Boiling Point : Road to Hell

Boiling Point : Road to Hell

En fin de preview de Boiling Point, ma conclusion était que le titre avait un potentiel énorme mais qu'il restait un énorme paquet de boulot avant qu'il ne puisse s'épanouir. Quelques jours plus tard, on apprenait qu'il venait de passer gold. Ce qui ne pouvait signifier que 2 choses : soit les développeurs avaient bossé super vite, soit ils avaient fait une super sieste. A la vue du produit final, je pense que chez Deep Shadows on a de super hamacs. Boiling Point est un jeu à la croisée des chemins entre le RPG et le FPS qui vous conduira dans les profondeurs de l'Amérique du sud pour y dénicher votre fille qui y a disparu (Kim Bauer de 24H, c'est toi, non ?), tout ça sur fond de légende indienne obscure. L'enquête que vous devrez mener pour résoudre cette affaire est d'ailleurs probablement le seul point qui motive vraiment à poursuivre l'avancée dans le jeu.

Test Boiling Point : Road To Hell PC - Screenshot 103Le jeu vidéo, c'est la possibilité de vivre des choses impossibles : là par exemple, je suis déjà saoul.

Vous voici donc planté dans cette belle région, bien qu'un brin humide, au milieu d'une map immense dans laquelle on trouve des villes bien petites et une quantité assez phénoménale de forêts, de rivières, de lacs, de sentiers tortueux, de guérilleros, d'agents du gouvernement, de mafieux ou de simples civils, sans parler des serpents ou des piranhas qui vous bouffent les genoux s'il vous prend l'envie de piquer une tête en pleine nuit dans les bois. Votre but est donc de parvenir à découvrir ce qu'il est advenu de votre nunuche de fille (parce que bon, hein, partir en Amérique du Sud enquiquiner les dealers, faut pas être finaude quand même). Pour ce faire, vous pourrez discuter avec nombre de personnes appartenant à diverses factions. Ces braves gens vous aiguilleront dans votre quête, généralement en échange de services ou d'un gros chèque. Les missions qui vous sont confiées étant fréquemment contradictoires, puisque émanant de factions ennemies, du coup, vous aurez bien du mal à être copain avec tout le monde. Vous vous en doutez, quand vous croisez un membre d'un groupe X qui ne vous aime pas, il fait tout pour vous le faire comprendre. Toujours est-il que c'est encore le meilleur moyen de se faire de l'argent, investi ensuite dans l'achat d'informations, d'armes ou de véhicules, puisqu'il est possible de s'offrir voitures, avions et bateaux. Le meilleur moyen de se promener en toute liberté dans le jeu. Le terme liberté étant en effet un mot-clef du titre puisqu'on peut faire n'importe quoi et aller n'importe où. Ce qui comprend aussi bien une base militaire qu'un bar pour se saouler. Car du RPG, on ne trouve pas simplement le système de quête et de sous-quête mais également une fiche de personnage avec toutes les petites aptitudes qui vont avec, progressant au gré de l'usage que vous en faites. Et dans le lot, on trouve de tout, y compris la tenue d'alcool. Plus vous prendrez de cuites, mieux vous tiendrez. Rigolez pas, ça sert dans le jeu, car si vous faites boire un type, il finira par vous dévoiler des infos. Ben hé, in vino veritas comme on dit et j'en sais quelque chose pour avoir moi-même la langue bien pendue. On prendra garde toutefois à ne pas devenir dépendant à l'alcool ou à d'autres drogues présentes dans le jeu (comme les antalgiques, pour ceux qui peuvent être utiles je veux dire).

Test Boiling Point : Road To Hell PC - Screenshot 104Tiens, on dirait les roues de Enter The Matrix non ?

Boiling Point est ainsi la rencontre improbable entre GTA, Morrowind et Far Cry comme je le disais fort à propos dans la preview. Far Cry parce que, bien souvent, vos missions vous amèneront à jouer du flingue, en choisissant parmi la foultitude de pétoires disponibles chez les marchands. C'est qu'il faut partir équipé quand on vous demande d'aller liquider un mec de la CIA, assiéger une bande guérilleros ou voler des documents dans une base militaire ou que sais-je. Autant de missions qui souffrent toutes d'un problème fort contrariant : elles sont pénibles, redondantes en diable et parfois impossibles à terminer à cause de bugs. On passe son temps à aller et venir d'un point à un autre pour accomplir des actions sans surprise, toujours les mêmes, toujours la même chose et on s'ennuie, d'autant plus que ça prend généralement un temps fou. Et c'est dommage, parce que l'intrigue arrive à intéresser, seulement progresser dans la quête principale est si laborieux qu'on finit par jeter l'éponge, attendant qu'arrivent des cheats codes permettant de zapper tous les à-côtés trop lourds (et j'ai même pas honte de le dire). Quant à l'aspect FPS, il est loin d'être hautement stimulant avec des combats mous et surtout une IA complètement ridicule qui rend les ennemis parfaitement stupides et les civils demeurés. Ca, on ne risque pas de rire des voitures qui pilent net devant vous dans la rue comme dans GTA. Ici, ils ne sont même pas fichus de faire un détour et vous écrasent comme un lapin, ne craignant guère plus de se prendre un lampadaire d'ailleurs. Par contre, on rigole bien en voyant les voitures s'enfoncer dans le sol par la magie d'une gestion des collisions tout juste au stade embryonnaire.

Test Boiling Point : Road To Hell PC - Screenshot 105Non, je ne tire pas sur une vitre pare-balle.

Car non content de présenter un gameplay frustrant et mal équilibré, Boiling Point est sur le plan technique une calamité. Le frame rate chevrotant est le premier fléau que l'on doit affronter avec des secousses quasi permanentes à l'écran. Viennent ensuite les nombreux bugs de collisions qui offrent un rendu risible de tout ce qui se passe. On pourrait aussi parler de la physique des véhicules complètement délirante. Si au moins c'était beau, mais même pas. Qu'il ait fallu faire des concessions pour déployer sans aucun loading une carte immense, soit, mais là, on concède beaucoup. Et quand en plus on a la chance de voir des textures disparaître, c'est le bouquet. Quant à la bande-son, elle est tout aussi truffée de couanes, avec essentiellement des problèmes sur les dialogues puisque lors d'une discussion, vous ne pourrez entendre votre interlocuteur que si vous tournez la tête pour que votre oreille soit face à son visage. Alors je sais pas, peut-être que dans le scénario il est dit qu'on joue un personnage un peu dur d'oreille ou alors super timide qui n'ose pas regarder les gens en face (moi par exemple, je fais ça tout le temps... regarder les gens avec mon oreille gauche) mais à ce moment-là, faut le dire. Quant à la stabilité du jeu, elle est plus que discutable puisqu'il lui arrive de planter plus que de raison. Et en la matière, la raison c'est zéro fois.

Test Boiling Point : Road To Hell PC - Screenshot 106Oui chérie, mais je suis un peu overbooké là tu sais.

Rageant, tout cela est rageant. Boiling Point avait d'excellentes chose à offrir et il lui en reste quelques-unes, il est vrai qu'aller se balader en forêt avec notre lampe torche est fun, que l'intrigue séduit et que la liberté de faire un peu tout ce qu'on veut est plaisante. De même, on trouve une multitude d'excellentes idées, on citera les armes qui fonctionnent mal avec le temps et qui s'enrayent, les risques de dépendance. Seulement avec la réalisation à 2 euros qu'il se paie et ce sentiment de constamment répéter la même chose, on se lasse en quelques heures. Si Boiling Point était vendu 20 euros, pourquoi pas, il constituerait une expérience sympa à laquelle on pardonnerait toutes ces déconvenues, mais là, à 40 euros, on a mieux à faire. Moi je dis ça comme ça, mais un produit, c'est généralement de meilleure qualité quand on prend le temps de le finir avant de le sortir.

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