Beautiful Katamari

Beautiful Katamari

Comme l'or, l'originalité se fait si rare qu'il est difficile de ne pas tomber sous le charme lorsqu'on en aperçoit quelques gouttelettes, sur le feuillage d'un arbre dans Viva Pinata ou en farfouillant un peu sur le Xbox Live Arcade. Beautiful Katamari, en digne héritier du premier jeu sorti sur PS2 il y a de cela bien des lunes, en offre des wagons entiers. Et si la formule paraîtra un petit peu éculée à ceux qui auront déjà tâté du Katamari sur d'autres machines, le joueur Xbox 360 lambda lui, en sera pour un étonnant voyage dans le délire le plus complet. Un délire qui transparaît dès les premières secondes de jeu, alors que l'histoire nous est contée par le biais de quelques images psychédéliques, pleines de personnages bigarrés et affublés d'étranges appendices de part et d'autre du crâne. Allez hop, on congédie la routine, on piétine la logique, on oublie les scénarios surannés remplis de lieux communs et de space marines pour venir serrer les paluches du roi du Cosmos. Le bonhomme, fier comme un "bar tabac" flambant neuf, est en pleine partie de tennis et cherche à démontrer sa toute puissance en lâchant un coup droit souverain. Et là c'est le drame, car le geste est si parfait, le coup si puissant que la balle s'envole vers le vide spatial et y génère un colossal trou noir, plus vorace qu'un aspirateur Dyson.

Test Beautiful Katamari Xbox 360 - Screenshot 66Petit Katamari deviendra grand. Quand on vous dit que la taille, ça compte.

Comme toute bonne déchirure de la voûte céleste qui se respecte, l'impétueux trou noir se met à aspirer planètes et étoiles dans un joyeux tourbillon. Le roi du Cosmos décide donc de dépêcher son fils, le Prince du ciel, et son Katamari, sorte de boule de pétanque adhésive, afin qu'il collecte suffisamment de matière sur la Terre pour créer des astres de remplacement ainsi qu'un bouchon géant, capable de refermer le trou noir. Vous ne comprenez rien ou presque, c'est normal. Jetez donc un oeil aux screens qui ornent cette page pour essayer d'y voir un peu plus clair. Voilà, c'est fait ? Alors reprenons. En tant que Prince, votre objectif consiste donc à faire rouler une balle collante dans des niveaux tortueux afin de collecter un maximum d'objets. Si votre boule n'a pas plus d'un centimètre de diamètre au début et n'est donc capable de récupérer que de la petite monnaie, des gommes, des punaises ou des bonbons, elle grossira rapidement avec chaque nouvelle "acquisition" jusqu'à pouvoir emmagasiner des vélos, des gens, des voitures, des éléphants, des bateaux, des maisons, des immeubles, des nuages, et même dans le dernier monde du jeu, des continents entiers.

Test Beautiful Katamari Xbox 360 - Screenshot 67Ici, il s'agit de récolter des sources de chaleur, un peu comme Wayne dans Lost Planet...

Ca fait tout de même envie n'est-ce pas ? Cela dit, il ne sera pas toujours question d'amasser le plus de matos possible sans discernement, et au concept de base se grefferont parfois quelques objectifs spéciaux, comme la nécessité de récupérer des objets chauds afin de recréer Mars. A vous alors de rouler sans cérémonie sur des hamburgers brûlants, des plats micro-ondables, des feux de camp et autres joyeusetés tout en évitant les glaces, les bonhommes de neige, les pompiers et les rivières. Beautiful Katamari, à l'instar de We Love Katamari (seul épisode PS2 à avoir vu le jour de notre côté du globe) distille habilement les variations et nous maintient scotchés à l'écran, comme l'une des multiples victimes de la boule dévoreuse. Simple mais accrocheur, le système de jeu ne s'embarrasse même pas des petits boutons colorés que les autres softs, tout ambitieux qu'ils sont, s'évertuent à nous faire martyriser. Car pour diriger votre bouboule, il suffira simplement de triturer le deux sticks de la manette : poussez simultanément les deux petits bouts de plastique en avant pour la faire partir en avant, et en arrière pour la faire reculer. Jusque-là, rien de bien compliqué. Tourner en revanche vous demandera quelques courtes minutes de pratique puisqu'il s'agira là de positionner un stick vers l'arrière et de pousser son congénère en avant. En fait, tâter du Katamari revient à piloter un char d'assaut (en plus rondouillard cela dit), et il faudra donc jouer des chenilles pour faire pivoter la bête.

Test Beautiful Katamari Xbox 360 - Screenshot 68Le petit fief du Prince fait office de menu de sélection des niveaux.

En quelques minutes, plus rien ne vous résistera et vous serez à même de chambouler tous les niveaux du jeu. A moins bien sûr que la caméra, toujours aussi récalcitrante, ne vous plonge dans les affres de la frustration. Très mal gérée, cette dernière a souvent tendance à se coincer dans les décors. Certes, il n'était sans doute pas facile de développer un système cohérent lorsque le principe même du titre revient à destructurer continuellement l'environnement, mais tout de même, nous aurions apprécié un petit peu de soin de ce côté-là. Autre sujet de grief, la durée de vie du mode solo qui n'excède pas 4 ou 5 heures. Evidemment, l'idée est que si vous accrochez au concept, vous tenterez encore et encore les mêmes niveaux afin d'améliorer votre score, mais là encore, un petit peu plus de contenu n'aurait pas été de trop. Heureusement, le titre ne va pas sans quelques ajouts salvateurs qui je n'en doute pas, inciteront les boulimiques de Katamari à continuer de jouer. Pour mieux décrire ces éléments, filons directement vers le petit "royaume" qui fait office de menu. Dans ce monde, vous pourrez naviguer de planète en planète et ainsi accéder aux différents niveaux débloqués (qu'on pourra alors parcourir en mode Time Attack). Vous pourrez également y consulter votre collection de cadeaux (obtenus en complétant vos objectifs et en les découvrant dans les décors du jeu).

Test Beautiful Katamari Xbox 360 - Screenshot 69Parti d'un petit ballon, me voici maintenant en train de m'emparer de continents entiers.

Enfin, les amateurs de multi y découvriront une option coopération, jouable localement, et qui aura bien du mal à les convaincre. Et pour cause, en lieu et place d'un mode classique dans lequel chaque joueur manipulerait son propre Katamari, on se retrouve avec une seule bouboule et un stick chacun. A moins de fusionner avec votre collègue, vous aurez donc toutes les peines du monde à arriver à quoi que ce soit. Comme quoi, l'originalité ne paie pas à tous les coups. Heureusement que l'on pourra compter sur un mode Battle dans lequel les joueurs devront collecter des objets spécifiques tout en fonçant sur l'adversaire tel un chevelu Chabal pour lui faire perdre un peu de son embonpoint. Ce mode, en plus d'être praticable à 2 sur une même console, pourra également être joué à 4 sur le Xbox Live. Soutenu par un bon petit nombre d'options de configuration, ce mode online se montre très divertissant, et ce malgré quelques méchantes saccades. Quant aux amateurs de high-scores, il auront de quoi satisfaire leur soif de reconnaissance en naviguant dans le cosmos de leaderboards extrêmement détaillés. En bref, Beautiful Katamari se pose en véritable bol d'air frais dans une ludothèque qui malgré quelques rares pépites, se confine et se limite à des titres mainstream pleins de fusils, de ballons et pneus qui crissent. Le jeu ne plaira évidemment pas à tout le monde, mais il mérite le coup d'oeil, et plus si affinités. Ode à l'originalité, Beautiful Katamari séduira tous ceux qui cherchent désespérément un peu d'originalité sur la grosse boîte blanche.

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