80 Jours

80 Jours

Le joueur incarne Oliver, un jeune aventurier qui devra parcourir le monde en moins de 80 jours afin de permettre à son oncle de remporter un invraisemblable pari. En fait, ce dernier, inventeur de génie, a affirmé être à l'origine de quatre incroyables machines qui sont actuellement dispersées à travers le monde. Ses confrères scientifiques veulent des preuves et c'est vous qui allez devoir en trouver pour sauver la réputation de celui-ci. Le jeu est divisé en quatre étapes : Le Caire (Egypte), Bombay (Inde), Yokahoma (Japon) et San Francisco (Etats-Unis). Dans chacune d'entre-elles, vous serez libre d'aller où bon vous semble grâce au moteur 3D et à la possibilité de visiter librement chaque ville.

Test 80 Jours PC - Screenshot 15Les effets météo sont pris en compte.

Eh oui, c'est là l'une des grandes spécificités du titre : même s'il s'agit d'un jeu d'aventure point & click, il est intégralement en 3D temps réel. En fait, on contrôle son personnage un peu comme dans Tomb Raider, à la troisième personne. Cela ne poserait pas de problèmes si seulement le gameplay ne connaissait pas autant d'approximations assez gênantes. Ainsi, Oliver se déplace de manière assez lente et rigide. Par exemple, même s'il est capable de sauter, il n'est pas possible d'enjamber des rampes ou des rambardes ce qui nous oblige, à de maintes reprises, à faire des détours qui auraient été inutiles si les sauts avaient été bien gérés. Pour remédier au problème des déplacements, les développeurs ont songé à nous permettre d'utiliser différents véhicules (tapis volants, barques...) que l'on peut louer moyennant finance. Cela aurait été bien pratique si seulement leur conduite n'était pas aussi pénible. Encore plus rigide que le contrôle de notre personnage, les véhicules s'arrêtent net au moindre effleurement d'un mur, d'un PNJ ou pire, s'ils entrent en contact avec une... poule qui traverse malencontreusement la route. De plus, ils se dirigent seulement avec le clavier (pas de possibilité de tourner façon FPS en cumulant clavier et souris ce qui aurait pourtant été bien plus pratique).

Test 80 Jours PC - Screenshot 40Vous aurez le droit de conduire des véhicules très étranges.

Le fait de pouvoir visiter chaque ville de façon très libre est l'un des bons points du jeu et on a moins ce sentiment de linéarité que l'on ressent chez la plupart des concurrents. Les PNJ nous donnent des quêtes et il suffit de regarder le radar en haut de l'écran pour se rendre à l'endroit voulu sans se perdre. Enfin, ça, ce serait le cas si le level design n'était pas aussi alambiqué parce qu'en l'état, même si on connaît la direction dans laquelle il nous faut aller, de nombreux tâtonnements sont nécessaires avant de trouver l'endroit voulu. Les impasses sont en effet nombreuses. Pire encore, les missions données nous imposent de fréquents allers-retours très lassants à la longue. Pour tenter de rompre la monotonie qui s'installe très vite dans ce jeu, les développeurs ont inclus des phases d'infiltration. Mais n'est pas Splinter Cell qui veut, et ces passages sont vraiment anecdotiques dans 80 Jours et auraient tout simplement mérités de ne pas être implémentés au vu de leur gameplay assez pitoyable. Pour vous donner juste un petit exemple : il est impossible de monter les escaliers furtivement. Bref, rien de très palpitant de ce côté-là.

Test 80 Jours PC - Screenshot 66La jauge en bas à gauche de l'écran est la jauge de fatigue. Veillez à ce qu'elle ne soit jamais vide.

Ces défauts de prise en main sont d'autant plus regrettables que par ailleurs, le jeu essaie d'innover et possède quelques atouts qui auraient pu faire de lui un indispensable si les bonnes idées avaient été menées jusqu'au bout. Ainsi, un cycle jour-nuit est présent et les effets météo sont même gérés. Hélas, le moteur 3D n'est pas à la pointe de ce qu'il se fait de mieux aujourd'hui et souffre un peu de l'absence de vie dans les villes, de textures un peu trop "propres", trop uniformes et d'animations très raides. La gestion du temps en revanche est bien pensée. Si les niveaux de difficulté moyen et élevé nous imposent un temps limité pour terminer l'aventure, comme c'était le cas pour Fogg dans l'oeuvre originale, le niveau facile vous libère de cette contrainte. Pratique pour ceux qui aiment prendre leur temps pour parcourir les jeux d'aventure. Autre idée sympathique : il faut composer avec la fatigue de son personnage. Une jauge apparaît à l'écran et lorsqu'elle est vide, il faudra vous alimenter ou encore louer une chambre d'hôtel (payante) pour vous reposer et reprendre ensuite vos pérégrinations. Pour ce qui est du porte-monnaie d'Oliver, celui-ci est très utile pour payer l'hôtel, louer des véhicules et acheter des items pour avancer dans l'histoire, mais il faudra évidemment que vous songiez à le renflouer de temps à autre. Pour cela, rien de mieux que d'accomplir quelques quêtes annexes. Dommage dans ces conditions que ces dernières ne soient pas plus nombreuses car la plupart des PNJ que l'on rencontre ne sont là que pour la décoration et n'ont absolument rien à vous dire. Ca manque de vie, ça manque de contenu tout ça. Dans ces conditions, 80 jours n'est qu'un titre moyen. Pas foncièrement mauvais et disposant de quelques idées méritant d'être creusées, il ne parvient cependant pas à tutoyer les sommets à cause de ces satanés problèmes de jouabilité.

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