Enemy Territory : Quake Wars

Enemy Territory : Quake Wars

Cet univers est celui de la guerre entre humains et Stroggs, une race de cyborgs extraterrestres familière aux joueurs de Quake II et IV. Quake Wars est en fait la genèse de la série puisqu'il se situe au début de l'invasion de la Terre dans les années 2060. Le seul but des Stroggs est de se nourrir de l'humanité et de la transformer pour venir grossir leurs rangs. Pour contrer l'invasion, les hommes se sont réunis dans la Force de Défense Mondiale (FDM). Ils luttent désespérément aux quatre coins du Monde pour leur survie. Et quand je dis les quatre coins du Monde, ce n'est pas juste une expression, il y a effectivement quatre continents représentés : Amérique, Europe, Afrique et zone Pacifique (Australie, Nouvelle-Zélande et Japon). Pour une fois que ce ne sont pas les Américains seuls qui sauvent la planète, ça fait plaisir.

Test Enemy Territory : Quake Wars Xbox 360 - Screenshot 5Les Stroggs sont bien décidés à conquérir la Terre par tous les moyens.

Placer le conflit à l'échelle planétaire permet de plus impliquer le joueur et aussi de varier les environnements traversés, joliment réalisés. En effet, le moteur amélioré de Quake IV tient ses promesses, le jeu n'est pas vraiment impressionnant techniquement mais le design assez froid colle bien au contexte apocalyptique. Quelques textures sont bien un peu moins fines qu'elles l'étaient sur PC, mais rien de comparable à l'odieuse version PS3, Nerve a fait un meilleur boulot qu'Underground Development. Les quatre continents sont autant de campagnes composées de trois cartes chacune. Une rapide multiplication plus tard, ce sont donc douze maps au total qui sont proposées dans le jeu. Cela pourrait paraître peu, mais mieux vaut que la qualité prime sur la quantité. Et force est de constater que la plupart de cartes sont vraiment réussies. Elles sont vastes, proposent donc de multiples chemins et arrivent à peu près à maintenir l'équilibre entre attaquants et défenseurs. Car le gameplay de Quake Wars est basé sur l'attaque et la défense, selon l'équipe dans laquelle on se trouve. Voyons en détail comment une partie fonctionne.

Test Enemy Territory : Quake Wars Xbox 360 - Screenshot 6Les explosifs sont en place, l'objectif est presque atteint.

Prenons par exemple la map Island de la campagne africaine. Les forces de la FDM doivent s'emparer d'un disque contenant de précieuses données sur la technologie des portails Stroggs. Pour cela, plusieurs objectifs doivent être réalisés dans un ordre bien précis : construire un générateur pour pouvoir ouvrir les massives portes d'entrée de l'observatoire, puis détruire la porte blindée du coffre contenant le disque convoité, enfin s'en emparer pour aller transmettre les données grâce à la parabole. Le but de l'équipe adverse est bien évidemment de retarder au maximum cette progression du front en défendant, et ils l'emportent au bout de vingt minutes si les assaillants n'ont pas accompli leur mission. Des objectifs secondaires sont également disponibles, ils ne sont pas vitaux mais peuvent contribuer à la victoire finale, en ouvrant un passage alternatif ou en libérant un point de spawn supplémentaire. Toutes les maps sont construites sur ce schéma de base, avec bien sûr des variantes dans les objectifs selon l'équipe qui attaque. Dans Quarry, les Stroggs doivent réalimenter leur vaisseau écrasé afin de pouvoir lancer le processus d'autodestruction, tandis que dans Canyon il leur faut protéger à tout prix leur machine à Stroggifier les humains. Bref, le background de chaque carte est assez développé, ce qui donne une vraie cohérence au jeu, même si la plupart des joueurs ne verront probablement là qu'un prétexte pour fragger l'ennemi.

Test Enemy Territory : Quake Wars Xbox 360 - Screenshot 7L'ingénieur est chargé de construire.

Concrètement, sur le terrain, la réalisation des objectifs se fait grâce aux différentes classes de militaires que les joueurs peuvent choisir. Elles sont au nombre de cinq : soldat, mécanicien, artilleur, infirmier et saboteur, et leurs équivalentes dans le camp Stroggs, très similaires (respectivement agresseur, constructeur, oppresseur, technicien et espion). Chaque classe à son rôle à jouer dans la partie : lorsqu'un objectif doit être détruit, c'est le soldat qui intervient pour placer une charge explosive. Quand il s'agit plutôt de pirater, pour désactiver un générateur de bouclier par exemple, le saboteur entre en action. Pour rester discret, il peut prendre l'apparence d'un ennemi tué. Le constructeur met en place des tourelles, des radars, ou effectue des réparations. Enfin, infirmiers et artilleurs servent de support en soignant leurs coéquipiers ou en appuyant l'avancée de leurs troupes en pilonnant les positions adverses. Bref, la complémentarité entre les classes est essentielle à la progression de l'équipe. Une bonne coordination est nécessaire afin de garder un équilibre entre elles. Sur Canyon, si personne ne joue mécanicien en début de partie, le pont ne se bâtira jamais tout seul... De la même façon, en fin de partie, un nombre conséquent de soldats est requis pour parvenir à placer la charge explosive. Tout cela fait de Enemy Territory : Quake Wars un FPS où les termes "coopération" et "teamplay" prennent toute leur importance.

Test Enemy Territory : Quake Wars Xbox 360 - Screenshot 8L'expérience permet de gagner des bonus.

D'ailleurs, le jeu est vraiment conçu de manière à empêcher toutes tentatives d'exploits personnels. Ici en effet, il n'est point question de comparer qui a le plus grand nombre de frags au compteur ou le meilleur ratio kill/death. Ces statistiques sont bien disponibles, mais uniquement dans un menu ou sur un site internet dédié. En jeu, le seul score est celui de l'expérience. Celle-ci se gagne évidemment en tuant des adversaires, mais surtout en accomplissant les objectifs. Les points obtenus permettent de gagner des bonus (barre de vie plus élevée, des temps de piratage ou de réparation réduits, etc.). Néanmoins, pour une obscure raison qui nous échappe totalement, les développeurs sont persuadés que les joueurs 360 sont moins hardcore que sur PC et PS3, le système a donc été simplifié et ne présente plus un grand intérêt : les améliorations débloquées au fil d'une campagne sont les mêmes pour chaque classe... Dommage.

Test Enemy Territory : Quake Wars Xbox 360 - Screenshot 9La vue ironsight permet une visée précise.

Parlons maintenant un peu des armes, après tout Enemy Territory : Quake Wars est quand même un First Person Shooter. Leur feeling global est bon, et une vue ironsight apparaît d'une simple pression sur une gâchette pour une visée plus précise. Le jeu contient certes Quake dans son nom, mais c'est surtout pour l'univers, on est à des années-lumière du gameplay speed d'un Quake III Arena à base de rocket jump, plasma climb et autres tricks. Ici, les déplacements sont beaucoup plus lents, plus réalistes, et l'arsenal est moins létal, même si on n'échappera pas de temps en temps à un coup de railgun mortel venu de nulle part. Les armes Stroggs sont un peu particulières, puisqu'elles ne nécessitent pas de rechargement. Elles utilisent des cellules Stroyent, qui sont aussi convertibles en vie. Chaque classe bénéficie des plusieurs armes. Ainsi, un agresseur pourra choisir entre le destructeur, un lance-roquettes pouvant verrouiller et suivre une cible, ou l'hyperblaster, une sorte de gatling à plasma.

Test Enemy Territory : Quake Wars Xbox 360 - Screenshot 10Les cartes sont bien construites et offrent de multiples stratégies.

Tout cela est simple à paramétrer dans l'interface, très claire (elle a aussi été simplifiée par rapport aux deux autres versions). Un système de dialogues est accessible d'une simple pression sur la croix directionnelle (soulignons au passage la qualité des voix françaises). Bref, la prise en main est intuitive et rapide. D'ailleurs, le système d'expérience n'étant pas persistant (les compteurs sont remis à zéro à la fin de chaque campagne), le jeu évite les déséquilibres trop profonds entre anciens et nouveaux joueurs et se veut donc très accessible. Mais accessibilité ne veut pas dire simplicité, le gameplay reste très riche, stratégique, et pour les joueurs qui s'y investiront à fond la marge de progression est conséquente. Au final, entre les joueurs tout simplement en recherche de fun le temps d'une partie et les compétiteurs en quête de nouveaux défis à relever, Enemy Territory : Quake Wars s'adresse à un large public.

Test Enemy Territory : Quake Wars Xbox 360 - Screenshot 11Le fameux ornithorynque en action.

Pour finir, il faut aussi évoquer les véhicules. Côté Force de Défense Mondiale, ma préférence va toujours au tank Titan, à la fois résistant et très puissant. Il ne trouvera guère d'opposition dans le camp opposé, hormis face à un Cyclope, le mecha des Stroggs. Les pilotes aériens pourront choisir entre deux types d'hélicoptères, ou le persécuteur côté alien. On pourra également naviguer sur un ornithorynque (un bateau, pas l'animal issu d'une grosse blague de l'évolution). Des options variées donc, mais absolument pas prédominantes sur le champ de bataille : les tourelles anti-véhicules ou les soldats en viennent rapidement à bout. Ces différents appareils sont surtout utiles en début de partie dans les vastes étendues extérieures des cartes. En fin de partie, tout se joue dans les couloirs des nombreux bâtiments. Quake Wars reste un jeu d'infanterie. Certaines maps prennent des allures de véritable guérilla urbaine, comme l'excellent niveau Slipgate, qui commence en Afrique et se termine en Antarctique après le franchissement d'un portail. En conclusion, Enemy Territory : Quake Wars est donc un bon FPS multi, qui a tous les atouts pour convaincre les fans du genre.

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