Battlefield : Bad Company

Battlefield : Bad Company

Plus habituée aux jeux multijoueurs qu'aux campagnes solos efficaces, l'équipe de DICE a pris un drôle de pari avec Battlefield Bad Company : mélanger deux expériences de jeu, le solo et le multi, en recouvrant le tout d'une bonne dose de second degré. Au coeur d'une guerre fictive opposant les Etats-Unis et quelques pays de l'est, la Bad Company est une unité de rebuts de l'armée, des types à qui on a donné le choix : intégrer la compagnie B pour devenir de la chair à mortier, ou filer droit en cour martiale. C'est votre cas à vous, Preston Marlow, venu rejoindre les 3 autres sociopathes. Ces petits gars ne font pas la guerre pour servir leur patrie ou pour sauver le monde ou encore pour l'honneur, ils la font parce qu'on ne leur a pas vraiment laissé le choix. Du coup, lorsqu'ils tombent sur une bande de mercenaires que l'on paie à coups de lingots d'or et qu'ils se voient une fois de plus menacés d'un passage en court martiale après que l'un d'eux ait accidentellement envahi un pays neutre à lui seul, les voilà déserteurs et en quête d'or massif. Vous l'aurez compris, le ton est plutôt léger et il y a un petit quelque chose du film De l'Or pour les Braves dans tout ça. On suivra donc les pérégrinations de cette joyeuse bande, parfois en souriant, éventuellement en riant, un peu, à condition d'adopter l'humour bien potache de Bad Company.

Test Battlefield : Bad Company Xbox 360 - Screenshot 59Donc avant ici, il y avait des murs.

Une condition essentielle pour bien entrer dans le jeu lui-même et lui pardonner au passage quelques défauts. Vous n'aurez certainement pas échappé à la campagne de communication du jeu, vous savez donc qu'elle est sa principale feature : la démolition massive de décors. Ne cherchez donc pas de fonction "ouvrir la porte", en général, quand on veut entrer quelque part, on fait un trou avec un lance-grenades. Le fait est que ce système fonctionne à merveille, une fois un affrontement commencé, le village ou le camp que vous aurez investi ressemblera à un véritable champ de ruines. Les maisons sont éventrées, les arbres déracinés, les routes plombées, les poteaux électriques arrachés. Evidemment, pour enfoncer le clou, les grenades, roquettes, explosifs et autres détournements de tirs d'artillerie ennemis sont secondés par une myriade de bidules explosifs, à un niveau qui en devient caricatural. Il faut reconnaître que cette surenchère est finalement bienvenue puisqu'elle nous fait évoluer au milieu d'un chaos sans nom et une fois qu'on a un peu débranché son cerveau, c'est plutôt rigolo. Voir sa progression interrompue par un tir de canon qui fait s'effondrer une demi-forêt autour de soi, ça met dans l'ambiance, mais le plus drôle c'est quand on rend la pareille ou que l'on se fraie un chemin en défonçant un mur d'enceinte.

Test Battlefield : Bad Company Xbox 360 - Screenshot 60Vous aurez même droit à un longue promenade en hélico.

Néanmoins, il faut nuancer un peu le degré de destruction autorisé par le jeu. La chose a en effet ses limites, justifiables soit pour des raisons techniques, soir pour des questions de gameplay. Ainsi, ne pensez pas raser intégralement un bâtiment, certains murs, que l'on appellera "porteurs" pour faire comme si on s'y connaissait en maçonnerie et aussi parce qu'on n'a pas idée d'appeler un mur Jean Louis, sont indestructibles. En somme, vous pouvez faire des trous, voire détruire tous les murs extérieurs, mais une partie de la charpente maintiendra le tout en place. Autre limite, qui pourrait en faire tiquer plus d'un, si les explosifs mettent le décor à mal, ce n'est pas le cas des balles qui du coup ne passent pas à travers les parois en bois par exemple. Agaçant au départ, ce choix s'explique finalement quand on voit le rythme du jeu et la tendance de l'I.A. ennemie à toujours savoir où vous êtes.

Test Battlefield : Bad Company Xbox 360 - Screenshot 61Certaines zones sont un paradis pour sniper, le port en particulier.

Globalement, le principe du jeu lors des combats évoque un peu une partie en multijoueur. Vous débarquez dans une zone plus ou moins vaste et gavée d'adversaires. En substance, c'est un peu comme évoluer d'une carte multi vers une autre, rassemblées sur un terrain de jeu ouvert permettant d'adopter de multiples approches. Toutes étant remplies de points de ravitaillement où l'on pourra refaire le plein ou changer d'arme. Et très vite, le rythme s'emporte, inutile de tenter d'approcher en furtif, ce n'est pas le but, l'idée est plutôt de réussir à dégommer tout le monde en prenant un minimum de coups, donc en se mettant à couvert et en trouvant un bon angle avant de commencer à faire des trous dans les murs pour avancer. Une fois pris dans un combat un peu ardu, on comprend pourquoi les balles ne passent pas à travers les murs, simplement parce que, sinon, le jeu serait complètement impraticable. Ce qui est en revanche plus énervant, c'est de constater que l'I.A. n'a que faire des 3 types qui se trimballent avec vous et n'a d'yeux que pour vous. Impossible ou presque à prendre par surprise, une fois qu'elle vous a vu, vous pouvez faire autant de tours et de détours que vous le voulez, elle ne vous lâchera pas, ce qui peut parfois se révéler fort contrariant lorsqu'on fait face à 3 mitrailleuses fixes blindées et qu'on manque de grenades. C'est à ce moment précis que l'on réalise que les alliés n'ont en fait aucune utilité autre que cosmétique. Pour preuve, l'ami Haggard traîne constamment avec lui un lance-roquettes, ne comptez pas pour si peu sur le bonhomme pour dégager un char d'assaut. Ce sera à vous de trouver de quoi faire le ménage. Un peu frustrant il faut le reconnaître, mais on s'en remet.

Test Battlefield : Bad Company Xbox 360 - Screenshot 62Voilà qui résume assez bien l'esprit général du jeu.

Battlefield Bad Company ne risque donc pas de vous rendre plus intelligent, au contraire. Pourtant, on évitera tout de même de trop foncer tête baissée, eut égard à cette fameuse I.A. très en colère, ne serait-ce que parce qu'on aurait tort d'oublier que même à couvert, on a tôt fait de voir le pan de mur qui nous protège voler en éclats. Et puisque ça bastonne sévère, DICE a choisi un système de soin particulier. Virtuellement, vous êtes invincible puisqu'il suffit de s'injecter une dose d'adrénaline lorsque votre santé tombe à plat. Mais vu qu'il est fréquent que l'on n'ait pas le temps de le faire, en cas de décès, on respawne simplement un peu plus loin, frais comme un gardon et bon pour une petite marche avant de reprendre les choses là où on les avait laissées. Dans l'idée ça ressemble un peu au système adopté par Bioshock. Un pis-aller pour contrer la confusion qui règne dans le jeu ? Sans doute oui, mais quoi qu'il en soit, à persister dans ses erreurs, on ne fera que revenir en arrière sans jamais avancer.

Test Battlefield : Bad Company Xbox 360 - Screenshot 63Quand on vous dit que l'IA est loin d'être parfaite...

On admettra donc que la campagne solo est un brin plombée par quelques défauts, pourtant on a vite tendance à les pardonner pour s'adonner au jeu sans trop chercher la petite bête. Outre son côté bourrin assez fendart, il faut encore signaler son ambiance sonore efficace. Les radios diffusant de la musique, souvent décalée ou désuète, dans les véhicules donnent un côté "Vietnam" au jeu pendant que les ennemis doublés en russe nous rappellent où l'on se trouve. Enfin, on ne peut que s'incliner devant les effets sonores liés aux armes. Distance, écho, résonance en intérieur, tout y passe et avec maestria. De surcroît, DICE met à disposition du joueur une bonne quantité d'armes assez variées.

Test Battlefield : Bad Company Xbox 360 - Screenshot 64En multi, le combat se fait rude pour les caisses d'or.

Toutefois, si on apprécie ce Bad Company, ce n'est pas seulement parce que le studio a finalement réussi à boucler une campagne pourvue d'un gameplay simple mais "rafraîchissant" mais également parce qu'ils n'ont pas oublié le multijoueur. Ici encore, les choses sont simples puisqu'on ne trouve qu'un seul mode sur 8 cartes. D'un côté, nous avons les défenseurs chargés de protéger leurs caisses d'or, de l'autre, les assaillants qui vont tenter de les trouver et de les ouvrir soit en tirant dessus soit en plaçant une charge dessus. Plus ils gagnent d'or, plus ils peuvent obtenir de renforts. On retrouvera d'ailleurs les classes devenues habituelles dans la série. D'une certaine manière, on y verra une variation sur le thème des Battlefield originaux. La chose fonctionne plutôt bien mais on espère voir arriver quelques nouvelles maps assez rapidement, en souhaitant évidemment que ce nouveau contenu ne soit pas proposer à un tarif insensé.

En somme, Battlefield Bad Company n'est certainement pas ce qu'on appelle un titre triple A mais reste un excellent divertissement, un défouloir qui ne se prend pas au sérieux en solo et qui ne manque pas de répondant en multi.

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