Pirates des Caraibes : Jusqu'au Bout du Monde

Pirates des Caraibes : Jusqu'au Bout du Monde

Avec la sortie du troisième segment cinématographique de Pirates des Caraïbes, nombreux sont ceux qui seront probablement tentés de s'essayer à l'une des adaptations officielles en jeux vidéo. Il est donc important de signaler que les épisodes PS3 et Xbox 360 sont totalement différents des autres versions proposées, et surtout qu'ils se révèlent un cran au-dessus à tous les niveaux. La réalisation n'est d'ailleurs absolument pas comparable et surprend dans le bon sens du terme, puisqu'un soin tout particulier semble avoir été mis à la fois dans la conception des décors et dans la modélisation et l'animation des personnages. On découvre ainsi un Jack Sparrow tout aussi charismatique que dans le long-métrage, avec ses attitudes déjantées et sa classe d'escrimeur hors pair, relayé tantôt par l'intrépide Will Turner, tantôt par Elisabeth Swann, sans oublier l'intervention tardive du capitaine Barbossa.

En matière de gameplay, le soft prend le contre-pied des autres versions et se détache de l'archétype du beat'em all en élargissant un peu la panoplie de mouvements proposés. Dans l'ensemble, si on note moins d'interactions possibles avec le décor, le fait de pouvoir simplement sprinter ou sauter accroît déjà grandement les possibilités d'action. La progression n'est pas avare non plus d'acrobaties à la Prince of Persia, avec prise d'impulsion permettant d'escalader les parois, course verticale sur les murs suivie d'un saut de cabri pour se hisser en hauteur, passages en équilibre sur des corniches friables et autres franchissements de poutres vermoulues au-dessus du vide. Certaines séquences vous autoriseront même à glisser le long des voiles en les déchirant à l'épée, ce qui ne laisse plus aucun doute sur l'impact du titre d'Ubisoft sur les concepteurs de ce Pirates des Caraïbes. Cette approche a d'ailleurs le mérite de rompre avec la monotonie des combats et constitue l'un des meilleurs aspects du jeu, comme l'illustre assez bien la scène de l'abordage du Hollandais Volant via l'escalade des gréements.

D'autres bonnes idées se retrouvent cette fois dans la conception des combats, puisqu'on peut dans cette version alterner entre les frappes au sabre et à mains nues pour varier ses enchaînements. Le fait de placer quelques coups de poings ou de pieds au bon moment permet notamment de briser la garde de l'adversaire et de le déséquilibrer pour créer une opportunité de frapper l'ennemi d'un violent coup de sabre. Les saisies et projections n'ont pas non plus été oubliées, d'autant qu'il est possible de les combiner avec le décor pour balancer des ennemis par-dessus bord. Autre particularité, le système de contre-attaque est plutôt bien vu, puisqu'il permet d'esquiver facilement les assauts les plus faciles à anticiper, mais sa présence ne compense pas l'absence de véritables parades. C'est d'autant plus gênant que la contre-attaque n'est possible que lorsque l'ennemi qui vous assaille est visible à l'écran, et compte tenu de la piètre gestion des caméras, c'est rarement le cas durant les batailles groupées. Quant aux armes de jet, telles que les pistolets et les couteaux, elles s'avèrent trop aléatoires dans leur lancer, et leur nombre limité vous oblige à les ramasser constamment, ce qui n'incite pas vraiment à les utiliser.

De temps à autre, le jeu vous confronte à des affrontements sous forme de duels durant lesquels les commandes diffèrent un peu, dans le sens où vous devrez orienter le stick vers le haut ou vers le bas pour attaquer ou parer un coup sans réelle possibilité de vous esquiver. Un système qui repose essentiellement sur la gestion du timing, mais dont le côté passif et répétitif pourra rapidement lasser. Notez que ces duels sont également jouables en mode Versus à deux joueurs avec les personnages secondaires que vous aurez réussi à débloquer. Le terme de Jackanisme est également repris dans cet épisode, mais il correspond à quelque chose de complètement différent de ce qu'on peut voir sur PS2, PSP, PC et Wii. Ici, plus question de valider des touches pour mener à bien une chorégraphie, cette technique consiste à présent à éliminer instantanément tout un groupe d'ennemis à la fois ou à déverrouiller certains coffres, à condition d'avoir récupéré les crânes nécessaires à son activation. En variant les enchaînements utilisés pour combattre, vous remplirez par ailleurs une jauge de maîtrise à l'épée qui vous permettra de recourir à des coups de grâce pour achever vos adversaires. Leur nombre augmente à mesure que vous utilisez ce système et donne lieu à des mises à mort différentes plutôt sympa à regarder.

Et pourtant, toutes ces particularités ne suffisent pas vraiment à doter le gameplay d'un semblant d'intensité. Rares sont les actions subtiles où l'on verra par exemple son personnage balancer un tonneau explosif vers des ennemis et dégainer rapidement son pistolet pour accélérer l'explosion. Mieux vaut alors se focaliser sur les objectifs pour s'épargner des joutes interminables qui ne brillent pas par leur intérêt. Car le fait que presque tous les ennemis se comportent de la même façon donne l'impression de se battre à la chaîne en alignant les victimes les unes après les autres, et toutes de la même façon. On peut regretter aussi que les différents personnages jouables disposent exactement de la même panoplie d'actions et que les niveaux permettant de combattre avec un ou plusieurs alliés soient complètement gâchés par un gros problème d'IA. Si on apprécie le fait de pouvoir passer de l'un à l'autre à tout moment et de déclencher des attaques combinées en restant à proximité d'un compagnon d'armes, on reste sidéré par leur comportement complètement abruti. Une bêtise qui les pousse à rester immobiles sans jamais avoir l'idée d'attaquer de manière agressive, de se replier ou même de vous suivre. Ces séquences, qui auraient pu être franchement géniales, s'avèrent au final désastreuses étant donné que vous ne pourrez pas laisser un allié seul plus de deux secondes sans qu'il se fasse massacrer.

C'est dans ces conditions qu'on se demande pourquoi les développeurs n'ont pas offert l'opportunité de parcourir l'aventure à deux joueurs. En fait, le multijoueur est seulement réservé à des parties en écran splitté, en compétition ou en coopération, dans des environnements où votre unique but est de terrasser un maximum d'ennemis le plus rapidement possible. Divers bonus sont tout de même accessibles pour récompenser les joueurs les plus consciencieux, et tous les niveaux déjà terminés peuvent être parcourus à nouveau pour tenter d'améliorer votre score de notoriété et dénicher des bonus cachés qui auraient pu vous échapper. Il faut dire que la progression linéaire ne laisse quasiment pas de place aux missions optionnelles, et les quelques-unes qui sont présentes ne brillent pas par leur intérêt. Dommage que l'aspect ludique de cet épisode ne soit pas à la hauteur de sa réalisation ni même de son atmosphère assez respectueuse de l'univers du film, mais le titre reste malgré tout divertissant et plus agréable à découvrir que la plupart des autres versions proposées sur les supports concurrents.

Test Pirates Des Caraibes : Jusqu'Au Bout Du Monde Playstation 3 - Screenshot 25Petit bras de fer, suite à un duel.

Test Pirates Des Caraibes : Jusqu'Au Bout Du Monde Playstation 3 - Screenshot 26Contrôler deux alliés pose plus de problèmes qu'on ne pourrait le croire.

Test Pirates Des Caraibes : Jusqu'Au Bout Du Monde Playstation 3 - Screenshot 27Une simple question de timing et d'attention.

Test Pirates Des Caraibes : Jusqu'Au Bout Du Monde Playstation 3 - Screenshot 28J'ai du mal à croire que Jack Sparrow passerait son temps à décoller des affiches.

Test Pirates Des Caraibes : Jusqu'Au Bout Du Monde Playstation 3 - Screenshot 29Utilisez les coups de grâce pour tuer avec classe.

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