Bad Day L.A.

Bad Day L.A.

New York a eu sa dose en 2001, au tour des anges du Pacifique de saigner. Il n'y a pas d'intrigue dans le titre de Enlight, juste le "ratatinage" de la cité star de Californie. Merci aux abrutissements ineptes d'Emmerich, Schumacher, ou désormais Oliver Stone avec son impayable World Trade Center, d'alimenter régulièrement et inconsciemment la verve des parodistes américains politiquement incorrects. McGee n'a eu qu'à se baisser pour amasser ça et là les énormités dont il avait besoin : attaques terroristes et bactériologiques, zombies, tremblements de terre, météorites, raz de marée, bref catastrophes à tous les étages. Bad Day L.A. nous présente l'intérieur d'une fourmilière que l'on écrase, enfume et noie sans jamais lui laisser le temps de se retourner. Les derniers seront alors les premiers. Le looser qu'on vous alloue s'appelle Anthony. Ce n'est pas un simple clochard noir un peu paumé, mais une sorte de Chris Rock version beaucoup plus crevard. Ce personnage ainsi que la majorité des autres PNJ, du genre mexicano ronchon ou GI abruti, sont rapidement embarrassants à force de caricatures faciles et déjà vues mille fois auparavant. Rapidement domine l'impression d'un character design très très léger, qui ne sert qu'à rendre le jeu cool et parodique. Sous le masque de ces personnages "impropres", le jeu ne montre jamais becs et ongles. Anthony est un bien étrange samaritain. Après tout ce que L.A. a pu lui faire subir, il vous implique dans des perpétuelles missions de rescousse de ses concitoyens quand il ne sert pas, dans des objectifs annexes, la défense morale, avec tabassage de pilleurs et élimination de terroristes à l'appui. Et de nous sortir sitôt une de ses petites répliques insupportables de prétention et de vulgarité simpliste pas drôles pour un sou. C'est très fort de café, surtout quand une bonne partie de la populace continue à vous cracher dessus, même après d'innombrables sauvetages.

Test Bad Day L.A. PC - Screenshot 1A quoi sert la grosse flèche jaune en fin de compte ?

Ne cherchez pas l'alternative, elle n'existe pas, la faute à un système très mal équilibré de retour de bâton si vous commencez à abattre à tout va n'importe quel grognard qui n'est pas terroriste. En gros, un nombre croissant de fous furieux vous lapidera alors de pavés jusqu'à vous rendre fou ou mort. Un peu de bonnes actions, comme éteindre les feux ou exterminer les virus qui dévorent ces californiens à l'aide d'un extincteur (un des rares traits d'humour réussi du jeu) suffisent alors à les calmer. Cette balance minimaliste et bancale est pourtant la seule variation ludique que vous rencontrerez sur le fil d'Ariane de votre progression. Totalement enclavé dans un parcours dirigiste, vous vous contentez d'enchaîner des missions insipides sans jamais vous ébattre librement dans cette formidable synthèse de Sodome et Gomorrhe. J'interroge le premier PNJ qui me paraît sain d'esprit et de corps, il saura toujours où se trouve le point B de ma mission. Formidable ! Une grosse flèche jaune très laide me dit alors où me précipiter, mais bon, finalement on aurait pu trouver tout seul vu qu'il n'y a jamais mieux qu'un seul chemin praticable. La prise en main est complètement douteuse : pas d'accroupi, pas de sprint, pas moyen de s'accrocher aux rebords, un saut de batracien ankylosé, des attaques armées ou contondantes stériles, pas la moindre conduite de véhicule, rien, le néant, il est juste insultant de devoir gérer un tel manche à balai.

Test Bad Day L.A. PC - Screenshot 2Ouais, mec, je suis un fornicateur, Isaac Hayes, tout ça, mec. Ouais, c'est super.

Très logiquement, avec un panel si limité de mouvements et de possibilités, les activités proposées ont beau être honnêtes dans la forme (éloigner des animaux devenus sauvages, décoincer des personnes prises au piège par une ville en ruine, etc...), leur exécution est juste pénible. Par moments, des séquences qui devraient supposément être jouissives, comme la défense d'une ambulance en pleine bourre ou du mitraillage à la chaine type beat'em all, nous font légèrement décoller notre joue de la paume où elle s'était posée, mais c'est sans grande conviction. Gag : Enlight a confondu les versions PC et Xbox. Hein ? Ah non, apparemment ils ont juste complètement bâclé la première. Mais dans quel pays de Cocagne ces développeurs vivent-ils donc ? Je veux le connaître, moi, ce lointain merveilleux où le joueur PC ne désire pas changer la résolution d'affichage ni la disposition des touches. Où il pouffe quand son ordi plante gravement après avoir quitté un jeu. Où il patiente, hilare, devant de copieux temps de chargement. Transportez-moi donc finalement dans cet espace-temps farfelu où, peu importe l'exécution, peu importe la boursouflure de la prétention du discours, un projet soi-disant aphorique est foncièrement positif. Téléportez-moi dans le monde formidable, mais néanmoins vide d'intérêt, d'American McGee.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×