Alexandra Ledermann 3

Alexandra Ledermann 3

Sans doute êtes-vous déjà scandalisé par la note attribuée à ce titre, le troisième opus d'une série que nous nous étions pourtant efforcés de ménager jusqu'à présent. Et non sans raison d'ailleurs, puisque même s'il peut paraître complètement dépassé aujourd'hui, le premier volet de la série bénéficiait tout de même d'une aura sympathique qui n'a pas manqué de séduire les plus jeunes joueurs, tandis que le second haussait le niveau avec une réalisation plus prestigieuse, un gameplay intéressant et un challenge plus corsé. Aujourd'hui, Alexandra Ledermann 3 risque de décevoir beaucoup ceux qui avaient pu trouver leur compte avec les premiers titres de la série, et cela même si son contenu semble à première vue particulièrement alléchant.

Test Alexandra Ledermann 3 PC - Screenshot 1Une fois sellé et bridé, vous pouvez amener le cheval à l'entraînement.

En effet, pour la première fois, un épisode de la série bénéficie d'un réel bakground et d'une histoire qui mettra le joueur dans la peau de la filleule de la championne qui a donné son nom au soft. Projetée dans la tourmente des concours hippiques, la jeune fille doit par ailleurs élucider les mystères qui planent sur le domaine de son grand-père en récupérant un certain nombre d'indices. Pourquoi pas ? D'autant plus que le soft ne se limite pas aux épreuves sportives déjà introduites dans le second volet, il intègre également des phases de gestion du cheval qui rappellent celles du premier opus. Si le résultat était assez mièvre dans AL1, il l'est encore plus ici. Le monde de l'équitation n'est pas tout rose, comme les sportifs des clubs le savent, et la tâche du cavalier s'élargit parfois à l'entretien du cheval (brossage, douche, caresses, pose de l'équipement), mais aussi de l'écurie (nettoyage du box, remplissage de la mangeoire, etc...). Autant de tâches ingrates qu'il vous faudra accomplir dans le jeu avant de pouvoir conduire votre animal à l'entraînement, puis participer aux courses.

Test Alexandra Ledermann 3 PC - Screenshot 2Les épreuves sont tellement passionnantes qu'ils ont remplacé le public par des mannequins en carton.

On se retrouve donc avec une sorte de compromis entre les deux premiers volets, à cela près qu'en passant entre les mains des développeurs de Pan Vision (auteurs entre autres du fabuleux Jeu d'Aventure du Routard), le soft est devenu totalement injouable. Tout l'aspect aventure est rongé par un gameplay d'un autre âge, où se côtoient pèle-mêle bugs d'affichage, animations saccadées, fusion de polygones et autres horreurs que l'on n'avait plus revues depuis l'avènement de la 3D. Plus grave encore, la maniabilité du personnage est un véritable supplice, tant les déplacements sont d'une lenteur affolante, les interactions totalement incohérentes, et les animations minimalistes. On évolue avec la lenteur d'un escargot handicapé en heurtant le moindre recoin de mur, la moindre porte qui s'ouvre, pour se saisir d'un objet unique qu'il faudra impérativement reposer à sa place initiale pour pouvoir prendre et utiliser un autre objet, à condition de se trouver exactement en face du pixel où ça fonctionne. Dans ces conditions, le joueur a tôt fait de laisser tomber ces espèces de mini-quêtes annexes sans intérêt pour se tourner, lorsqu'il en a la possibilité, vers les épreuves hippiques.

Test Alexandra Ledermann 3 PC - Screenshot 3L'envol du bourdon.

Mais là encore, que de désillusions ! Autant le gameplay du second volet était amusant et intéressant quelques heures, autant celui-ci ne reflète en rien la réalité. D'abord le soft ne permet de s'essayer qu'à trois types d'épreuves différentes : saut, steeple-chase et cross country, et l'épreuve de dressage a donc injustement disparu. Ensuite, l'alternance entre les différentes allures se fait automatiquement en accélérant, ce qui ne laisse plus au joueur qu'à régler sa vitesse pour éviter que le cheval ne se cabre à tout bout de champ, et à effectuer les sauts au bon moment. C'est franchement sans intérêt et beaucoup trop facile, d'autant que la notice reprend les plans d'obstacles de chaque championnat. En plus de cela, la durée de vie se révèle ridiculement courte, et ce malgré un système de sauvegarde tout bonnement scandaleux. Et ce ne sont pas les services que l'on peut rendre ou non aux deux seuls autres protagonistes du jeu qui donnent envie de s'investir dans ces ersatz de quêtes annexes pour débloquer la bonne fin du jeu. Et puisque les responsables de ce nouvel opus n'ont même pas jugé bon d'intégrer le mode multi (4 joueurs alternativement) d'AL2, je ne vois pas ce qui pourrait nous motiver, nous, à fermer les yeux sur les innombrables défauts qui rongent ce troisième opus d'Alexandra Ledermann.

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