Dead or Alive 4

Dead or Alive 4

Que ceux qui en doutaient se rassurent, Kasumi ne les a pas abandonnés lâchement à un sort peu enviable, confrontés à une réalité bien moins exotique. Vecteur d'un véritable phénomène de société, la jolie japonaise de DOA 4 est en quelque sorte le chef de file du renouveau de la série qui l'a vu naître. Car, à défaut de proposer une véritable révolution ludique, le soft prend le pari d'innover au sein même de ce qui fait sa force, à savoir son gameplay atypique. Pour les non-initiés, la saga de Tecmo a toujours réussi à se démarquer par une approche des combats assez spéciale, misant son dynamisme sur des contres fulgurants et un système de combo ne laissant aucune part à une concentration défaillante. On retrouve donc ici cette particularité poussée dans ses derniers retranchements, visiblement fière d'inaugurer la nouvelle génération. En effet, le premier aspect qui surprend lors des rixes demeure ce rythme furieux et intransigeant que l'on ne peut apercevoir normalement que dans le monde des jeux de baston 2D. Après des épisodes 2 et 3 assez poussifs malgré des enchaînements détonants, Dead Or Alive 4 sort de sa somnolence relative pour secouer le joueur et lui crier haut et fort que la contemplation passe désormais en second plan. C'est donc étonné par ce changement de direction mordant que l'on pénètre plus profondément dans les méandres du soft afin d'en découvrir les subtilités. Un voyage particulièrement enrichissant, notamment en ce qui concerne les modifications habilement dissimulées du système de contre. Intuitif et éminemment accessible dans les opus précédents, ce dernier conserve sa facilité d'appréhension tout en devenant toutefois bien plus "sauvage". Répondant de façon stricte et hautement rigide à un timing ultra précis, les contres s'avèrent désormais peu aisés à sortir, vous demandant une attention de tous les instants et une réponse quasi immédiate à la moindre esquisse d'assaut. De fait, et même si pour le coup les chorégraphies se révèlent moins hachées, on peine sérieusement à aboutir à un fonctionnement totalement cohérent à l'aide des contres. Devenant de ce fait plus austère, voire plus technique, le jeu de Tecmo perd un tantinet son aspect ouvertement festif pour un côté spectaculaire et hargneux.

Test Dead Or Alive 4 Xbox 360 - Screenshot 52Le mode vous permettant de revoir vos combats vous offre la possibilité de vous rendre compte du travail graphique

Pourtant, et mis à part cette évolution des contres à la portée discutable, le titre suit religieusement la ligne de conduite de ses fameux aînés. Certes plus nerveux et superbement impulsif, il n'en reste pas moins critiquable au niveau de la gestion des combinaisons de coups, sorte de fatalité s'abattant sur le joueur innocent. Pour résumer la situation, s'il vous arrive de subir un enchaînement de 7 ou 8 frappes, il vous sera pratiquement impossible de vous en extirper avant d'en voir le bout et de mordre le sol sans conviction. Une habitude assez dérangeante qui pousse à maudire une I.A extrêmement agressive dès le niveau de difficulté normal, ne vous offrant que peu d'alternative de combat. Il est sincèrement dommage de ne pas disposer de breaks offrant une dimension supplémentaire et permettant surtout de briser une frustration naissante au gré des affrontements. Cependant, on suit ce chemin pavé de pugilats avec grand plaisir, progressant avec envie de duel en duel, avide de cette sensation d'adrénaline ébouriffante. Mais est-ce suffisant pour faire d'un jeu de combat une référence ? Il semble bien que non. En effet et même si ce plaisir s'incruste en nous, il s'évanouit relativement vite devant les défauts énoncés ci-dessus et laisse une impression mitigée. Nous sommes évidemment devant une évolution salvatrice de la série, mais on attend encore les véritables nouveautés qui lui permettront de passer un palier. Heureusement, on se console lestement avec la galerie d'attaques singulièrement impressionnante associée à chaque personnage, offrant une variété dans les mouvements et une "plastique" combative fascinantes.

Test Dead Or Alive 4 Xbox 360 - Screenshot 53Ah, ça c'est classe ! En plus je suis sûr qu'au fond il aurait voulu être musicien

Un adjectif qui pourrait d'ailleurs s'appliquer avec justesse à la qualité graphique du jeu, allant même jusqu'à être bluffante au creux de certains environnements. Profitant avec joie des capacités de la Xbox 360, Dead Or Alive 4 nous offre une véritable ouverture technologique faisant prendre conscience de l'arrivée de la nouvelle génération vidéoludique, de la même manière que l'ont fait Kameo ou encore Project Ghotam Racing 3. Si on remarque encore quelques enchevêtrements de polygones lors de certaines prises et quelques textures de moyenne qualité dans un nombre réduit de tableaux, l'ensemble du soft mérite le respect tant il offre une adéquation entre le photo-réalisme des décors, la représentation des matières textiles, et surtout l'animation. Rarement des combattants ont bougé de manière si fluide, sublimés par une décomposition des mouvements purement stupéfiante. Un étonnement qui ne fait que s'étendre avec la vision de niveaux prenant place au sein d'une vallée arrosée d'une cascade merveilleuse ou encore dans un Kyoto baigné de pétales de fleurs de cerisiers blancs. Un émerveillement réel qui a toutefois tendance à côtoyer des visages peu expressifs et quelques destinations bien moins convaincantes, comme énoncé plus haut. Néanmoins on se laisse prendre sans mal à ce voyage onirique et l'on parcourt le soft le sourire aux lèvres en espérant découvrir des terres encore inconnues. En effet, cet opus conserve le passionnant système des aires de combat à plusieurs niveaux, vous autorisant à passer de l'une à l'autre de différentes manières. Il vous arrivera donc de projeter votre ennemi ou d'être vous-même projeté à travers une vitre vous conduisant à atterrir violemment dans une salle annexe auparavant invisible. Jouant dans la cour de l'aspect clairement spectaculaire véhiculé par DOA 4, ce fonctionnement amène également une dynamique exceptionnelle et une lecture cinématographique non négligeable.

Test Dead Or Alive 4 Xbox 360 - Screenshot 54Voici l'image obligatoire pour contenter tout le monde. Merci qui ?

Pourvu une nouvelle fois d'un système d'enregistrement de vos performances physiques, le soft de Tecmo vous donne l'occasion de revoir vos plus beaux affrontements afin d'entretenir un côté narcissique difficilement dissimulable. Vous pouvez vous complaire de ralentis, d'arrêts sur image, de gros plans et d'autres pirouettes de montage qu'il vous incombe de prendre en main. Un moyen sûr de revoir ses erreurs ou de simplement admirer les chorégraphies et les postures. A côté de cela, les vieux modes font de la résistance un peu trop active, semblant ignorer le désir de changement des joueurs. On retrouve du coup les célèbres Time Trial, Survival et Story, heureusement accompagnés d'un mode online assez riche et intéressant malgré sa carence d'originalité. Si le classicisme est définitivement au rendez-vous, vous parviendrez tout de même à trouver dans Dead Or Alive 4 de quoi vous occuper quelques journées si tant est que vous cherchiez à dénicher des costumes inédits et surtout à maîtriser ne serait-ce qu'un personnage, ce qui est déjà une lourde tâche. Au final donc, et malgré une réalisation de haute volée, un gameplay tourbillonnant et prenant profondément, DOA 4 souffre de son manque d'évolution notable et de ses quelques lacunes héritées de ses ancêtres. Variant les plaisirs, offrant enfin des décors à l'interactivité éminemment poussée, ce dernier aurait pu facilement créer une vague de contentement. Mais ce n'est malheureusement pas le cas, se plaçant "seulement" dans la classe des très bons jeux. C'est Kasumi qui ne va pas être contente.

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