Stranglehold

Stranglehold

En 2004, Sony rendait un bien bel hommage à John Woo et à tout un pan du cinéma hongkongais grâce à Rise To Honour qui profitait également des prouesses martiales de Jet Li. Trois ans plus tard, c'est Midway qui se penche sur la question en offrant une suite vidéoludique au Hard Boiled de Woo. Comble du bonheur, le maître ainsi que son acteur fétiche, Chow Yun-Fat, participent de concert à l'aventure. Dès lors, il n'est plus question de se demander si l'atmosphère est fidèle à celle de son modèle cinématographique mais bel et bien de rentrer de plein pied dans cet univers où les flingues se rechargent tout seuls, où tirer avec style n'est pas une solution mais bel et bien une obligation, où un flic qui sait ce qu'il veut peut se permettre d'éliminer trois fois plus de bad-guys en un seul jeu vidéo/film que James Bond durant toute sa carrière.

Test Stranglehold Xbox 360 - Screenshot 28Un orchestre, une trentaine de bad guys à éliminer et aucun dommage collatéral. Bonne chance.

Chow Yun-Fat endosse donc à nouveau le rôle de Tequila, policier de Hong-Kong qui ferait passer Jack Bauer pour un moniteur de colonie de vacances pour retraités. Si on retrouve aussi mister Woo dans le rôle de tenancier de bar et d'indicateur, disons que le scénario de Stranglehold est juste là pour prétexter une action à outrance tout au long de sept niveaux. Ainsi, si on trouve les thèmes chers au réalisateur (l'honneur, l'amour, la trahison, la vengeance), le synopsis se borne à aligner pas mal de clichés du genre tout en nous ressortant une sombre histoire de kidnapping liée au passé de Tequila. Une histoire décevante ? Oui et non car si d'un côté, il faut bien avouer qu'on ne prête pas vraiment attention aux cinématiques (souvent plates, parfois trop romancées), elles mettent tout de même en valeur la réalisation du jeu qui utilise plusieurs effets cinématographiques chers au réal. chinois. On pense bien évidemment au ralenti, au lâcher de colombes, à l'arrêt sur images, aux poses iconographiques, etc. Du coup, on prend un pied immense à user et à abuser des actions mises à notre disposition, rien que pour le plaisir des yeux.

Test Stranglehold Xbox 360 - Screenshot 29Big John vous attend dans son bar pour vous offrir quelques savoureux bonus.

Pourtant, on touche ici un point sensible de Stranglehold qui en met plein la vue mais qui ne peut masquer plusieurs manques. On commencera par citer une IA calamiteuse synonyme d'ennemis venant tout le temps à notre rencontre, d'une variété d'armes assez limitée ou de mouvements, certes jouissifs, mais peu nombreux puisqu'on n'en compte que trois. A cela, on rajoutera le mini-jeu Mexican Standoff, permettant d'éviter les balles des ennemis avec le stick gauche tout en bougeant un viseur pour dégommer rapidement nos adversaires, qui revient trop souvent et finit par lasser malgré la joie qu'il procure. Et c'est bien là un souci du titre qui ne cherche pas vraiment à faire évoluer sa progression en s'appuyant un peu trop sur ses fusillades et son moteur graphique proposant de tout détruire à l'écran. A ce titre, rien à dire. Tout, absolument tout peut voler en éclats, du cageot de kiwis aux voitures en passant par des dragons de jade, les murs, les vitres, j'en passe et des meilleures. Et là, autant dire que le joueur se fait plaisir. Impossible de résister à la tentation de vider nos chargeurs contre une machine à sous, un aquarium ou une simple palissade pour voir le résultat. De plus, les développeurs ont profité de cet aspect sachant qu'il est possible d'utiliser des éléments du décor, en leur tirant dessus bien entendu, pour venir à bout des pauvres hères nous faisant face.

Test Stranglehold Xbox 360 - Screenshot 30Une action directement inspirée par le final de Hard Boiled. Abusez-en, c'est si bon.

Une autre donnée importante du jeu provient de son aspect acrobatique, devant autant à Max Payne qu'à un numéro d'équilibriste. De fait, courir sur des rambardes, la colonne vertébrale d'un squelette de dinosaure ou une poutrelle à dix mètres du sol tout en dessoudant des dizaines de personnes n'est qu'une formalité. A ceci, il faut rajouter le ralenti pouvant être utilisé de deux façons. Soit vous en usez quand bon vous semble par une simple pression sur un bouton (ceci vidant la jauge Tequila Time qui se remplira à nouveau après usage), soit vous plongez vers vos ennemis, le slow motion vous permettant alors d'ajuster votre tir. A ce sujet, plus vous éliminerez de monde, plus votre jauge de Bombe Tequila montera prestement, ceci pouvant aussi se faire en récoltant des grues en papier ou en tuant avec style. Ces fameuses bombes Tequila (des mouvements spéciaux pour ne rien vous cacher) vous permettront de récupérer un peu de vie, ou d'utiliser un tir de précision, une attaque barrage (ceci nous octroyant une énorme puissance de feu) et enfin une attaque toupie afin d'éliminer tout ce qui nous entoure. Au final, on en oublierait presque qu'on peut s'accroupir, se cacher derrière plusieurs éléments, glisser sur des objets (table, comptoirs...) ou effectuer un saut mural vu qu'on n'a souvent qu'une idée en tête : profiter des mouvements spéciaux pour faire le ménage.

Test Stranglehold Xbox 360 - Screenshot 31Les sept niveaux de l'aventure vous mèneront dans des endroits très exotiques.

Stranglehold est une expérience inoubliable et reste pour moi un des meilleurs jeux d'action (pur et dur) de ces cinq dernières années. Toutefois, il est indéniable que les développeurs auraient pu améliorer plusieurs petites choses comme la durée de vie du mode solo qui se termine en six ou sept heures en Normal, le mode Décontracté étant à éviter. De plus, si on y trouve du Multijoueur pour six petits mordus d'armes à feu, celui-ci se résume à deux simples épreuves, Deathmatch et Deathmatch par équipe, se déroulant dans les décors du mode principal. A ce sujet, on peut tout de même débloquer plusieurs personnages pour jouer en ligne en allant traîner du côté du bar de John Woo où on peut également trouver plusieurs croquis et vidéos à acheter. En conclusion, avouons que si le soft de Midway est un défouloir comme on en a rarement eu l'occasion d'en voir, il n'aurait pas fallu grand chose pour qu'il s'impose comme un Max Payne sous acide pouvant rivaliser avec son modèle vidéoludique. Dans l'absolu, il n'en reste pas moins une excellente séquelle de pixels à l'oeuvre de John Woo qui ravira tous ceux qui sont un jour restés bouche bée devant cette leçon de cinéma offerte par un homme qui a redéfini le gunfight sur grand écran.

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