Brütal Legend

Brütal Legend

Tim Schafer et Jack Black réunis autour d'un jeu inspiré par le Heavy Metal ? Que dire d'autre si ce n'est "bingo !" ? D'un côté nous avons Tim Schafer, créateur qui nous a habitués à des titres pleins d'humour et pourvus d'une identité forte, de l'autre monsieur Jack Black, acteur qui ne cache pas son affection pour le gros son et venu incarner Eddie Riggs, le héros de Brütal Legend.

Brütal Legend

Roadie pour un groupe qu'il exècre, Eddie va se retrouver propulsé dans un autre monde, le monde du Metal dans lequel les Dieux du Metal ont depuis longtemps disparu, laissant les hommes aux mains d'une bande de démons qui les asservissent et les poussent à combattre les uns contre les autres, métalleux contre glam rockers ou gothiques. Le rôle d'Eddie sera de rassembler une armée et de libérer l'humanité du joug de l'infâme Doviculus. Une armée constituée de roadies au dos courbé, de headbangers bas du front et aux cous hypertrophiés et de groupies déchaînées.

Test Brütal Legend Playstation 3 - Screenshot 120Invoquez la Deuce, la voiture infernale d'Eddie.

Dès les premières minutes, il sera difficile de rester insensible au charme de l'ambiance délirante de Brütal Legend, à son humour autour du monde du Metal et de la musique en général, une atmosphère bourrée de clins d'oeil qui profite du doublage de Jack Black et de l'intervention de quelques participants notables, comme Ozzy Osbourne pour ne citer que lui. Un attrait qui ne se démentira pas tout au long du jeu d'ailleurs, même si l'humour a parfois tendance à retomber un peu, on reste séduit par une galerie de personnages caricaturaux, de Mangus le technicien désigné visiblement jamais redescendu de son dernier trip à Lionwhyte le meneur de la première faction ennemie, celle du glam rock, avec ses cheveux improbables. Par ailleurs, on est également rapidement emballé par le gameplay que Tim Schafer nous propose, mélange d'aventure/action en environnement ouvert et de stratégie.

Test Brütal Legend Playstation 3 - Screenshot 121Les Headbangers, mes chouchous.

Eddie a une mission : rassembler les factions humaines pour constituer une armée et vaincre un à un les larbins de ses ennemis. La quête principale se compose donc d'une succession de missions au cours desquelles on distribuera à volonté les coups de hache et les accords dévastateurs de guitare électrique dans le but de motiver des troupes puis de livrer bataille. C'est là qu'on découvre l'intégration de la STR dans Brütal Legend. Chaque camp monte alors sa scène, coeur du spectacle à venir et cible à abattre. Dispersés sur le champ de bataille on trouve quelques geysers de fans, sources d'énergie qu'il faut conquérir afin d'y établir des stands de goodies. De la sorte, on se met les fans dans la poche et on utilise leur énergie pour générer des unités prêtes à combattre. Les bases de la STR, mais cachées sous des termes plus rigolos. Reste à contrôler tout ce beau monde. Lors des batailles - et uniquement lors des batailles - Eddie peut avoir recours à un pouvoir démoniaque et employer une paire d'ailes pour prendre un peu de hauteur. De là-haut, on peut alors plus facilement ordonner à ses troupes de défendre un point ou d'en attaquer un autre. Soit on ira protéger un stand de goodies afin qu'il ne tombe pas aux mains de l'ennemi, soit on profitera de notre avantage pour aller exploser leur scène. Plus on avancera dans le jeu, plus on aura d'unités à notre disposition, unités qui peuvent être améliorées.

Test Brütal Legend Playstation 3 - Screenshot 122Lionwhyte, le leader capillaire du Glam Rock.

Les premières heures de Brütal Legend sont assez enthousiasmantes. L'utilisation de la STR est bien amenée et contrôler Eddie avec ses premiers combos destructeurs est plutôt jouissif. De même, la possibilité d'apprendre puis de lancer des solos de guitare est pleine de promesses. On découvre de plus assez vite le Garage Métal, tenu par Ozzy dans le rôle du Gardien du Metal et regorgeant d'améliorations du personnage ou de la Deuce, sa bagnole infernale. Des promesses qui ne seront malheureusement jamais tenues. C'est un fait, Brütal Legend a livré tout son potentiel au bout d'à peine deux heures de jeu. Au-delà il cesse de surprendre et devient passablement redondant. Tout ce qu'on a aimé au début est toujours en place et appréciable, mais rien ne vient vraiment le compléter. Une fois les factions conquises, on enchaîne les batailles de scènes jusqu'à l'affrontement final contre Doviculus. On ne peut pas dire qu'il y ait là de quoi mettre le jeu à mort, mais la frustration est indubitable. D'une manière ou d'une autre, on sent que Brütal Legend aurait pu, aurait dû même, être plus que ce qui nous est livré.

Test Brütal Legend Playstation 3 - Screenshot 123Les solos de guitares servent d'attaques ou d'invocations. Ici, le montage d'un stand e goodies.

Par ailleurs, une somme de petits désagréments sont du coup plus apparents. Le fait qu'Eddie soit incapable de faire le moindre saut nous pousse à souvent devoir contourner des obstacles de 20 centimètres de hauteur. L'absence de mini-map rend la navigation en véhicule sur le continent franchement pénible. Si on peut effectivement placer un point de navigation, il faudra ensuite se satisfaire d'un guidage opéré par les clignotants de la Deuce qui ont tendance à s'allumer trop tard et à nous faire manquer des embranchements. Et gare à ceux qui voudraient couper à travers champs, ils chuteront fréquemment dans des gouffres mortels. Les mécaniques des séquences STR ne sont également pas exemptes de reproches. Là encore, l'absence de mini-map ou d'une autre forme d'information à l'écran rend les choses inutilement confuses. On réalise d'un coup que l'on a complètement oublié une escouade dans un coin du terrain ou que l'on est incapable de distinguer une unité alliée d'une unité ennemie à moins d'être collé dessus. Dans le même ordre idée, il n'y a aucun moyen d'estimer les forces en présence, combien il nous en reste, combien il leur en reste. On se limite à créer des unités de plus en plus fortes et à les envoyer bastonner la scène adverse jusqu'à la fin du combat. Quant à la customisation sur laquelle on comptait pas mal pour faire évoluer le gameplay, elle est finalement extrêmement limitée.

Test Brütal Legend Playstation 3 - Screenshot 124Lors des phases de STR, Eddie peut survoler le champ de bataille.

De fait, on ne prend même plus la peine de se lancer dans les missions annexes afin d'engranger plus de points à dépenser au Garage. Il faut dire que ces missions n'ont rien de transcendant. Faire une course, tendre une embuscade ou repousser des hordes d'ennemis, voilà tout ce qu'on nous propose et la plupart sont bouclées en 2 minutes. Ceci dit, si vous êtes du genre à refaire Assassin's Creed 2 fois dans le simple but de bien collecter tous les drapeaux blancs, vous aurez de quoi vous éclater. Si les objets du Garage Metal ne sont pas très utiles, ils sont en tout cas nombreux. Sans parler des artefacts à dégotter sur le continent. A condition d'avoir la patience d'arpenter le plus petit tas de terre qui dépasse.

Test Brütal Legend Playstation 3 - Screenshot 125La Deuce peut être customisée, armes, peintures etc.

Malgré ses défauts et une répétitivité certaine, on ne condamnera certainement pas Brütal Legend mais ce sursis il le doit énormément à son ambiance, son humour, d'une manière générale à sa narration et son univers. Le résultat laisse un goût toujours frustrant de manque de profondeur, on passera ainsi une bonne partie de son temps à attendre des choses qui ne viendront pas dans la campagne solo. Une campagne qui se boucle en 7 heures grand maximum si vous délaissez les quêtes annexes, ce qui risque d'être le cas de pas mal de joueurs. Heureusement, il leur restera le mode multi qui reprend évidemment le principe des combats de scènes mais en opposant deux joueurs.

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