Ferrari Challenge

Ferrari Challenge

Ferrari Challenge est une sorte de bible virtuelle pour les amateurs de simulation automobile et de la célèbre marque italienne. Bien décidés à balayer les soixante années de création, de puissance et de performance, les développeurs d'Eutechnyx ont mis le paquet sur le garage de Ferrari Challenge. Ce sont donc plus de 50 modèles qu'on retrouve dans ce titre, des voitures de légende à la dernière FFX. On peut alors se rincer l'œil sur la 250 Testa Rossa de 58, la 250 GTO de 62, la 348 de 89, la F50 de 95 ou encore les différentes versions de la F430 du début de ce millénaire. Autant de modèles fidèlement reproduits, avec les moyens du bord qui sont ce qu'ils sont. Techniquement, si les courbes de ces belles montures sont respectées, si les intérieurs sont modélisés, le tout est assez grossier et bien loin d'atteindre la précision d'un Gran Turismo pour citer la référence absolue. Cependant, on est assez gâté par la présence de six vues différentes. Trois derrière la voiture, une intérieure, une sur le capot et une dernière ras le sol. De quoi faire malheureusement assez vite ressortir l'aliasing sur les contours des voitures et un cruel manque de finition sur les tableaux de bord.

Si la technique n'a rien d'exceptionnel, le gameplay a le mérite de tenir la route. Pas vraiment arcade mais pas totalement simulation non plus, Ferrari Challenge fait partie de ces titres qui tentent de contenter toutes les catégories de joueurs. Un mélange assez habile entre un contrôle aisé de la voiture et des subtilités de pilotage qu'il est impératif de maîtriser. Ainsi, une fois toutes les aides au pilotage désactivées (conduire avec les aides ne présente aucun intérêt, même pour un joueur lambda), il suffit de quelques tours pour apprendre à dompter les caprices de ces belles italiennes. Le freinage en ligne est ainsi imposé et doit être entamé largement avant de commencer à braquer pour ne pas terminer sa course dans les graviers. Il faut être également patient à l'accélération, les Ferrari ayant tendance à partir rapidement de l'arrière pour peu qu'on enfonce la pédale de droite un peu trop rapidement. C'est là que se situe la principale subtilité de la conduite. Au départ, le joueur aura tendance à la jouer sécurité et à accélérer en fin de courbe une fois stabilisé. Puis, au fil du temps, on prend plus de risque en jouant avec la nervosité du modèle en question pour gagner quelques dixièmes parfois très utiles pour prendre la mesure de l'IA.

Une IA pas franchement rapide, ce qui nuit directement à la durée de vie, finalement limitée par le manque d'opposition. Pourtant, la quinzaine de concurrents ne se laisse pas doubler aisément. Si la voiture qui vous précède vous sent déboîter pour la dépasser, elle va immédiatement se déporter pour tenter de fermer l'angle. Un comportement assez intéressant et trop rare dans les simulations auto. Malheureusement, ce comportement est peut-être un peu trop systématique à tel point qu'on anticipera cette réaction pour préférer doubler par l'extérieur. La manœuvre est plus compliquée, plus longue et plus risquée mais permet en général de prendre le dessus sur votre adversaire. L'autre déception concerne un aspect plus visuel, la modélisation des dégâts. Vendu pour être un titre bénéficiant d'un moteur qui reconstitue les dommages subis par les voitures de manière ultra-réaliste, Ferrari Challenge ne jouit finalement que d'une modélisation sommaire, c'est peu de le dire. Déjà constaté dans notre aperçu, cette largesse est malheureusement reconduite dans la version finale. En fonçant droit dans un mur à plus de 200 km/h, tout juste perdra-t-on le capot de la voiture. Le reste de la carrosserie demeurera intact et le comportement de la Ferrari ne souffrira pas le moins du monde d'un tel choc.

On constate également, malgré des réactions assez réalistes sur la piste que toutes les voitures ont tendance à adopter un comportement très similaire et ce, en dépit des différences intrinsèques qu'elles arborent. Les différences de poids et de puissance n'influent pas comme il se doit sur la façon dont on doit dompter chaque modèle. D'ailleurs, de manière générale, il est bien délicat de trouver beaucoup de personnalité à la conduite de chacune des voitures, même en ajustant des réglages. Ceux-ci n'ont de toute façon que peu d'utilité au vu du niveau de l'IA. Le contenu du jeu est quant à lui classique mais souffre de l'absence d'un mode Carrière. Ses différents modes, arcade, course rapide, contre-la-montre, trophées et défis ont tendance à se ressembler de près comme de loin. On regrette également de ne disposer que d'une douzaine de circuits (dont Monza, le Mugello, Silverstone, Spa et Hockenheim). Reste un jeu de cartes assez sympa, basé sur les caractéristiques des voitures. Sous la forme d'une bataille, il faut choisir parmi les caractéristiques de la voiture affichée sur votre carte celle que vous souhaitez confronter à l'adversaire, carte cachée. Enfin, notez que si l'absence d'un multijoueur en écran splitté est déplorable, un multi en ligne permet de jouer jusqu'à 16. Un moyen de compenser cet "oubli".

Test Ferrari Challenge Playstation 3 - Screenshot 137Techniquement, Ferrari Challenge a beaucoup de retard sur les références du support.

Test Ferrari Challenge Playstation 3 - Screenshot 138La vue intérieure est parfaitement jouable mais la modélisation du tableau de bord est plus que sommaire.

Test Ferrari Challenge Playstation 3 - Screenshot 139Ferrari Challenge comprend un jeu de cartes assez sympa. On aurait préféré de vraies cartes.

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