Battle Engine Aquila

Battle Engine Aquila

Et c'est dans ce monde soumis à une loi immuable et naturelle, que vous, Hawk Winter, un simple docker adepte de vitesse, allez devenir l'atout majeur de l'armée Forseti. Ayant mis au point une arme redoutable du nom de Battle Engine Aquila, les sympathiques militaires de la force de défense vous proposent de piloter leur engin fabuleux, afin de mettre un coup d'arrêt aux incursions de l'opposant de toujours, malgré un traité de paix convenu depuis l'année 1174. Pourquoi vous, simple travailleur acharné et sans histoire héroïque à épingler à sa conscience ? Tout simplement parce que vous ayant vu piloter un de vos gros engins de chantier, une jeune gradée au fort accent russe a vu en vous la maestria nécessaire à ce genre de tâche plutôt ingrate et périlleuse. Ne reculant devant rien, vous grimpez dans le cockpit de votre futur incarnation mécanique pour une épopée aux accents guerriers et empreints d'une douce rédemption. A ce point précis, on se demande légitimement si certains scénaristes se rendent bien compte de la crédibilité des personnages qu'ils créent. Non que l'ensemble du scénario soit mauvais, au contraire, mais la psychologie de la majeure partie des intervenants touche au ridicule. Un héros complètement inconscient, mais au grand coeur, s'engageant dans n'importe quoi sans en comprendre les aboutissants, une alliée forte de caractère, aimant ses machines, cliché ambulant de la scientifique russe de films d'actions américains, un commandant sûr de lui, mais tellement attaché à la valeur humaine, bref une réunion au sommet des plus grands archétypes intellectuels issus des non moins imposantes séries B les plus risibles du monde. Mais que cela n'entache pas votre envie de poursuivre votre chemin dans les méandres de ce titre, car cela en vaut la peine. Surtout par la sensuelle machine BEA (Battle Engine Aquila).

Test Battle Engine Aquila PC - Screenshot 10Il arrive fréquemment de se déplacer tranquillement et de voir tomber devant soi un vaisseau en feu. Surprenant

Dernière née des laboratoires nationaux, cette petite perle technologique autorise aux forces la possédant un avantage non feint sur l'ennemi insidieux et veule (la propagande est le nerf de la guerre). Sa particularité la plus intéressante s'avère être la possibilité de recourir à une forme terrestre, et à une seconde plus orientée vers les cieux. Cela permet donc d'inclure la notion d'adaptation aux situations de combats dans votre tactique militaire. Principal attrait du gameplay, cet aspect joue un énorme rôle dans le plaisir pris à commander son valeureux mécha dans la poussière et les explosions du champ de bataille. Le mode "Marcheur", tout d'abord est un choix idéal si vous désirez effectuer des attaques en force, afin de percer les lignes ennemies. Relativement lent, mais doté d'une puissance offensive fort conséquente sous cette apparence, votre robot pourra soutenir les agressions de vagues d'ennemis successives et officier en tant que très bon protecteur d'objectifs essentiels. Il possède de plus un écran de protection d'une efficacité sans faille (du moins à assez long terme), et peut se recharger en munitions et en énergie vitale en se positionnant sur des sortes de bornes bleutées au sein des bases alliées. En effet, le bouclier vous mettant à l'abri des tirs ennemis tend à perdre de sa superbe au gré des explosions l'affectant. Une fois celui-ci brisé, vous êtes à nu, et c'est votre barre de vie qui se voit diminuée à sa place. Heureusement, celui se régénère lors de pauses dans les heurts que vos opposants vous imposent. Si vous vous cachez et que vous ne bougez plus, vous finirez automatiquement par revenir au meilleur de votre niveau. Il ne faut donc pas foncer comme un Goldorak en furie au milieu d'une division de chars. Vous disposez également de trois types de tirs, différents de ceux que vous expérimentez en vol.

Test Battle Engine Aquila PC - Screenshot 11Des combats aériens d'une grande intensité

Ce mode-ci d'ailleurs, intitulé sobrement "Jet", est le plus amusant à prendre en main. Léger et vif, bien que curieusement moins maniable, votre engin métallique virevolte parmi les nuages, idéal lors de raids éclairs, ou dans les missions incluant la protection de convois ou de vaisseaux. Mais si ces phases se révèlent prenantes, la médaille a un revers de taille. En fait, votre mécha doit utiliser de l'énergie pour pouvoir s'élever. Malheureusement, celle-ci alimente une autre fonction bien utile, votre bouclier. Si vous suivez ce raisonnement, vous venez de vous rendre compte qu'une fois en l'air, vous êtes sans aucun soutien, et que vous ne devrez compter que sur votre dextérité. De plus, votre "carburant" énergétique s'épuise dangereusement vite, vous obligeant à vous poser dans les plus brefs délais dès que le message d'alerte s'affiche sur votre cockpit. Mais attention, je n'ai pas dit vous écraser, car si vous n'utilisez pas les aérofreins, durant votre descente, vous allez finir concassé au bas d'une colline. Un principe vraiment attrayant permettant de fonder des interventions dynamiques et jouissives. D'autant plus que le reste du gameplay apparaît aisé et relativement bien pensé et mis en place. Toutes les informations vitales sont affichées sur une interface claire, vous octroyant une vision rapide des objectifs et de la bonne tenue de votre robot. Regroupées autour du centre du cockpit, elles se fondent dans l'environnement graphique et ne gênent en aucun cas la visibilité. De même, le système d'"upgrade" de vos armes s'avère intelligemment mis en forme. En plein combat, une partie des dommages subit par le bouclier est redistribuée dans l'outil offensif que vous utilisez, ce qui vous donne un petit avantage dans les situations délicates. Un bilan sincèrement positif donc, même si l'on aurait aimé pouvoir bénéficier d'armements plus variés, et de contextes d'affrontements plus imaginatifs. Néanmoins ce n'est pas ici que se trouve l'un des défauts du titre.

Test Battle Engine Aquila PC - Screenshot 12Un bâtiment entier vient d'exploser sous mon laser bleuté

S'il est bien un domaine où Battle Engine Aquila ne peut pas se targuer d'être un leader en la matière, c'est bien la qualité graphique. Bien que supérieure à nombre d'autres soft plus ambitieux dans leurs annonces marketing, cette dernière expose pourtant des lacunes assez dommageables. En premier lieu, les textures utilisées, que ce soit dans le cas de l'élément liquide ou alors de l'herbe tout simplement, n'arrivent pas à convaincre le joueur en quête de beaux paysages. Composées d'a-plats mornes et peu détaillés, elles donnent aux environnements un côté techniquement dépassé et peu crédible qui ne joue pas en la faveur de l'immersion. Ensuite, la modélisation des personnages durant les cinématiques est tout bonnement indigne d'un jeu PC, offrant une galerie de personnes affublées de vêtements mal coupés, anguleux et un tantinet pâles, surmontées de visages peu expressifs et assez dépouillés. Mais catastrophe il n'y a point, grâce par exemple au design des véhicules, octroyant une cohérence générale au sein des deux armées, et à la profondeur de champ relativement importante. De plus les décors, bien que sujets à griefs offrent suffisamment d'exotisme pour avoir envie de les explorer. Au final donc, grâce à ses qualités réelles et à son gameplay véritablement sympathique empreint d'idées intéressantes, Battle Engine Aquila est une bonne surprise (n'ayant pas joué à la version PS2) qui est prise à défaut par sa qualité graphique et son absence de réels changements par rapport à l'opus console. En tout cas, moi je retourne faire plaisir à mon commandant, je n'ai pas terminé ma mission.

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