EndWar

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Comme tout titre estampillé Tom Clancy qui se respecte, EndWar tente de mettre en avant un scénario relativement crédible. Inspiré de faits d'actualité bien réels mais gonflés pour l'occasion par les sinistres velléités d'une sombre extrapolation, le bébé d'Ubisoft nous invite à découvrir un monde rattrapé par l'horreur d'une Troisième Guerre mondiale. La guerre totale, celle qui les terminera toute. Une guerre qui se pratique à l'ancienne, à l'artisanale serait-on tenté de dire en dépit des technologies de pointes employées sur le champ de bataille. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que les missiles nucléaires intercontinentaux n'ont plus court. Rendue caduque par la mise en place d'un réseau global de satellites antimissiles développé conjointement par les Etats-Unis et l'Europe, l'arme ultime n'a plus qu'à rouiller dans des hangars enténébrés, vestige d'une époque révolue. Ecartée du chemin, la bonne vieille bombe ouvre donc la route à un nouveau conflit, de celui où les soldats s'affrontent face-à-face, les yeux dans les yeux.

Test EndWar Xbox 360 - Screenshot 64Observer la piétaille s'activer sur le terrain est tout simplement fascinant.

Mais pourquoi un tel déchaînement de violence vous demandez-vous sans doute ? N'est-ce pas une évidence ? L'énergie, le pétrole, moteur de nos sociétés modernes et qui se raréfie plus que jamais, notamment depuis que l'Arabie saoudite a sombré dans la guerre, cessant du même coup d'abreuver la planète de son précieux liquide noir. Et si la pénurie menace de faire s'effondrer la plupart des nations, il en est une qui y trouve son compte. Il s'agit de la Russie, riche de nombreux champs de pétrole encore inexploités, et qui recouvre peu à peu sa puissance à l'ombre d'un nationalisme exacerbé. Et cela alors que le reste du monde décline et dépérit. Conscients de la convoitise que ces ressources abondantes suscitent, les dirigeants russes auront d'ailleurs joué la carte de la militarisation outrancière, histoire de dissuader d'éventuels envahisseurs. Pour faire face, l'Europe s'est fédérée, sur le modèle des Etats-Unis, et aligne sa propre armée. Les Américains, de leur côté, voient d'un mauvais oeil la montée en puissance de ces nouveaux blocs. Traîtrises, terrorisme et machinations multiples enveniment encore la situation, au point qu'on se retrouve rapidement en pleine Troisième Guerre mondiale.

Test EndWar Xbox 360 - Screenshot 65Tout peut être réduit en miettes dans le fabuleux monde d'EndWar.

C'est ainsi que la première partie de la campagne solo visera à mettre en place les divers éléments qui conduiront à l'apocalypse. A l'issue de cette sinistre introduction qui vous enseignera les bases du commandement, vous devrez choisir votre camp. L'Amérique, puissance technologique et spatiale sur le déclin, l'Europe unie qui émerge en tant que véritable acteur planétaire, et la nouvelle Russie, qui ne manque de rien et peut donc se permettre d'aligner des tripotées d'unités aussi lourdes que suréquipées. Mais quelle que soit votre crémerie, sachez que vos ordres passeront par un bien étrange médium. Car voyez-vous, pour créer un véritable STR sur consoles, il était nécessaire de s'affranchir de certaines règles d'un genre qui est tout de même né sur PC. Sans souris, sans clavier, avec une pauvre manette entre les mains, le stratège a de quoi se sentir totalement désorienté. Mais comme indiqué plus haut, c'est en gardant cela à l'esprit que le jeu a été conçu, et s'il est possible de donner des ordres de base en combinant les touches, c'est en usant de votre voix que vous obtiendrez la victoire. L'idéal étant sans doute de combiner les deux.

Test EndWar Xbox 360 - Screenshot 66Voilà comment fonctionne le système de commandes vocales.

EndWar fait donc effectivement appel au micro-casque de la console. Il suffit en fait d'appuyer sur la gâchette droite de la manette pour ouvrir le canal de commandement, puis de donner ses instructions invariablement construites sur le modèle "Qui-Quoi-Où". Par exemple "Unité 1 sécuriser Point Alpha" ou "Unité 3 et 4, attaquez Hostile 7". La reconnaissance vocale est extrêmement précise, pour peu que l'on s'en tienne à l'arborescence mise en avant par le titre. On ne peut donc que s'incliner devant le travail fourni par les développeurs en la matière tant le système s'avère performant. En quelques parties, on finit par se prendre pour un véritable commandant en chef, aboyant nos ordres avec plus de véhémence qu'un sergent instructeur revêche. On aura d'ailleurs plaisir à voir que les unités obéissent promptement sans rechigner, les problèmes de pathfinding constatés sur les précédentes versions du jeu s'étant manifestement volatilisés. Et franchement, le fait de devoir directement donner des ordres à ses troupes et de recevoir des réponses crédibles, en fonction du contexte, permettent évidemment de renforcer l'immersion.

Test EndWar Xbox 360 - Screenshot 67Les points de contrôles désignés par des lettres vous permettront d'assurer votre supériorité.

Dans le même ordre d'idée, on constate qu'Endwar lorgne allègrement du côté de World in Conflict en ce qui concerne sa dimension spectaculaire. Malgré une plastique moins avantageuse que celle dont bénéficie le titre de Massive Entertainement, le soft nous permet néanmoins de profiter de jolies explosions et de belles animations. Les fantassins se planquent joyeusement lorsqu'ils subissent des tirs. On observe ces derniers capturer des points de contrôle ou pénétrer dans les nombreux bâtiments qui recouvrent les 25 cartes du jeu. L'artillerie s'oriente naturellement vers la proie qu'on lui aura choisi. Les chars se déplacent en colonne et se postent en ligne pour combattre. On comptera aussi sur une fenêtre latérale qui s'affichera ponctuellement pour montrer certaines séquences spécifiques, dans la plus pure veine des Ghost Recon Advanced Warfighter. Sollicitez un appui aérien et vous verrez le pilote intervenir dans ladite fenêtre. Bref, l'ambiance est là, d'autant que le design reprend avec élégance tout ce qu'on retrouve dans les titres Tom Clancy.

Test EndWar Xbox 360 - Screenshot 68A moins que l'adversaire ne dispose d'une charge nucléaire tactique...

Enfin, l'autre aspect qu'il convient de mentionner concerne la gestion de la caméra. En fait, à tout moment, il vous sera possible de fixer l'objectif à n'importe laquelle de vos unités ("Unité 1, caméra") puisque le jeu ne propose pas véritablement de vue d'ensemble du champ de bataille autrement que par une carte tactique postée dans un coin de l'écran (voire par l'intermédiaire de véhicules de commandement). Assez schématiquement, disons que vous ne pourrez vraiment voir que ce que vos hommes voient. Il est impossible de véritablement décoller la caméra de l'unité sélectionnée pour balayer librement le terrain. Déroutant au début, ce système s'avère en fait très cohérent. Et c'est ainsi qu'on comprendra rapidement l'importance de disposer d'hélicos dans son contingent, indispensables pour faire de la reconnaissance et identifier les menaces.

Test EndWar Xbox 360 - Screenshot 69Charger vos troupes dans des transports pour rejoindre plus rapidement les points chauds.

En termes de gameplay, Endwar fonctionne sur la formule du jeu de "pierre, feuille, ciseaux". On apprendra ainsi rapidement que les hélicos sont des tueurs de chars, qui eux, sont les prédateurs des transports, qui eux, aiment à vaporiser les trucs volants. L'infanterie elle, se distingue par sa capacité à se protéger dans des bâtiments et à capturer les points de contrôle sur lesquels nous allons rapidement revenir. Fusiliers, soldats antichars, transports, tanks, hélicos d'attaque, artillerie mobile et véhicules de commandement, voilà de quoi seront composés la douzaine de bataillons (au maximum) que vous mènerez au combat dans chaque partie. Si le faible nombre d'unités disponibles peut paraître rédhibitoire, sachez que chacune d'entre elles gagnera de l'expérience en solo et en multi. En échange d'un bon nombre de crédits (que vous remporterez en enchaînant les parties), vous pourrez alors octroyer des capacités supplémentaires à vos troupes les plus aguerries. Favoriser la défense, l'attaque, la mobilité, la discrétion, équiper vos troupes de contre-mesures ou de projectiles spéciaux, les options sont nombreuses.

Test EndWar Xbox 360 - Screenshot 70C'est online que tout se joue vraiment.

Vous prendrez alors garde à protéger vos unités lors des prochains affrontements, quitte à les faire détaler comme des lapins face à l'ennemi. Bref, ce système d'upgrade continue fonctionne fichtrement bien et prend tout son sens en multijoueur, véritable intérêt de Tom Clancy's Endwar. En effet, la campagne solo, même scénarisée, ne s'apparente finalement qu'à une vague répétition en vue d'affronter le reste du monde sur internet. S'il est possible de se livrer à quelques batailles anodines via la section partie rapide, on s'attardera davantage sur le mode Théatre de Guerre. Le bougre ne vise ni plus ni moins qu'à vous faire jouer encore et encore la Troisième Guerre mondiale. Basé sur des cycles d'environ 3 semaines, les joueurs choisiront leurs camps et viendront en découdre online, avec en trame de fond, une carte mondiale représentant l'évolution des différentes lignes de front. L'équilibre entre les différentes factions est maintenu quel que soit le nombre de participants et le mode finit par s'apparenter à un MMOSTR. Ainsi, si l'un des trois camps parvient à s'emparer d'une zone riche en ressources, tous les joueurs évoluant sous l'étendard de ce camp bénéficieront par exemple d'un bonus de renfort pour toutes les parties suivantes.

Test EndWar Xbox 360 - Screenshot 71Poster vos fantassins dans un bâtiment permet de profiter de nombreux avantages.

Les parties multi peuvent accueillir jusqu'à seize participants et sont de quatre types différents : Conquest, Assault, Raid, Siege. Le mode Conquest tient à l'obtention et à la maîtrise de différents points définis sur la carte, les fameux points de contrôle que seule l'infanterie est en mesure de conquérir. En prendre un, c'est obtenir des points de commandement supplémentaires et, donc, pouvoir appeler de nouvelles unités à la rescousse. Mais attention, dans ce mode comme dans les autres, les renforts sont limités. Mieux, vous pourrez ordonner à votre piétaille d'upgrader un point de contrôle afin de bénéficier de soutien tactique : frappe nucléaire locale, raid aérien, piratage d'un point de contrôle ennemi, à vous de voir. En Assault, pas de points à conquérir, il s'agit juste d'éliminer l'adversaire. En Raid, l'attaque se concentre sur une série de structures précises afin de priver l'adversaire de ses ressources. Le Siege quant à lui tourne autour de l'attaque par une équipe d'un point donné que l'autre groupe tente de défendre. Autant de moyen de s'étriper dans la joie et la bonne humeur.

Au final, Tom Clancy's EndWar s'impose comme le premier véritable jeu de stratégie sur console. Fun, ultra-rapide, soutenu par un système de jeu très bien pensé et bien plus riche qu'il n'y paraît, le titre s'avère parfaitement calibré pour son support. Nous vous donnons donc rendez-vous sur le net pour décider ensemble de l'issue de la Troisième Guerre mondiale.

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