Eragon

Eragon

En plaçant la licence Eragon entre les mains de Stormfront Studios, Sierra devait être plutôt confiant quant au potentiel du jeu, la réputation du développeur n'étant plus à démontrer après le succès du Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours mais aussi du très bon Forgotten Realms : Demon Stone. C'est donc sans grande surprise que l'on constate que cette adaptation d'Eragon est à classer, elle aussi, dans le registre du beat'em all, qui semble être le genre de prédilection de Stormfront. Là où l'étonnement nous gagne, en revanche, c'est lorsqu'on s'aperçoit que cet Eragon est loin, très loin d'être aussi fameux que les deux titres précités, trahissant bien trop de faiblesses pour que l'on soit conquis ou même séduits durant toute la durée de la quête.

Test Eragon Xbox 360 - Screenshot 8Mieux vaut abattre les archers plutôt que de risquer la chute.

Quelques mots sur l'histoire d'Eragon, pour commencer, le roman initial n'étant peut-être pas aussi connu qu'un tome d'Harry Potter auprès du jeune public. Le contexte présenté dans le premier volume de la trilogie de l'Héritage met en scène un jeune garçon nommé Eragon, qui va entrer par hasard en possession d'un oeuf de dragon et devenir sans le vouloir le dernier des dragonniers. A l'heure où l'Empire de l'Alagaësia est envahi par le mal, l'apparition d'un héros représente l'ultime espoir de faire échouer les plans du méchant Roi Galbatorix. Baignant allégrement dans l'heroic fantasy, l'épopée qui s'annonce, et qui est encore inachevée à l'heure actuelle, semble se prêter parfaitement à un beat'em all tel que nous le propose Stormfront. Armé d'une solide épée et de quelques pouvoirs magiques cachés sous le manteau, le joueur devra traverser 16 niveaux résumant le périple d'Eragon et de ses compagnons, et surtout leur combat contre les séides de Galbatorix.

Test Eragon Xbox 360 - Screenshot 9Il n'est pas toujours obligatoire d'éliminer tout le monde pour continuer.

Le soft est donc placé sous le signe de l'action, le cheminement étant d'une linéarité telle que l'on ne peut décemment pas rester bloqué devant la simplicité des énigmes. Et pourtant, il arrive fréquemment que l'on bute bêtement à certains endroits du parcours, et que l'on perde du temps à chercher vainement un bout de corniche sur lequel s'agripper parce qu'il est invisible au milieu du décor. Ainsi, même si le jeu fait appel inlassablement aux mêmes types d'obstacles, le manque de lisibilité qui caractérise les environnements les plus sombres casse le rythme de l'action de manière trop fréquente pour ne pas devoir en parler. La progression n'est pourtant pas bien compliquée, les seules interactions possibles étant liées à la magie d'Eragon qui peut ainsi activer des mécanismes à distance ou déplacer des rochers pour construire des ponts de fortune. Très vite, la routine s'installe et on se dit que si la progression est aussi limitée, les combats ont intérêt à rehausser le niveau.

Test Eragon Xbox 360 - Screenshot 10L'aventure peut être jouée à deux en coopération.

En début de jeu, les affrontements s'annoncent d'ailleurs plutôt enlevés, Eragon étant capable d'effectuer des mouvements assez classieux en plaçant des enchaînements simples à mémoriser. Les contrôles utilisés permettent facilement d'assommer les ennemis, de les repousser en arrière en brisant leur bouclier, de les achever au sol, et même de placer quelques coups de genoux et de monter sur leurs épaules pour leur briser la nuque, à moins que vous ne préfériez les faire tournoyer avant de les pousser dans le vide. L'arc aux flèches illimitées favorise le tir au lapin sans demi-mesure, sans oublier le recours indispensable à la magie. Très puissante, cette dernière permet de lancer quelques sortilèges imparables, de brûler ses victimes et de s'entourer d'une aura protectrice durant un court instant. Se régénérant à l'infini, la magie peut également être consommée sans aucune modération, et on ne se prive pas d'en abuser compte tenu de son efficacité.

Test Eragon Xbox 360 - Screenshot 11Le mode Rage fait briller l'épée d'Eragon.

A partir de là, le manque de challenge véritable commence à nuire à ce titre qui peine atrocement à se renouveler. Les niveaux traînent inutilement en longueur, comme cette forteresse interminable à escalader, les ennemis arrivant continuellement tels des clones renaissant sans arrêt de leurs cendres. Tout ceci ne serait pas gênant outre mesure si le héros bénéficiait de techniques évolutives, comme dans les Deux Tours où chaque protagoniste gagnait régulièrement de nouveaux combos et où les points d'expérience étaient pris en compte. Dans Eragon, non seulement les personnages se jouent de la même façon (Brom et Murtagh ne sont d'ailleurs jouables qu'en mode coopératif), mais ils n'acquièrent aucun nouvel enchaînement durant votre avancée dans l'aventure. Les seules évolutions notables sont le gain de quelques pouvoirs magiques ou le renforcement des aptitudes du héros (puissance, points de vie). Le fait de pouvoir jouer à deux en coopération n'apporte d'ailleurs pas grand-chose, étant donné le manque de particularités existant entre les personnages.

Test Eragon Xbox 360 - Screenshot 12Les combos sont assez amusants à voir.

Pour ceux qui s'interrogeraient sur la présence ou l'absence des dragons, sachez que les moments où le dragon Saphira entre en scène ne sont pas légion. Il arrive que l'on puisse simplement lui demander de l'aide lorsque le jeu nous le propose, mais les scènes où il est vraiment possible de la contrôler sont rarissimes. Tout aussi dirigistes que dans les autres niveaux, ces phases ne vous laissent quasiment aucune marge de manoeuvre, la caméra étant désespérément gérée par la console, ne vous laissant pour tâche que d'esquiver plus ou moins proprement les branches d'arbres et autres obstacles attendus. Autant dire qu'on peut quasiment jouer les yeux fermés, même s'il faut admettre que ces séquences sont plutôt bien réalisées d'un point de vue purement visuel. Au bout du compte, on a le sentiment que Stormfront a souhaité proposer un beat'em all simplifié à l'extrême pour s'adapter à un public plus jeune que pour les Deux Tours, mais le résultat est bien en-dessous de nos attentes. Sachant que notre personnage ne profite même pas des améliorations obtenues lorsqu'il revient dans un ancien niveau, on a bien du mal à trouver la motivation nécessaire pour fouiller tous les environnements du jeu à la recherche de quelques bonus cachés. D'autant que ces derniers ne donnent accès qu'à des interviews, et que seule la version Xbox 360 bénéficie de niveaux supplémentaires à débloquer. On espère donc que l'équipe Stormfront saura se ressaisir rapidement pour nous faire oublier cet accident de parcours.

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