Escape from Bug Island

Escape from Bug Island

Je ne suis pas de ceux qui grimpent sur les tables lorsqu'une petite araignée vient leur chatouiller les doigts de pieds, mais de là à dire que j'aime les insectes, il ne faut pas exagérer non plus. J'éprouve donc comme la plupart des gens une sorte de léger dégoût à la vue de certains spécimens à mandibules. Par contre, si vous êtes sujet à une phobie quelconque concernant les insectes, Escape From Bug Island pourrait bien vous surprendre, voire même vous dégouter sur bien des points. Disponible depuis pas mal de temps au Japon sous le nom de Necro Nesia, le titre était déjà passé inaperçu au pays du Soleil-Levant. L'histoire est on ne peut plus classique et relate les péripéties de trois jeunes en excursion sur une île réputée pour ses insectes. Des bestioles pas vraiment comme les autres vu leur taille anormalement élevée et leur penchant malsain pour la chair humaine. Vous incarnez un des deux jeunes hommes, Ray, qui ne tardera pas à se retrouver seul et livré à lui-même. La soirée de feu de camp se transforme alors rapidement en cauchemar. Un cauchemar velu, pourvu de multiples pattes et de quelques antennes...

Test Escape From Bug Island Wii - Screenshot 40La beauté des graphismes n'a d'égal que la magnificence de la bande-son (c'est dire...).

Si Escape From Bug Island tente indéniablement de se donner un style, l'atmosphère n’est parfois pas suffisamment oppressante pour immerger réellement le joueur dans l'histoire. A titre d'exemple, les mantes religieuses effectuant des bonds sur place en écartant les pattes ne sont pas crédibles. Mais peut-être que cet effet est voulu pour cette production aux allures de série B. De même, la lenteur du personnage principal empêche de progresser à un rythme convenable et ne vous offre que très peu de chances de fuir face à un groupe de bestioles affamées. Le bestiaire est plutôt bien fourni, mais les animations paraissent dépassées et décrédibilisent bien souvent les créatures ennemies. Le contrôle du personnage s'effectue en combinant la traditionnelle Wiimote au Nunchuk. Ainsi, si le stick analogique vous servira essentiellement à vous déplacer, il vous faudra agiter la Wiimote pour réaliser certaines attaques à l'arme blanche, dosées suivant la puissance avec laquelle vous agiterez la télécommande. En maintenant la touche A, une visée en vue directe peut être envisageable. Mais celle-ci vous laisse alors particulièrement vulnérable aux ennemis qui vous affrontent en troupe. Bizarrement, il apparaît alors comme beaucoup plus difficile de terrasser un mille-pattes d'une cinquantaine de centimètres, qu’une mante religieuse de deux mètres. La faute à une prise en main vraiment pas pratique et parfois même carrément mal pensée.

Test Escape From Bug Island Wii - Screenshot 41Et en plus, le jeu est ennuyeux.

Certaines idées étaient pourtant sympathiques, mais au final, le faible budget alloué au projet semble avoir eu définitivement raison de l'originalité des créateurs. Les fonctionnalités de la Wiimote sont prévues en grand nombre, mais ne parviennent jamais à réellement surprendre ou alors souffrent d'une certaine rigidité. Très peu de cinématiques sont présentes et seulement quelques rares phases de dialogues viendront briser la monotonie dans laquelle se retrouve plongé le héros. La bande-son est pauvre et les actions demandées ne volent pas bien haut. Résultat, on se déplace de zone en zone sans vraiment savoir où l'on se dirige et pourquoi. On rencontre des insectes que l'on s’amuse, faute d'insecticide, à trucider, puis on se dirige vers le lieu suivant. Exclusivement jouable en solo, l'aventure s’épuisera bien vite pour tous les courageux qui auront la patience d'aller jusqu’au bout de cette production fade. Comptez donc 6 ou 7 heures au maximum pour entrevoir la séquence de fin de cet Escape From Bug Island.

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