The Elder Scrolls IV : Oblivion : The Shivering Isles

The Elder Scrolls IV : Oblivion : The Shivering Isles

Il n'y a pas de prérequis pour entrer dans les Shivering Isles. Grâce au système de difficulté adaptatif, vous pouvez aussi bien reprendre une sauvegarde de votre personnage niveau 40 que démarrer avec un avatar tout neuf. Dans les deux cas, vous recevez rapidement une alerte vous révélant l'existence d'une curieuse île à l'est de Bravil. Parvenu là-bas, vous découvrez une porte Daedrique vers une autre dimension, un peu comme celles qui menaient vers Oblivion. A proximité de la porte, une voix perfide vous invite à entrer tandis qu'un PNJ s'extrait brutalement du passage, complètement hagard. Un accès de folie meurtrière le pousse soudainement et sans raison à s'en prendre au garde chargé de la surveillance. Vous voilà prévenu : ce qui se trouve derrière le portail a une méchante tendance à vous flinguer les neurones. Cette voix qui vous appelle est celle de Sheogorath, propriétaire du grand royaume qui se trouve au-delà du portail. C'est son serviteur le plus dévoué qui vous accueille immédiatement après que vous ayez crânement franchi le passage. Il vous explique la situation : Sheogorath cherche un champion pour la protection de ses terres, vous devez donc vous rendre à New Sheoth pour le rencontrer. Mais il faut en être digne et passer auparavant l'épreuve du gardien. Cette petite séquence d'introduction permet de jauger un peu la difficulté accrue des combats avant de choisir quel versant des Shivering Isles vous voulez découvrir en premier : le royaume de Mania ou celui de Dementia. En effet, ce monde existe en deux versions. La première est bigarrée, lumineuse et charmante. La seconde est torturée et lugubre. Sheogorath règne sur les deux mondes et vous pourrez passer de l'un à l'autre à n'importe quel comment par le biais des portes de la folie.

Test The Elder Scrolls IV : Oblivion : The Shivering Isles Xbox 360 - Screenshot 5Encore quelques pas et les Shivering Isles vous avaleront.

Rapidement, le fil conducteur de la quête principale se dégage. Vous allez devoir combattre l'invasion des Chevaliers de l'Ordre et de leur maître Juggalag, rallier le duc de Mania et la duchesse de Dementia à cette cause, et vous plier aux quatre volontés de Sheogorath. A ce propos, le maître des lieux incarne parfaitement le ton de cet add-on. Comme dirait feu Uriel Septim : "Il est pas sortable ce type !". Ses yeux de chats abritent une folie dure qui s'exprime dans la mégalomanie, les envies criminelles et la contradiction permanente. Il nous rejoue en quelque sorte le Chapelier Fou dans une version légèrement plus trash. Lewis Caroll et Alice aux Pays des Merveilles, voilà : le nom est lâché. L'influence est évidente, autant dans la représentation visuelle de Mania et Dementia, contrée psychédélique pour l'une et plutôt gothique pour l'autre, que dans la plupart des personnages principaux. Haskill, l'intendant qui a un balai dans le derrière, est un peu le clown blanc de Sheogorath. Sa manière très cruelle et ironique d'analyser la situation est un délice. Le duc de Mania a la mémoire qui flanche (doux euphémisme), la duchesse de Dementia est parano au point de vouloir tuer tout son entourage, et toute la cour de Sheogorath baigne dans une admiration aveugle et malsaine pour le bonhomme, alors que sa démence n'échappe pourtant à personne.

Test The Elder Scrolls IV : Oblivion : The Shivering Isles Xbox 360 - Screenshot 6Les couleurs chatoyantes de Mania contrastent violemment avec les terres ténébreuses de Démentia.

La quête principale, sur laquelle se greffent tous ces protagonistes, bénéficie donc d'un quotient de bizarrerie qui s'exprime jusque dans les missions. Il y aura ainsi une séquence à la Dongeon Keeper franchement rigolote, une enquête menée grâce à des séances de torture ou une plongée au coeur d'un monde végétal parfaitement répugnant. Cette quête principale ne souffre d'aucun temps mort, du moins dans ses dix premières heures, et offre fréquemment plusieurs cheminements différents. Elle semble d'ailleurs aussi longue que celle d'Oblivion, et l'add-on requiert une bonne trentaine d'heures pour être épuisé, si on prend en compte les quêtes annexes. Certes, il y a un peu de remplissage, plus particulièrement dans les donjons, de taille nettement supérieure à ceux d'Oblivion. Il arrive que l'on finisse par s'impatienter. Mais l'agencement est souvent travaillé, et la difficulté accrue vous pousse à bien préparer votre périple, ce qui n'était pas vraiment le cas dans l'original.

Test The Elder Scrolls IV : Oblivion : The Shivering Isles Xbox 360 - Screenshot 7Le seigneur Sheogorath et son intendant Haskill sont bien les dignes représentants du royaume de la folie.

Qu'il s'agisse de Mania ou Dementia, les Shivering Isles forment un agglomérat de lagons franchement sauvages. Le principal centre d'attraction, là où se trouvent la majorité des quêtes annexes, c'est évidemment New Sheoth. Sorti de là, quelques villages et donjons ont été vaguement parsemés sur le territoire. C'est un peu dommage, il y a de grosses disparités : certaines zones sont très peu exploitées. D'autre part, sachez que vous n'aurez droit à aucun cheval. Les longs déplacements à pied sont donc légion pendant les premières heures, ce qui nous ramène à l'époque de Morrowind. On pense aussi à Gothic 3, avec ce terrain très accidenté, où l'on avance un peu à l'aveugle, et cette faune plus présente et plus dangereuse que dans Cyrodiil. Evidemment, avec le Fast Travel, le risque disparaît progressivement. Sur le fond, le jeu n'a pas vraiment changé. Bethesda a ajouté un contenu très classique : de nouveaux équipements assez chouettes, comme l'épée Croc, bien plus sophistiquée que la moindre lame, et des possibilités inédites avec, par exemple, la fabrication de A à Z d'une arme magique chez le forgeron gro-Bonk. J'apprécie également les nouveaux monstres. Non seulement ils sont vraiment effrayants, mais leur comportement est souvent accrocheur (saleté de Scalon !). Par contre, Bethesda n'a pas apporté de gros changements de fond : aucune nouvelle classe, pas de nouvelle limitation de niveau et pas la moindre modification apportée sur l'ossature du gameplay.

Test The Elder Scrolls IV : Oblivion : The Shivering Isles Xbox 360 - Screenshot 8Quelque chose me dit que cet amphibien n'est pas très content de me rencontrer. Les cornes peut-être.

Les défauts de l'original restent donc perceptibles. L'interface est toujours très grossière, certains mécanismes trop poussifs (l'alchimie notamment), et les PNJ restent assez décevants dans l'ensemble. Ceux qui vous escortent manquent d'intelligence et de réactivité. Quant aux autres, ils conservent cet aspect très artificiel et mécanique, qui nuit à l'immersion. Beaucoup plus grave : la localisation a encore été traitée par-dessus la jambe. Il y a moins de coquilles que dans Oblivion, certes, mais une fois sur cinq se glisse un mot en anglais, un texte qui dépasse du cadre ou une traduction à côté de la plaque. C'est franchement navrant : Bethesda n'a donc rien retenu du tollé provoqué par Oblivion à ce niveau-là ? Cependant, cela n'atténue pas l'impression d'être en face d'un add-on très respectable. Tous ceux qui sont allés chercher dans les mods amateurs un peu de folie, d'humour et de fraîcheur peuvent revenir sans crainte dans les bras de Bethesda.

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