Sega Rally

Sega Rally

Aussi improbable que cela puisse paraître, il est difficile d'affirmer que Sega Rally ait vraiment changé depuis de si longues années. Les automatismes des premiers volets sont là, la conduite en dérapages quasi constants aussi, l'impression de jouer sur bornes d'arcade aussi. Un copilote anglophone à la voix raisonnante, des morceaux dance assez kitch mais finalement tellement appropriés, autant de signes qui ne trompent pas : Sega Rally dans son lifting 2007 n'est pas en priorité destiné au joueur récent qui a découvert les joies de la conduite sur consoles nouvelle génération. Il est un concentré de fun que les habitués des salles arcades et les nostalgiques du bébé de Sega sauront apprécier à sa juste valeur. Ce qui ne veut cependant pas dire que celui qui n'y a jamais touché ne sera pas immédiatement converti. Au contraire même, que l'on soit arcade ou simulation, raffiné ou rentre-dedans, difficile de ne pas succomber à Sega Rally. Le charme opère.

Test Sega Rally Xbox 360 - Screenshot 79Les moindres touchettes sur le bord fond perdre de précieuses secondes.

Il n'y a pas plus arcade ou glissant qu'un Ridge Racer. Mais s'il fallait attribuer une place de dauphin au rayon des jeux de courses qui se jouent davantage perpendiculairement à la route, ce serait sans doute aucun à Sega Rally. Une touche d'accélération, une autre de frein, une troisième pour le frein à mains et c'est tout. Comme tout bon jeu d'arcade qui se respecte, tout est dans le timing, l'instant choisi pour relâcher les gaz et entamer le braquage à la corde pour ensuite glisser et jouer avec les croix ou sticks directionnels. Histoire de fluidifier le mouvement, d'embrasser des courbes et virages à 90° et de laisser la marque de nos pneus rainurés à souhait dans un sol qui se déforme progressivement, au fil des tours pour finir par être une mine de nids de poules. L'un des principaux arguments de vente de Sega, pas peu fier du moteur physique qui fait des merveilles, que ce soit au sol, sur terre, gravier, neige ou verglas. Celui-ci pousse d'ailleurs le délire graphique jusqu'à crépiter les pare-chocs et bas de caisse aussi progressivement que possible, centimètre par centimètre, tout en incluant un cycle qui fait sécher la terre mouillée jusqu'à ce qu'elle soit balayée par le passage dans une grosse flaque. Des détails qui font leur petit effet à tel point qu'on puisse même regretter l'absence d'une modélisation des dégâts dans un style semblable. Mais le concept de base d'un Sega Rally ne s'y prête pas.

Test Sega Rally Xbox 360 - Screenshot 80Sur du bitume, les dérapages sont évidemment plus compliqués à réaliser.

Tout ceci dans des courses aux physionomies sans cesse identiques. Le joueur part d'une peu envieuse sixième place pour remonter, sur trois tours, chacun de ses concurrents. Ou plutôt pour essayer puisque l'IA, sans être extrêmement agressive fait preuve d'une solidité, voire d'une rigidité, qui force à tenter des dépassements propres. Le rentre-dedans n'est en effet pas vraiment récompensé. Jouer des coudes ou compter sur la voiture qui vous précède pour vous freiner à l'abord d'un virage serré, histoire de ne pas perdre trop de vitesse, ne servira à rien. Campée sur ses quatre roues (indépendantes au passage, un vrai bonheur sur des tracés sinueux), celle-ci ne bougera quasiment pas d'un boulon à vos tentatives brutales et malsaines. Du coup, c'est bien en conduisant avant tout proprement et sans trop toucher les rebondissants bords de la piste que le joueur arrivera à ses fins. Car mine de rien, trois petits tours pour venir à bout d'un quinté de 2 ou 4 roues motrices, c'est parfois peu et l'ultime dépassement se fait régulièrement aux abords de la ligne d'arrivée. Tout du moins, après quelques courses car le plus faible niveau de difficulté ne vous occupera pas longtemps, juste celui de se faire la main et d'apprendre à connaître sur le bout des doigts la vingtaine de circuits au rendez-vous. Oui, seulement vingt. C'est peu mais finalement presque suffisant puisque l'intérêt réside avant tout dans le plaisir de jeu ressenti à se frotter à des pilotes confirmés.

Test Sega Rally Xbox 360 - Screenshot 81Un saut qui ne va pas être sans conséquence.

De son côté, le contenu est davantage gonflé. Moins par les modes de jeu, très classiques (Course Rapide, Contre-la-montre, Championnat et Multijoueur) que par le paquet de compétitions à remporter. Celles-ci se débloquent au fur et à mesure et permettent elles-mêmes de déverrouiller des véhicules et skins supplémentaires. A vous ensuite les Impreza, Lancer, Xsara, Fabia, Focus, 206, 207, C2, Celica, Punto, Golf, Octavia et consorts. Pour au final, trois catégories de véhicules, plus ou moins enclins à glisser, plus ou moins récents. Il y en a à peu près pour tous les goûts. Quoi qu'il en soit, dans une même catégorie, le choix du véhicule n'est pas primordial, les différences étant franchement moindres, ce qui nivelle considérablement leur niveau de performance pour mettre en avant celui du pilote. Ce dernier est aidé par un copilote anglophone à la mission finalement très simple d'annoncer le côté et le profil des prochains virages, avec quelques nuances et "obstacles" tels que des ponts, des sauts, des rétrécissements de chaussée ou des flaques d'eau. Un mot pour finir sur le multijoueur, très basique mais essentiel au jeu puisque c'est à six qu'on prend le plus de plaisir. Parties simples ou mini-championnats prolongent ainsi la durée de vie du soft qui s'avère mieux qu'une distraction sans pour autant innover outre mesure.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×