Emergency Heroes

Emergency Heroes

C'était courageux de la part d'Ubisoft de mettre un peu de côté la violence de son Assassin's Creed et de ses Prince of Persia pour rendre un hommage vidéoludique aux services de secours publics. Ca nous change des torrents d'hémoglobine habituels et des cris des innocents que l'on peut trucider virtuellement, simplement pour le fun. Car voyez-vous, pousser des gens sous des trains ou griller des civils au lance-flammes, on trouve ça amusant de nos jours. Le succès planétaire de GTA est là pour nous le rappeler et ses chiffres de ventes sont sans équivalent dans l'histoire de l'entertainment. Banalisation de la violence ? Manque d'éducation ? Perte des repères fondamentaux indispensable à toute civilisation ? Nous n'allons pas nous étendre sur la question mais nous formulons un voeu : que les éditeurs arrêtent la surenchère dans le domaine de la violence. En toute sincérité, il est largement plus passionnant et constructif de se battre pour sauver des vies que de passer des dizaines d'heures à massacrer des Allemands, des piétons, ou des innocents. Rien à voir avec la morale, il s'agit simplement d'un constat de bon sens. Pourtant, dans la vraie vie comme dans les jeux vidéo, il ne suffit pas d'avoir de bonnes intentions pour bien faire. Emergency Heroes en est la preuve éclatante.

Test Emergency Heroes Wii - Screenshot 18Qui n'a jamais rêvé de conduire un camion de pompier ?

Si vous aviez toujours rêvé de conduire des camions de pompiers, des ambulances ou des voitures de police, vous auriez facilement pu vous laisser tenter par ce titre arcade à la conduite rafraîchissante. Les sensations de vitesse sont bonnes et le pilotage à la Wiimote ne pose pas problème, surtout si on a sous la main un accessoire en forme de volant. Les différents véhicules que l'on débloque au fur et à mesure de la progression sont nombreux (48 en tout). Ils disposent de caractéristiques bien précises ainsi que d'un turbo. L'action se déroule dans une ville en 3D ravagée par la délinquance et le crime. Alors que le groupe d'intervention Emergency Heroes avait réussi à restaurer l'ordre, voilà que de sinistres individus s'en prennent directement à leur QG avant de semer la zizanie en ville. Piètrement modélisée, cette dernière offre tout de même l'avantage de nous faire évoluer dans un milieu ouvert. Dans la peau de Zack, un jeune secouriste recruté par les prestigieux urgentistes, le joueur doit faire son possible pour ramener le calme dans la ville et sauver des vies. Grâce à son détecteur de sinistres, il lui suffit de sélectionner un point sur la carte pour que des flèches le guident jusqu'aux lieux nécessitant une intervention. Chemin faisant, il peut encore opter pour une autre mission en s'arrêtant directement à son emplacement en ville (comme dans Burnout Legends ou Test Drive Unlimited). Un système de jeu plutôt intéressant qui laisse le joueur libre de se balader dans les rues pour débloquer des bonus entre deux boulots. Malheureusement, tout le potentiel d'Emergency Heroes est complètement gâché par la vacuité et la répétitivité de ses missions, ennuyeuses à mourir.

Test Emergency Heroes Wii - Screenshot 19Les courses-poursuites sont les seules missions dignes d'intérêt.

Limitées à quatre types seulement, ces dernières se ressemblent toutes les unes les autres. Si ce n'était les quelques changements de décor, on aurait l'impression de refaire cinquante fois la même. Globalement, il s'agit toujours de rouler à fond les manettes sur des circuits encombrés d'un fatras de polygones mal dessinés pour sauver des gens, éteindre des feux ou déblayer des barrages. Le gameplay est creux à faire peur. En gros, on doit passer quelques checkpoints pour aller chercher une victime, appuyer sur A pour éteindre des incendies et foncer dans des barrages pour les démanteler. Seules les courses-poursuites en voiture de police s'en sortent un peu mieux. La réalisation est tellement pauvre, tellement bâclée, qu'on ne sait parfois même plus où va la piste ni quelle direction on doit prendre. La difficulté des épreuves est quasi-nulle, le réalisme est absent, et surtout on ne s'amuse pas. C'est d'autant plus triste que ces missions sont introduites et illustrées en direct par des commentaires très bien interprétés et souvent drôles. De célèbres doubleurs français ont d'ailleurs été recrutés pour assurer le spectacle comme Damien Boisseau (Matt Damon), Benoit Allemane (Morgan Freeman), ou Laura Blanc (Jennifer Gardner)... Que du beau monde ! A se demander ce qu'ils sont venus faire dans cette galère. Et nous aussi par la même occasion. Avec plus de soin, Emergency Heroes aurait enfin pu proposer une expérience pleine d'adrénaline garantie sans flingues ni zombies. Une autre fois, peut-être...

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