Asterix & Obelix XXL 2 : Mission Las Vegum

Asterix & Obelix XXL 2 : Mission Las Vegum

Faisant suite au très moyen Asterix XXL, cette suite pleine de promesses exhale des effluves de contentement aromatisées à la fraise. Il est en effet agréable de se faire surprendre par un titre que l'on n'attendait vraiment pas au tournant, malgré des annonces plus probantes que celles en demi-teinte du premier opus. Laissant de côté la froide narration, à des lieux de l'esprit de la bande-dessinée, que n'avait pas honte de proposer le titre d'Atari à l'époque, sa séquelle fait "tabula rasa" de ce passé, en se servant dorénavant profondément de schémas parodiques actuels et fort bien sentis. Ne cherchant pas à sortir de son univers, ce qui est plutôt une bonne nouvelle à la vue du résultat, Asterix et Obelix XXL 2 se sert pleinement de celui-ci pour plonger le joueur dans un tourbillon de références vidéoludiques, allant de la plus évidente à la plus discrète. Insérées autant au sein du gameplay que dans la construction des décors, elles soutiennent le jeu tout en lui apportant un caractère bien défini. Effectivement, il demeure très amusant de rencontrer une statue géante de Pikmin au détour d'un jardin verdoyant, le logo de Quake habilement fondu dans un emblème romaine, ou encore une sculpture détournée du héros de Sly Racoon. Un monde passionnément décalé, offrant une crédibilité, non par une cohérence, mais paradoxalement par ce morcellement de références totalement barré. Dans ce délire généralisé, où un légionnaire déguisé en Sonic se bat aux côtés d'un Rayman en armure romaine, on retrouve ses marques étonnamment rapidement, chaque clin d'oeil immergeant plus intensément dans des pans entiers de culture visuelle ayant trait aux jeux vidéo. Une approche que certains qualifieront de facile, mais qui brasse tellement de références, incrustées de façon si intéressante, que l'on ne peut s'empêcher de louer Etrange Libellules pour leur hallucinant mix de 20 ans de pixels colorés.

Test Asterix et Obelix XXL 2 : Mission Las Vegum PC - Screenshot 1Dès l'époque romaine, certains aimaient passionnément le tuning...

Surtout que ce choix implique, comme indiqué précédemment, de s'accorder sur le fond des softs cités et ainsi apporter une extension à de la plate-forme somme toute très classique. Car, héritant son gameplay de son grand-frère peu recommandable, Mission Las Vegum effraie un tantinet lors des premières minutes de jeu. Reposant sur des bases soporifiques incluant des sauts, de la collecte de casques et de la baston sans âme, le titre semble suivre les pas d'un passé trouble. Pourtant, et passé l'enchantement de la découverte du ton ouvertement parodique de la trame et de la thématique globale, on modifie rapidement son avis sur des bases plus solides. En effet, au bout de longues minutes d'apprentissage fastidieux des mouvements basiques à réaliser, on déniche ce pourquoi l'on va être capturé pour les prochaines heures à venir. Tout le sel du fonctionnement du jeu d'Atari prend la forme d'une variété d'approches du gameplay assez imposante, ouvrant la voie à une vision plus élargie de l'aventure. De nombreuses énigmes viendront obstruer votre parcours, et il vous incombera de les écarter de divers moyens. Vous aurez la possibilité, par exemple, de pousser une tête en forme de Bomberman vers un mur à l'apparence de blocs de Tetris, et d'allumer des lampes en cherchant attentivement les mécanismes de chaque niveau tout en mettant à profit votre sens de la logique et de l'orientation. Ces phases très présentes, tout comme celles requérant purement et simplement de la recherche d'objets tranchent agréablement avec le rythme guerrier, et amènent un aspect aventure absent du premier opus. De même l'art du combat gaulois, à base de baffes, se voit maintenant enrichi d'un système de combos digne d'intérêt et d'une représentation bien plus spectaculaire. En clair, au coeur de la bataille, vous allez parfois apercevoir des romains disposant d'une icône représentant un cadeau au-dessus de leur casque, qui ne vous offriront ce présent que si vous parvenez à exécuter l'attaque nécessaire. Celle-ci est en fait indiquée juste en bas de l'écran, très sobrement et de manière plus que pratique, afin de vous laisser tout le loisir de la faire subir aux adversaires en question. Souvent composés d'un enchaînement de touches suffisamment accessible pour limiter la frustration, mais demandant dans le même temps une connaissance précise du gameplay, ces assauts vous serviront dans la majeure partie des cas à récupérer des bonus de santé, des multiplicateurs de points, ou des fioles de potion-magique vous rendant surpuissant durant un court laps de temps. Il est sincèrement agréable de rencontrer ces sortes de mini-challenges, pavant la route maussade de l'action brutale par des éclats de nouveauté et de vie.

Test Asterix et Obelix XXL 2 : Mission Las Vegum PC - Screenshot 2Ce jour là, Yoshi devait avoir bien du courage

Mais l'annihilation de milliers de romains nécessite tout de même la présence d'une violente bonne humeur, associée à la puissance émotionnelle de combats dantesques. Ne se limitant pas à la seule claque de la main imposante d'Obelix, le principe des combats contourne la facilité d'un beat'em all sans âme pour proposer au joueur de multiples façons de décontenancer un romain. Panoramix soit loué, vous avez la possibilité de saisir un légionnaire et de vous en servir comme d'un fouet un certain nombre de fois, de lancer des opposants au loin avec détachement, de mettre en place des attaques simultanées entre les deux velus aux braies colorées, ou encore de faire appel aux pouvoirs de la potion seul ou à deux. Une éventail de configuration de combats assez étoffé, qui bien que reprenant nombre d'éléments de l'opus précédent, les traite avec une finesse bien plus convaincante. Malheureusement, on ressent la lassitude poindre au bout de seulement deux petites heures de jeu, malgré ce départ convaincant et étonnant. Effectivement, et alors que l'on aurait pu espérer des schémas de progression variés et inventifs, on se retrouve fatalement devant le célèbre "petit mécanisme qui actionne une porte où se trouve une énigme qui permet de résoudre le grand mécanisme". Après avoir passé deux heures entières à allumer des flambeaux destinés à l'ouverture de salles auparavant scellées, sans la moindre variation au niveau de la façon de procéder, on prend de plein fouet des relents d'une répétition indiscutable. Seule la découverte inaltérable et incessante de nouveaux environnements et de clins d'oeil, associée à un level-design chaotique et éminemment réussi donnent un certain courage pour terminer quelques épreuves particulièrement redondantes.

Test Asterix et Obelix XXL 2 : Mission Las Vegum PC - Screenshot 3Trois clins d'oeil en une seule image, qui dit mieux ?

Le dernier point qui remet aisément Mission Las Vegum sur les rampes de la qualité, reste la réalisation graphique, conférant à nos gaulois mal bâti pour l'un et enveloppé pour l'autre une place réelle dans la jungle sans pitié du jeu vidéo. Exposant des environnements superbement détaillés, d'une part dans un souci évident de respect des planches fournies de la BD, et d'autre part afin d'axer le point de vue du joueur sur les clins d'oeil dissimulés, le titre d'Etranges Libellules n'a pas à rougir de productions plus ambitieuses sur le papier. D'autre part, la férocité des affrontements emplis d'effets impressionnants, allant des flammes étincelantes aux déformations de l'écran surprenantes, ne nuit en rien à la fluidité générale, glorifiant l'animation convaincante des personnages. Ces derniers, quant à eux, possèdent une modélisation peut-être un tantinet simpliste, mais très respectueuse des traits de Goscinny, déambulant dans des décors chamarrés en parfaite adéquation avec la tonalité de l'aventure. Quel dommage donc que la caméra vienne encore une fois tout gâcher. Bien que repositionnable à volonté, l'objectif ne cesse de se placer n'importe comment, se collant aux murs, restant de manière têtue devant le héros, masquant l'action, ou voyageant au gré de sa volonté. A croire qu'elle vient d'acquérir une conscience propre. Un écueil très dommageable qui empêche sincèrement Asterix et Obelix XXL 2 de trouver la rédemption après les péchés de son prédécesseur, malgré sa bonne humeur communicative et ses nombreuses idées. Je me ferais bien un sanglier moi.

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