Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas

Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas

Il était une fois un mercenaire parti remplir un contrat au Venezuela. Contrat que son commanditaire refuse de lui payer, le tout finissant par un malencontreux tir droit dans la fesse droite du susmentionné mercenaire. Il ne faudra donc pas plus qu'une simple histoire de vengeance en guise de prétexte à Mercenaries 2 et à ses protagonistes pour mettre le Vénézuela à feu et à sang. Reprenant la plupart des éléments du premier volet, Mercenaries 2 n'invente pas grand-chose qu'on n'ait pas déjà vu et revu dans le genre auquel il répond, à savoir le gros bazar dans un monde ouvert. On retrouve ainsi au coeur du jeu ce système de factions rivales pour le compte desquelles on devra opérer, chacune détenant des informations nous rapprochant toujours un peu plus de notre cible principale, Solano et son homme de main à la détente facile, Blanco.

Prenons donc les choses dans l'ordre en nous attaquant aux factions. Que vous bossiez pour la compagnie pétrolière locale, la guérilla, les Chinois ou les Nations unies, vous aurez à votre disposition diverses sortes de missions principales et d'autres plus anecdotiques, toutes seront l'occasion de vous faire de l'argent, de glaner des ressources sur le terrain et d'améliorer vos relations avec les factions, ce qui vous donnera accès à leurs propres ressources, moyennant finance cela va de soi. Les fameuses ressources consistant en un support que vous pourrez appeler à l'occasion, tir d'artillerie, livraison de munitions, de chars et tout un tas d'autres jouets. Et ce n'est pas peu dire qu'il y en un paquet puisque le jeu compte pas loin de 130 véhicules différents. Il va de soi qu'en travaillant avec un groupe en particulier, vous deviendrez l'ennemi d'un ou deux autres et surtout, qu'il faudra prendre garde aux tirs amis car aucun leader n'appréciera de vous voir dégommer vos alliés temporaires en cours de mission. Une précision qui semble inutile, et pourtant nous verrons plus bas que la chose n'est pas si évidente que ça à éviter. Bien sûr, vous n'aurez pas nécessairement à vous attirer les faveurs de la guérilla, par exemple, pour utiliser ses chars, il suffira d'en voler un. Utiliser un engin volé pouvant avoir un certain avantage en vous prodiguant un déguisement momentané. De plus, si déloger un chauffeur de son volant n'a rien de très original, le faire avec un char ou un hélicoptère donne lieu à une séquence de QTE assez sympathique même si on regrette qu'elle se répète ad nauseam, toujours identique du début à la fin du jeu.

Voilà pour la base de ce système assez simple qui n'a de toute façon qu'un seul but : vous envoyer tout faire péter. Si Mercenaries 2 a une force et un côté fun, c'est bien là qu'il faut les chercher. Avec un arsenal vaste et vraiment dévastateur, vous aurez l'occasion de voir des sections entières de décors partir en fumée. A ce niveau, le moteur physique du jeu en met vraiment plein les yeux et la quantité de dégâts que vous pourrez causer, aussi bien avec votre petit lance-roquettes qu'en faisant appel à une frappe aérienne, apporte une dose de délire absolu dynamisant souvent l'action de façon inattendue. Vous verrez qu'il est fréquent qu'une simple charge de C4 finisse par provoquer une réaction en chaîne rapide qui fait immédiatement basculer l'action vers le chaos total. Cette gestion est d'autant plus impressionnante qu'elle intervient dans un monde ouvert de grande taille qui, accessoirement, fait preuve d'une réelle diversité. On a au moins de bonnes occasions de profiter des nombreux véhicules, en particulier des hélicoptères qui offrent de jolis points de vue.

Malheureusement, c'en est déjà fini des points positifs et la cueillette comme vous le constatez est assez maigre. Evidemment, il reste à voir ce qui pèse de l'autre côté de la balance. En premier lieu, l'une des plus mauvaises intelligence artificielles de l'année, si ce n'est pire encore et ce, aussi bien du côté des alliés que des ennemis. Le spectacle des personnages non jouables de Mercenaries 2 est simplement scandalisant. En permanence, vous pourrez voir des soldats de tous bords rester plantés au milieu du chemin sans savoir quoi faire, monter ou descendre d'un véhicule sans raison, ne pas monter à l'assaut pour rester campés sur une position qui est une ode à l'inutilité, se poser face à un mur et commencer à faire feu, j'en passe et des bien pires. En théorie, lorsque vous utilisez un véhicule d'une faction donnée pour remplir un contrat, il suffit de klaxonner pour que les soldats autour de vous vous rejoignent, or, le taux d'échec de la manoeuvre est simplement désarmant, les soldats restant juste immobiles à côté du véhicule. Cerise sur le gâteau, il y a aussi les suicidaires. Admettons que vous ayez à détruire des engins ennemis pour défendre un bâtiment allié, vous pouvez être sûr que vos camarades iront se fourrer en plein sur les engins en question. Résultat : des tirs amis qui, à répétition, feront échouer la mission.

Du coup, si les affrontements ont une vraie patate grâce à la destruction massive des décors, ils en perdent une bonne partie dans l'affligeant constat d'impuissance des endives qui peuplent le Venezuela fictif de Pandemic. Et cette incapacité à agir avec un minimum de pertinence se heurte de surcroît à votre propre surpuissance. Même une roquette reçue en pleine face ne vous tuera pas d'un coup net. Il vous suffira de rester à l'abri pendant une poignée de secondes pour revenir finir le travail. Chercher à éviter la frustration de la mort est une intention compréhensible et fréquente de nos jours, mais pas au point de tuer dans l'oeuf le challenge du combat. Au final, les scènes d'actions les plus tendues deviennent une succession d'échanges d'armes lourdes et de pauses pour se régénérer, le tout au milieu d'une fumée de plus en plus épaisse, dans un champs d'endives.

Arrive ensuite dans la balance négative la réalisation en dents de scie. Si la physique gère les destructions à merveille, elle s'écrase sur le reste. Les véhicules n'ont pas de poids, les voitures se retournent pour un oui ou pour un non et, si on va plus loin, chaque regard porté sur une scène à l'écran ne pourra pas manquer de se poser sur une quantité de bugs graphiques. Pourtant, on aurait tendance à pardonner ces errances techniques qui ne portent qu'un léger préjudice au gameplay. On sera en revanche plus sévère sur les éléments d'ambiance qui peinent précisément à en imposer une, laissant Mercenaries vide de toute personnalité. C'est principalement la bande-son qui choque en la matière. Affichant un fort manque de conviction des acteurs, les dialogues ou même les lignes de textes en cours de jeu sont souvent incohérents, excessivement mal montés (les dialogues des cinématiques n'ont aucune crédibilité) et on ne peut pas dire qu'EA et Pandemic se soient foulés pour offrir au joueur un minimum de variété. Tenez-vous prêt à entendre jusqu'à la nausée votre assistante répéter "si tu es perdu ou que tu ne sais pas quoi faire, viens me voir, je t'aiderai". Oui merci, on avait compris les 50 premières fois. Idem pour les membres d'une faction qui n'hésiteront pas à pousser les mêmes cris en vous voyant, que vous soyez en train de bosser pour eux ou contre eux. Une fois que toutes ces défaillances de la réalisation sont mises bout à bout, elles laissent Mercenaries 2 exsangue.

Test Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas Playstation 3 - Screenshot 64On comprend mieux le sous-titre original : world in flames.

Test Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas Playstation 3 - Screenshot 65On trouve tout les types de véhicules possibles, un très bon point.

Test Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas Playstation 3 - Screenshot 66Certaines missions annexes vous enverront vous livrer à des sortes de courses.

Test Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas Playstation 3 - Screenshot 67Bienvenu dans votre QG.

Test Mercenaries 2 : L'Enfer des Favelas Playstation 3 - Screenshot 68Vous aurez souvent l'occasion de constater la médiocrité du doublage des cinématiques.

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