Armed and Dangerous

Armed and Dangerous

Jusqu'ici Planet Moon, constitué d'expatriés d'Interplay, n'avait produit qu'un seul jeu, le fameux Giants : Citizen Kabuto. Armed & Dangerous est donc leur second soft (oui, c'est un métier et je suis payé pour ce genre d'analyse). Autant dire qu'avec le temps qu'ils ont eu pour bosser dessus, on pouvait s'attendre à un truc assez énorme aussi bien dans l'humour que dans le gameplay. L'aventure à laquelle on nous propose de prendre part est celle des Lionhearts, fine équipe de robins des bois composée de Romain, le héros charismatique au foulard, de Jonesy, la taupe caractérielle que tout le monde prend pour une fouine et de Q, un robot précieux aux allures médiévales et à l'accent british. Cette bande s'apprête à réaliser le casse du siècle en allant récupérer le Livre des Règles chez le vil roi Clouvis. Pour cela , ils seront aidés par Rexus, hybride aveugle et nauséabond de Yoda et de Gollum, qui les conduira jusqu'à la Dame de l'étang et.... Oui enfin bref, ça devrait suffire pour l'histoire, ce qu'il faut retenir, c'est que d'entrée de jeu, on nous fait bien comprendre que tout ce qui va suivre sera profondément débile.

Test Armed And Dangerous PC - Screenshot 28Les gros robots comme ça peuvent se montrer coriaces. Un bon coup de mortier plaintif et on n'en parle plus.

C'est donc dans le rôle de Romain que l'on partira en quête du bouquin. La plupart du temps, vous serez accompagné par vos deux acolytes à qui il est possible d'ordonner de défendre une zone ou de vous suivre. Une possibilité qu'on oublie en un rien de temps tant elle est inutile d'ailleurs. En matière de gameplay, Armed & Dangerous est un shooter à la troisième personne assez banal. Enfin, si on écarte les armes fantaisistes. La majorité de vos missions consisteront à parcourir les cartes en zigouillant des vagues d'ennemis bien peu variés. En ce qui concerne les objectifs, là encore la diversité est à oublier, soit on vous demande de faire exploser un ou plusieurs objets quelconques, soit de sauver des gens. Autres types de missions, celles de défense aux commandes d'une tourelle équipée d'une mitrailleuse et d'un canon. Le but étant ici de repousser des hordes d'assaillants. Rigolo une fois, mais très lourd au bout de la troisième. Et enfin, on citera les niveaux ayant recours au jet pack qui ont pour eux d'être les moins linéaires du jeu. Les autres niveaux étant en effet de véritables couloirs déguisés en maps larges et ouvertes.

Test Armed And Dangerous PC - Screenshot 29A la longue, ces passages deviennent vite lassants.

Il serait abusif de dire que le gameplay d'Armed & Dangerous est repoussant. En fait, il est juste un peu creux et très vite lassant. On tire, on tire, on tire et c'est tout. En contre-partie, on peut se consoler avec des armes délirantes, qu'il s'agisse du Lance-Requin ou du Trou Noir de Poche. Mais rien n'y fait, on s'habitue et l'effet comique s'essouffle. Celui des armes mais aussi celui des ennemis, on rit une fois quand on voit un adversaire fuir avec sa bombe collante sur le dos, mais pas deux. Dans les phases de jeu à proprement parler, l'humour est bien trop répétitif, peu de gags, peu de situations risibles, bref, la loufoquerie ne suffit pas à compenser les manques du gameplay, contrairement à ce qui semble pourtant avoir été l'optique des développeurs.

Ben pour le coup ils sont un peu passés à côté de l'objectif. Et en plus, c'est très court, même si la difficulté est parfois corsée avec des vagues d'ennemis affolantes et une déroutante quasi impossibilité de se mettre à couvert. Mais malgré tout, en prenant son temps, on voit le bout du jeu en une dizaine d'heures.

Test Armed And Dangerous PC - Screenshot 30Et hop, un trou noir de poche. Ca mettra un peu d'ambiance.

En revanche, il faut reconnaître que les cinématiques sont elles assez poilantes. Certes, elles ne font pas toujours mouche, tombent quelquefois dans le lourd, mais j'admets m'être éclaté à certains moments. Qu'il s'agisse des chiens d'aveugle congelés de Rexus, des clins d'oeil à Star Wars ou des Robots Jardiniers, le jeu réserve quelques bonnes choses dans ses cut scenes. Enfin, de là à dire que cela suffit à justifier à l'achat, il y a un gouffre. D'autant qu'en dépit de leur drôlerie, les cinématiques sont affreuses avec une résolution bloquée à 640, on a droit à des vidéos pixélisées tournant dans de minuscules fenêtres. Hem. Ce qui m'amène à l'aspect technique du soft. On commencera par souligner la sous-exploitation du moteur physique Havok qui se cantonne à faire voler de façon amusante les ennemis explosés (un peu de la confiture aux cochons, là, quand même). Sinon, on a droit à du bump mapping de bon aloi, de jolies ombres et tout. Le problème c'est que le design est extrêmement redondant. D'abord les environnements ne sont pas nombreux (dans la neige, en montagne, dans une plaine..) et pire encore, tout se ressemble, que ce soient les objets ou les textures très peu nombreuses. Artistiquement, on sent qu'il y a eu une crise de flemme chez Planet Moon. Une crise qui semble en fait avoir touché tous les stades de la gestation du jeu à vrai dire.

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