Supreme Commander

Supreme Commander

Avant de voir si Supreme Commander a bien vécu son passage sur 360, regardons dans quel contexte le titre se déroule. En 2018, les scientifiques découvrent la technologie du tunnel quantique qui rend possibles les voyages interstellaires. Il suffit de quelques siècles pour que plusieurs centaines de colonies s'implantent sur d'autres planètes. L'humanité est en plein essor lorsque intervient un événement qui va changer à tout jamais la physionomie de certains êtres humains. En effet, le docteur Gustaf Brackman a trouvé un moyen d'implanter des puces électroniques dans les cerveaux afin de booster leurs capacités. Ainsi naissent les Symbionts. Très vite, ces derniers se retrouvent totalement exploités par la Fédération Terrienne Unie qui ne les considère pas comme des humains à part entière. Pour remédier à cette situation inacceptable, le Docteur Brackman et ses disciples s'enfuient sur des planètes éloignées et y fondent la nation cybranne. Leur objectif est simple : libérer leurs frères Symbionts asservis. De son côté, la FTU continue à coloniser de nouvelles planètes, et ce qui devait arriver arrive finalement : la FTU découvre l'existence d'un peuple extraterrestre. Pacifiques et partageant leur savoir avec les hommes venus sur leur planète, les aliens sont rapidement accusés par une frange de la population de vouloir propager leur manière de voir l'univers et la FTU lance alors une attaque sur leur astre d'origine. Résultat : l'espèce s'éteint purement et simplement. Sa philosophie pacifique n'est cependant pas morte puisque ses disciples humains comptent bien lui rendre hommage en formant le peuple des Aeons. Leur but ? Purifier la galaxie et montrer à tous la voie de l'infinie sagesse que leur ont appris les aliens.

Test Supreme Commander Xbox 360 - Screenshot 10Pensez à protéger vos installations des bombardiers ennemis, très dévastateurs.

Trois camps s'affrontent donc dans Supreme Commander : la FTU, les Cybrans et les Aeons. On a logiquement accès à trois campagnes solos qui donnent la possibilité au joueur de défendre chacune des trois factions. Hélas, force est d'admettre que l'on ne peut être qu'un peu déçu de la teneur de ces campagnes très lacunaires au niveau de la mise en scène. En effet, mise à part la cinématique de présentation, on n'a ensuite accès qu'à de petits briefings entre les missions ce qui fait qu'on a un peu de mal à bien s'impliquer dans un scénario qui cumule en plus quelques poncifs. Pourquoi ne pas avoir inclus de véritables cinématiques en images de synthèse entre les missions ? Pourquoi ne pas avoir développé un peu plus les relations entre les trois peuples ? C'est vraiment dommage, d'autant que les missions elles non plus ne nous ont pas donné entière satisfaction. Leur architecture n'est pourtant pas à mettre en cause puisqu'elle est plutôt bien pensée. En effet, contrairement à beaucoup de STR, on n'a pas accès à la totalité de la map d'un seul coup. Au début d'une mission, vous ne pourrez vous balader que sur une petite partie de la carte et ce n'est qu'en accomplissant certains objectifs qu'une nouvelle portion des lieux sera dévoilée. Ce système est plutôt intéressant puisqu'on peut ainsi bâtir sa base plutôt tranquillement pour ensuite seulement se lancer dans une offensive de grande ampleur sur des maps de taille parfois gigantesque. Hélas, le défaut, c'est qu'on peut rester très longtemps sur la même planète. Il m'a par exemple fallu près de trois heures pour terminer une des missions de la campagne Aeon et ainsi pouvoir passer à la suivante. Certes, c'est de la stratégie de grande ampleur, certes, il faut du temps pour détruire certaines bases adverses très bien défendues, mais je peux vous assurer que lorsqu'on a passé autant de temps à batailler pour venir à bout d'un simple camp ennemi, on n'a pas forcément envie de recommencer la même chose sur la planète qui suit. Globalement, ça manque d'intérêt, de punch, de rythme.

Test Supreme Commander Xbox 360 - Screenshot 11Même avec sa triple couche de blindage, cet UBC ne va pas faire long feu.

L'intérêt de Supreme Commander ne repose donc pas sur les campagnes solos. Voyons donc ce qu'il propose au niveau du mode escarmouche. Quatre types de conditions de victoires sont disponibles : les parties sans fin, celles où il vous faut détruire toutes les unités adverses pour l'emporter, celles où il vous suffit d'anéantir les bâtiments et les ingénieurs ennemis et enfin, celles où le jeu se termine lorsque vous avez détruit les UBC adverses. Un UBC (unité blindée de commandement) est un gros robot avec lequel on commence les parties. Hormis sa grande résistance et ses larges possibilités d'évolution (vous pouvez améliorer cette unité avec de nouveaux boucliers, armes, téléporteurs...) un UBC a la particularité de pouvoir construire les bâtiments de base indispensables à l'établissement de votre camp. C'est donc grâce à lui que vous commencerez à construire avant de faire appel à d'autres unités : les ingénieurs. Au maximum, les armées peuvent compter 500 unités et pour les produire, vous aurez besoin de deux ressources : la masse et l'énergie. Elles se récoltent en bâtissant des extracteurs et des générateurs. Les premiers sont nettement plus efficaces, mais ils ne peuvent être construits qu'à certains endroits de la carte, des lieux hautement stratégiques qu'il faut tenter de conserver pour s'assurer d'un approvisionnement suffisant.

Test Supreme Commander Xbox 360 - Screenshot 12Le niveau de zoom est impressionnant.

La particularité du système de ressources de Supreme Commander, c'est qu'il n'y a pas seulement la construction de bâtiments et d'unités qui demandent de l'énergie et de la masse, mais aussi le fonctionnement des infrastructures. Ainsi, les générateurs de boucliers réclament une grosse quantité d'énergie et si vous n'en produisez pas suffisamment, vous pouvez dire adieu à leur protection. Bref, il faut bien veiller au rapport entre les ressources produites et celles dépensées sous peine de vous trouver à court, ce qui a de graves conséquences sur le fonctionnement des bâtiments et sur la vitesse de construction. Pour ce qui est de l'IA, elle est capable du meilleur (stratégies poussées de contournement, utilisation parfaite des capacités des unités...) mais aussi du pire. On a en effet assisté médusé à quelques scènes dantesques : un UBC qui se laisse détruire sans réagir, une unité restée bloquée contre une falaise ou encore des ennemis qui s'acharnent à l'infini sur un bâtiment alors même que plusieurs ingénieurs le réparent. Bref, c'est assez inégal, sans doute même plus que sur PC. Il vaudra donc mieux jouer en multijoueur si l'on veut éviter ces quelques problèmes.

Test Supreme Commander Xbox 360 - Screenshot 14Jouer avec un pad ne pose aucun problème.

Car c'est bien à plusieurs que Supreme Commander procure le plus de plaisir. Son gameplay semble en effet taillé pour cette activité, même si contrairement à la version PC, on ne pourra jouer qu'à 4 en même temps. Reste que le gigantisme des cartes fait que l'on peut vraiment prendre part à des batailles dantesques. De plus, beaucoup d'unités que l'on peut construire ont des capacités spéciales intéressantes à utiliser. On peut par exemple choisir de faire plonger les sous-marins ou de les faire remonter à la surface selon la situation ou bien encore organiser un véritable pont aérien (ou un convoi naval) automatique entre un point A et un point B. Utile pour acheminer des armées rapidement sur des théâtres d'opération éloignés. Bref, au niveau des possibilités stratégiques, on n'est pas déçu, d'autant qu'il n'y a pas que des combats frontaux dont on doit s'occuper. Le joueur ayant la possibilité d'avoir des armes de longue portée (missiles nucléaires par exemple), il est indispensable de mettre en place des défenses correctes contre ces armes dévastatrices dont personne n'hésitera à se servir. Radars, batterie de missiles anti-missiles sont des éléments à ne pas négliger.

Test Supreme Commander Xbox 360 - Screenshot 15Combattez sur terre, dans les air et même en mer.

Une autre des caractéristiques essentielles de Supreme Commander, c'est son niveau de zoom réellement impressionnant. On peut en effet passer d'un cadrage de l'action de très près à une vue globale d'un simple mouvement du stick droit. Vu la taille des cartes, cette fonctionnalité se révèle très utile pour voir la position de son armée et pour déplacer plus facilement ses unités, car ce qu'il faut dire, c'est que même en zoom éloigné, vous gardez le contrôle et pouvez déplacer vos troupes (qui ne sont alors représentées que par des icônes : carrés, triangles...). Et comment donne-t-on des ordres justement, puisque le clavier et sa fidèle souris font place au pad de la console ? Très correctement dans l'ensemble. L'interface massive de la version PC est passée à la trappe et a été remplacée par deux petites barres, vous indiquant votre niveau de masse et d'énergie. La croix directionnelle sert à accéder aux différentes options. Sélectionner une unité avec le curseur, puis presser la touche haut permet d'afficher un menu circulaire dans lequel vous retrouverez les ordres de base ainsi que ceux spécifiques à l'unité. Appuyer à droite vous donne accès au menu de construction et aux upgrades. Une petite pression vers le bas, et vous aurez accès à l'interface de création de groupes, indispensable pour gérer des affrontements d'une telle ampleur. Tout cela fonctionne très correctement. Certains petits détails offrent même une petite dose de confort, avec par exemple la possibilité, en maintenant RB enfoncé, de produire les unités par 5, sans avoir à appuyer des dizaines de fois sur la touche de validation.

Test Supreme Commander Xbox 360 - Screenshot 17Un petit contingent de tanks s'approche de la ligne de front.

Hélas, tous ces efforts, toute la profondeur d'un jeu qui n'a rien perdu de son brio et de sa richesse tactique, se trouvent largement piétinés par de nombreux problèmes techniques. Si l'on passera sans trop s'attarder sur le manque de finesse de l'ensemble, puisque cela semble être une habitude dans les STR console issus du PC, on ne pourra cependant pas tolérer les innombrables saccades et les gels d'écran récurrents. Le soft reste globalement jouable, mais le rythme haché des parties devient rapidement éprouvant pour les nerfs. Et il est évident que ces soucis de frame rate empiètent sur la jouabilité, puisqu'il deviendra souvent difficile de cibler correctement une unité et de donner un ordre de base. Manifestement, les développeurs, même avec la meilleure volonté du monde, n'ont tout simplement pas pu convenablement porter un titre aussi ambitieux que Supreme Commander sur 360. D'excellent STR, le soft se transforme donc en une simple curiosité sur son support d'accueil. Une tentative ratée qui ne manque pourtant pas d'un certain panache et qui saura tout de même contenter une frange très réduite de joueurs. Des joueurs capables de passer outre ces nombreux problèmes techniques pour ne garder que l'intelligence d'un titre qui fut l'un des rares, ces dernières années, à véritablement pousser le genre en avant.

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