Just Cause

Just Cause

On peut prendre les paris, tout le monde ne sera pas d'accord au sujet de Just Cause, certains vont adorer, d'autres resteront frustrés par ses limites vite atteintes. Par sa profession d'agent au service d'une organisation dont le but est de soutenir les guérillas anti-dictatoriales, Rico Rodriguez se retrouve plongé sur l'archipel de San Esperito, un ensemble d'îles absolument immense où son but sera de participer à diverses actions visant à destituer un gouvernement despotique, le tout en prenant le temps de se promener comme bon lui semble. C'est bien la première prouesse que l'on peut reconnaître à Just Cause, San Esperito est vraiment énorme, un fait dont on prend pleinement conscience la première fois que l'on jette un coup d'oeil à la carte des lieux, le zoom arrière augurant de sacrées promenades à venir. On regrette alors d'autant plus que personne n'ait eu l'idée d'intégrer à l'interface, si ce n'est un GPS, au moins une boussole au lieu de se contenter d'un vieux point rouge indiquant votre prochaine destination. Il est en revanche heureux de pouvoir se faire livrer des véhicules ou de pouvoir demander une évacuation faisant office de téléportation entre différents points d'intérêts.

Test Just Cause Xbox 360 - Screenshot 54Les missions se suivent et se ressemblent.

Votre objectif est donc de semer le trouble dans les multiples zones de jeu, en faisant vaciller le régime en place puis en soutenant les guérilleros. Votre progression passera donc par un premier lot de missions principales directement liées au scénario, 21 au total. Déjà, 21, quand on y pense, c'est loin d'être aussi conséquent qu'on pourrait le croire au regard de la taille de la map, et dans les faits, il faut environ 6 ou 7 heures pour les boucler (sans compter les quêtes annexes bien entendu). Relativement variées, elles restent le coeur du jeu par leur intérêt, leur durée et leur rythme plus haletant. De surcroît, si on vous laisse entendre une façon évidente de les mener à bien, faire travailler votre imagination sera du meilleur effet. Pourquoi suivre un long trajet en voiture au sommet d'un volcan quand on peut dénicher un hélicoptère et sauter en parachute pour atteindre le sommet directement ? Une flopée de véhicules terrestres, fluviaux ou aériens sont ainsi à votre disposition, sachez vous en servir. Par contre, il est déplorable que ces quêtes soient si peu nombreuses. Ce qui n'est pas le cas des missions annexes, au nombre de 300, mais pour leur part nettement moins passionnantes.

Test Just Cause Xbox 360 - Screenshot 55L'hélicoptère est un bon moyen de profiter de la vue et...

Et c'est là l'un des problèmes majeurs de Just Cause. Quand on crée un jeu ouvert et aussi grand, il faut donner au joueur de quoi s'occuper. Oubliez déjà les missions de courses qui, en dehors du fait qu'on se demande ce qu'elles viennent faire là, n'ont pas le moindre intérêt. Pour le reste, on trouve 3 types de quêtes secondaires qui vous permettront de gagner des points de confiance auprès des combattants de la liberté. Commençons par la libération de villages en zone occupée par l'état. Ici, la démarche sera toujours la même, vous aurez 3 ou 4 barrages à faire sauter à la grenade ou à l'explosif, des ennemis à tuer, puis, au choix, un "boss" à liquider ou un drapeau à hisser. Amusantes les premières fois, ces phases ne varient pas d'un iota au cours du jeu et finissent par devenir une corvée. Autre type de missions, le transport au cours duquel on vous demandera d'aller d'un point A à un point B, puis souvent, à un troisième point C pour trimballer une marchandise quelconque ou assassiner un dignitaire du gouvernement ou d'un cartel de la drogue. Même problème, la démarche reste identique. Enfin, des points bleus sur la carte du monde représentent les missions de collecte d'objets. Est-il nécessaire de préciser à quel point ce jeu de facteur peut-être follement passionnant ? On peut trouver deux raisons à l'exécution de ces tâches. La première est évidente, c'est celle qui fait qu'elles existent : il faut bien faire quelque chose pour se changer les idées entre deux coups d'états. La seconde, ce sont les points de confiance évoqués plus hauts. Points grâce auxquels la guérilla nous fait monter en grade. Seulement l'ennui, c'est que l'utilité de la chose est quasiment nulle, la montée en grade ne servant qu'à débloquer les véhicules que vous pourrez vous faire livrer par l'agence qui vous emploie. Or, des véhicules, on en trouve partout à la pelle. Et que dire de l'intérêt de tout ceci quand on a ajouté que le héros paraît pratiquement immortel tant sa jauge de vie baisse lentement, régulièrement rehaussée par de nombreux médikits. Ma première mort ne s'est produite qu'après 6 heures de jeu, et n'était même pas du fait d'un tir ennemi mais d'un accident idiot. Quant au tir, il s'effectue à l'aide d'une visée complètement assistée.

Test Just Cause Xbox 360 - Screenshot 56... de prendre de l'altitude pour sauter dans le vide.

Pourtant, on a bien du mal à condamner totalement Just Cause qui se repent grâce aux cascades. Constamment équipé de deux accessoires, Rico Rodriguez joue les as du parachute. En hauteur, il suffit de sauter dans le vide pour faire un peu de chute libre avant d'ouvrir son parachute. A bord de n'importe quel véhicule, vous pouvez sortir et vous mettre en position de cascade (sur le toit d'une voiture, sur l'aile d'un avion, sur la queue d'un hélico par exemple) pour faire de même. Le second accessoire, complémentaire du premier, est son grappin que l'on utilise simplement en l'accrochant à n'importe quel engin motorisé pour se faire une séance de parachute ascensionnel. Ajoutez également la possibilité de sauter de voiture en voiture si on vise bien. De même, un simple tour en hélico permet d'admirer la vue et de prendre conscience de la taille de San Esperito. On se retrouve alors avec une tripotée de possibilités et on doit bien reconnaître que lancer une voiture vers une falaise pour se jeter de son toit dans le vide, descendre en parachute, tirer son grappin vers une autre voiture, atterrir sur son toit pour poursuivre sa route, c'est fun. Alors on se dit que c'est super, qu'on est Colt Sivers. Oui... mais non, parce que là aussi, tout cela n'est drôle qu'un temps et ne mène finalement pas très loin et on se voit mal passer des heures et des heures uniquement à faire du parachute. Il reste que c'est un plus indéniable dans l'exécution des missions et une véritable source de fun dans le déroulement des quêtes principales. Mais quitte à jouer la carte de la démesure, pourquoi ne pas avoir carrément offert des mouvements acrobatiques au joueur au lieu de le laisser tomber comme une pierre ?

Test Just Cause Xbox 360 - Screenshot 57Rico "yé souis oune gazelle" Rodriguez fait une démonstration de course accrobatique.

Just Cause a un autre problème. Si, comme nous le verrons sous peu, il profite d'un réalisation des plus honnêtes, certains bugs viennent perturber le jeu, ou plutôt, une gestion douteuse des collisions. Un écueil que l'on rencontre principalement au cours des nombreuses courses-poursuites. Comme par magie, vos poursuivants ont la très vilaine manie de "coller" à vous, au sens propre, à tel point que même si vous effectuez un saut en 4X4, un motard restera scotché à votre portière pendant la cascade. Sur une course un peu longue, il n'est pas rare de se retrouver à l'arrêt, avec 4 voitures collées à vous qu'il faudra dégager en en prenant le contrôle. C'est hautement pénible, croyez-moi.

Test Just Cause Xbox 360 - Screenshot 58Le grappin, un accessoire fort pratique mais sous-exploité par le jeu.

Mais en dépit de bugs relativement nombreux (avec pas mal de clipping notamment), Just Cause offre une réalisation très plaisante considérant, une fois de plus, les dimensions de l'environnement, du moins en ce qui concerne les décors. Les couleurs sont chatoyantes, le sentiment de liberté est réel et la prise (ou la perte) d'altitude se fait sans heurt et sans transition. En revanche, on s'interroge sur l'effet de flou bien trop prononcé qui se fait sentir au moindre mouvement de caméra. Il est heureusement possible de le désactiver, du moins en partie. Dommage qu'il faille composer avec des animations ridicules, principalement celles de Rico lui-même qui court d'une façon risible. Au final, Just Cause va sûrement alimenter quelques discutions tant il est difficile de donner un avis tranché, on recommandera donc plus que jamais de s'y essayer avant de craquer.

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