Chicken Run

Chicken Run

Les joueurs PC vont enfin pouvoir découvrir l'adaptation vidéo-ludique du long-métrage en pâte-à-modeler des studios Aardman Productions, déjà reconnus dans ce domaine grâce à Wallace et Gromit. Un jeu qui, même s'il n'est pas exempt de défauts, s'avère particulièrement original et presque aussi délirant que le film. Le scénario raconte l'histoire d'un élevage de poules qui décident, après avoir pris conscience de la fin tragique qu'allait prendre leur vie de pondeuses, de s'évader de la ferme des époux Tweedy. Un remake de la Grande Evasion en quelque sorte, mais à l'échelle d'un poulailler, et où l'humour omniprésent contraste avec le stress presque palpable de Ginger, la poule qui risquera sa vie pour détourner ses congénères de leur destin tragique.

Test Chicken Run PC - Screenshot 1La mine de Ginger en dit long sur son état d'esprit.

Les missions consistent donc généralement à s'infiltrer dans les endroits les plus surveillés de la ferme des Tweedy, pour récupérer un certain nombre d'objets nécessaires à la réalisation des plans de MacBec. La collecte de tous les objets clés donne alors lieu à un mini-jeu toujours dément et à quelques cinématiques, puis l'on peut accéder au niveau suivant. Là où les développeurs du jeu ont fait très fort, c'est en ayant l'idée (saugrenue à première vue) d'appliquer le concept de Metal Gear Solid à l'univers de Chicken Run. Concrètement, on a donc un jeu en 3D dont le gameplay repose entièrement sur la furtivité, tout comme pour le hit de Konami. La comparaison est inévitable et la référence voulue : notre gallinacé se plaque contre les murs et lance des choux pour faire diversion ; de même, tout faux pas sur une tôle ou sur une flaque d'eau attire immédiatement l'attention des chiens et des résidents. On nage dans une ambiance tantôt stressante, tantôt complètement loufoque, et le joueur ne sait plus à quel degré il doit prendre tout cela. L'environnement sonore mêle habilement sifflets de prisonniers en cavale et bruitages qui incitent à la panique. De ce point de vue, le résultat est tout simplement impeccable.

Test Chicken Run PC - Screenshot 2Le baraquement 17 : QG de MacBec.

Afin de remplir les nombreux objectifs sans avoir à donner de coups aux dangereux molosses qui patrouillent dans le secteur, le joueur dispose d'un radar visuel et sonore où il peut surveiller les cônes de vision des ennemis, et qui permet de localiser les objets clés. Les voix sont meilleures que celles de la VF du long métrage, avec une Babette complètement hors du temps qui ne saisit pas la gravité de la situation, une Ginger stressée et surtout une MacBec qui se prend complètement au jeu en expliquant ses plans de façon très sérieuse. Mais sa voix zozotante provoque l'effet contraire et rend son discours complètement ridicule. Imaginez ce que cela peut donner sur une réplique telle que : "Babette va nous être utile. Elle est dans la baraque 16. C'est Là que nous fabriquerons le déguisement !". D'une façon générale, l'atmosphère décalée de ces poules qui tentent la grande évasion est aussi bien rendue que dans le film. Avec une scène d'anthologie lorsque les poules tentent de s'évader en se cachant à l'intérieur du mannequin de madame Tweedy ; il faut alors tâcher de garder l'équilibre pour échapper aux chiens tandis que les poules se disputent sous le déguisement. On entend des "poussez pas", des "à gauche", "à droite", et même des "on part en vacance ?" enthousiasmés de la part de Babette. Par contre, il manque de nombreux passages clés du film, qui auraient pu facilement rallonger la durée de vie trop courte du jeu, et permettre à ceux qui n'ont pas eu la chance d'aller voir Chicken Run dans les salles obscures de profiter de tous les gags déments dont dispose le scénario.

Test Chicken Run PC - Screenshot 3Voyez comme les décors sont vides : ici on a Ginger et monsieur Tweedy. Pas grand chose de plus.

Dommage que la réalisation souffre de quelques problèmes techniques plutôt gênants. Les graphismes ne sont guère meilleurs que sur Playstation, avec des décors polygonés comme aux débuts de la 3D. La caméra refuse de tourner lorsque l'on est trop prêt d'un mur et ne permet pas une visibilité suffisante pour anticiper les déplacements de plusieurs ennemis à la fois et prévoir un plan d'action. On en vient alors le plus souvent à progresser au hasard en croisant les doigts pour passer inaperçu. On est donc obligé de se faire prendre au moins dix fois de suite avant de trouver la méthode pour accéder à certains objets, ce qui rend la progression plutôt laborieuse. De plus, le jeu est assez difficile, et l'on est forcé de sauvegarder dès que l'on trouve quelque chose pour ne pas avoir à tout recommencer, ce qui entraîne des allers-et-venues incessantes, et casse le rythme du jeu. Il aurait été beaucoup plus agréable pour le joueur de pouvoir conserver les objets durement obtenus sans être obligé de retourner dans un baraquement particulier pour sauvegarder.

Chicken Run souffre donc d'un manque d'ergonomie évident dû aux problèmes de caméras, et aux nombreux autres défauts de gameplay. C'est d'autant plus dommage que l'idée de base était excellente et le concept du jeu basé sur la furtivité efficace. Cette version PC n'apporte donc pas grand-chose, et souffre des mêmes défauts que les versions consoles. Certains le trouveront génial, d'autres ne pourront pas lui pardonner ses défauts de gameplay, mais personne ne restera indifférent. Une expérience qui vaut tout de même la peine d'être tentée, si vous avez un minimum d'humour et de curiosité.

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