter sur un rythme assez emporté pour garder le joueur face à son écran. Alors on ne passe pas son temps à pester devant Timeshift, mais on ne s'extasie jamais à pratiquer ce jeu qui ne réserve absolument aucune surprise. L'allusion faite à Half-Life 2 en début d'article commence alors à prendre son sens. Beaucoup d'éléments de Timeshift font énormément penser à une pâle copie de HL2, et principalement de ses pires défauts. En premier lieu, bien évidemment, là où HL2 a ses énigmes physiques, Timeshift à ses énigmes temporelles, mais la liste se poursuit : héros muet comme une carpe, combinaison qui nous parle et nous prévient des dangers, longues séquences en véhicules entrecoupées de phases « ouverture de portails », loadings interminables et souvent mal placés. Car les défauts de Timeshift se trouvent aussi dans sa structure. Que dire quand le fait de poser le pied à terre après avoir descendu une échelle lance un script qui remplit d'ennemis une zone vide 2 secondes avant ? Ou quand le loading de la mission suivante commence avant même le terme de la cinématique finale du niveau en cours ? D'un boss de fin sans le moindre intérêt ? Et on ne parlera pas du level-design bien maladroit par moments. Alors on ne sait pas si tous ces problèmes, ces idées non exploitées, sont la conséquence d'un développement chaotique ou d'un projet mal géré mais ce qui est certain, c'est que le déroulement de Timeshift manque d'une fonction essentielle : l'avance rapide.

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