History Channel : Battle For The Pacific

History Channel : Battle For The Pacific

Génial, un FPS accompagné du logo History Channel, si c'est pas un bon moyen de passer pour quelqu'un d'intelligent ça. De fait, cette caution historique nous gratifie d'une succession d'images d'archives en noir et blanc faisant office de cinématiques et retraçant la guerre du Pacifique et la victoire symbolique d'Iwo Jima, que tout le monde connaît depuis que Clint Eastwood en a fait un film. Et ça s'arrête à-peu-près là, parce que si le reste du jeu est "historique", alors ça devait être drôlement étrange comme guerre. Précisons tout de même que cet aspect éducatif est limité aux anglophones puisque les séquences vidéo sont en anglais non sous-titré. Le marché français vous dit merci Activision.

La première chose à préciser au sujet de Battle For The Pacific, c'est qu'il se termine en moins de deux heures. Mieux, qu'il se termine en moins de deux heures et que si le coeur vous en dit, vous pouvez vous contenter de courir sans tirer un coup de feu ou presque. Bien que l'IA soit pétrifiante de bêtise, Battle For The Pacific a trouvé un curieux compromis entre le côté super-héros qui doit tout faire de Medal Of Honor et la réalité quotidienne du bidasse qui ne sauvera pas le monde à lui seul, ou n'attirera pas systématiquement l'intégralité du feu ennemi. Dans la mesure où environ 90% des objectifs consistent à nettoyer une zone ou à en tenir une autre, tout ce qu'il y a à faire c'est de tirer sur des soldats. L'astuce, c'est que vous pouvez très bien ne rien faire et attendre une poignée de secondes pour constater que la magie opère, que l'objectif est rempli, la mission terminée, les adversaires laminés par vos alliés résolument invulnérables. En revanche, gare à vous si vous faites un simple pas de côté en marchant, on vous reprochera de désobéir aux ordres et vous serez bon pour un game over. Ah, bon. Pour autant, ne rêvez pas, si les soldats alliés sont capables d'aligner les soldats ennemis, ça n'en fait pas des foudres de guerre. Pour combattre les forces de l'Axe, les 3 à 6 équipiers qu'on se coltine en permanence adoptent une brillante stratégie qui consiste à courir très, très vite vers l'ennemi, mettre un genou à terre et le canon du fusil dans l'abdomen hostile puis à tirer. Si c'est History Channel qui le dit, ça doit être vrai. Pour enfoncer le clou sur l'IA, sachez également qu'en règle générale, on vous demande de suivre un officier comme un petit chien. L'ennui, c'est que papy, parfois, il perd un peu la boule et il se plante comme un noeud au milieu du décor. Dans ces cas-là vous avez le droit de tourner un peu autour de lui jusqu'à ce que son absence cesse. Flippant le papy des fois.

L'IA n'est pas le seul aspect amusant de Battle For The Pacific, il y a aussi son level design. Plutôt qu'une explication, ayons recours à l'exemple. Dans l'une des missions, vous aurez à suivre un chemin vous menant à un point stratégique qu'il faudra prendre puis défendre jusqu'à l'arrivée d'une petite troupe de renforts, avant de reprendre le chemin qui vous a mené ici depuis un terrain d'atterrissage fraîchement conquis. Paf, paf, on se bat un peu, on tue quelques méchants puis, on finit par se rendre compte que pour une raison certainement pertinente sur le plan stratégique, on revient une seconde fois sur ce chemin puis à la zone défendue précédemment, étrangement désertée par les renforts (ça aussi c'est sans doute stratégiquement pertinent). On la nettoie, on voit de nouveau débouler les renforts, puis on reprend une quatrième fois le chemin en sens inverse pour retourner... Au terrain d'atterrissage du début qu'il faut reprendre une seconde fois !! Dans l'opération, vous aurez même traversé 4 fois la même rivière et dézingué autant de fois les mêmes soldats. Non mais ça va pas les gars ?! Non seulement le jeu dure à peine deux heures, mais en plus on se retape des séquences en double voire en triple ? Vous prenez quoi chez Cauldron ?

IA désespérante, intérêt des objectifs inexistant level design, hem, "conceptuel", Battle For The Pacific n'a pourtant pas tiré toutes ses cartouches infamantes. Relativement joli tant qu'il ne bouge pas, le titre de Cauldron a été codé avec les pieds. Outre un frame rate chaotique qui s'accompagne carrément de gros freeze, le jeu gère extrêmement mal les collisions. Certains objectifs requièrent l'utilisation d'une mitrailleuse fixe ou d'une DCA, un exercice rendu délicat par l'obligation de se tenir sur le bon pixel en bas à gauche pour pouvoir interagir avec l'objet en question, pixel que l'on ne finit par trouver qu'après avoir bêtement dansé autour du bouzin. Idem lorsqu'on vous demandera de désamorcer des mines qui, soit dit en passant, ont tendance à apparaître au dernier moment en raison du clipping et du pop-up alarmant qui gangrènent l'affichage. On retrouve encore ce problème de collision dans la gestion des impacts. Quand les choses se passent bien, il suffit d'une balle pour éliminer un ennemi. Mais parfois, pour ne pas dire souvent, les choses ne fonctionnent pas bien et le projectile passe littéralement à travers ce qui ne peut être qu'un super soldat doué de pouvoirs paranormaux capables de changer son corps en gaz. C'est ça ou alors un vilain bug. Il faut dire que je suis perturbé, avec ce logo History Channel, je ne sais plus ce qui relève de la réalité historique ou de la simple et habituelle médiocrité de Cauldron.

Test History Channel : Battle For The Pacific Playstation 3 - Screenshot 1Du clipping ? Non, ce sont simplement des mines furtives qui apparaissent à moins d'un mètre.

Test History Channel : Battle For The Pacific Playstation 3 - Screenshot 2Oh ben, ils ont l'air contents d'entrer dans l'Histoire eux.

Test History Channel : Battle For The Pacific Playstation 3 - Screenshot 3Ne cherchez pas, il est impossible de vraiment descendre un avion, juste de les faire fumer un peu.

 

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